Wushu, Kung-fu, tout est flou ?!

J’ai très longtemps repoussé cet article, qui pourtant m’avait été demandé par un autre pratiquant d’arts martiaux (japonais). Pour ma défense, c’est un long article, et pourtant j’ai à peine l’impression d’avoir fait plus que gratter la surface du sujet.

Cette fois-ci, je relève mes manches et je tente d’aborder ce vaste sujet. Etant donné ma propre pratique assez limitée (je n’aime pas parler de ce que je ne connais pas, et la pratique d’un art martial est évidemment nécessaire pour pouvoir l’analyser !).

Déjà, les termes. Celui de kung-fu est mondialement connu, mais ne désigne originellement pas, dans la langue chinoise, la pratique spécifique d’un art martial. Bien avant d’être la fameux kung-fu, pratique chinoise des techniques de combat ancestrales, popularisée par le cinéma d’action (particulièrement hongkongais), avec Bruce Lee en tête, le terme gong fu (功夫) désigne l‘habileté, la maîtrise d’un travail ou d’une technique.

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Parfois, un retour aux sources s’impose, surtout que Jackie Chan, sous le nom de scène de Chan Yuen Lung, a été cascadeur dans ce film. Et je viendrais par la suite au nunchaku, un peu de patience.

En fait, pour être plus précis, il faudrait utiliser le terme de wushu. Wu shu (武术) désigne bel et bien ce que nous entendons communément par kung-fu, à savoir « arts martiaux ». Par ailleurs, pour vraiment spécifier l’aspect chinois de la pratique, il faudrait bien rappeler l’aspect national de la pratique et écrire zhongguo gungfu (中国功夫), ce qui correspondrait exactement à « arts martiaux chinois ». A noter l’amusante similitude avec wu shu (巫术), qui désigne la sorcellerie (je m’excuse, mais les 4 accentuations chinoises ne passent pas avec une police d’écriture standard, les 2 « wu » se prononcent malgré tout différemment).

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En poussant la logique à fond, on se retrouve avec ce genre de navet… Presque de nanard.

En bref, si désormais même les chinois eux-mêmes comprennent le terme de kung-fu de la même manière que le reste du monde, l’étymologie a son importance. Et je me permets d’ajouter que cette maîtrise originelle explique pourquoi, dans la plupart des films de kung-fu, les personnages sont capables de se battre parfaitement avec des baguettes. Si l’on maîtrise son art, on maîtrise absolument tout, son corps et ses ou outils, y compris attraper une mouche avec ses baguettes (bon, l’hygiène passe après la « rule of cool »).

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Ces images doivent, j’espère, vous rappeler quelque chose. Mais essayez donc d’attraper ce foutu insecte volant avec des baguettes…

Quant au qi gong (气功), j’y viendrai plus tard dans cet article, car ce n’est pas du tout un art martial, contrairement au tai-chi-chuan (tai ji quan, 太极拳), mais je vais aussi développer cet ancêtre.

 

Alors, pour des raisons de clarté, mais aussi car c’est malgré tout le terme employé par les chinois eux-mêmes, je vais parler du kung-fu. Le kung-fu reste un élément fort présent dans la société et culture chinoise. Et je vais donc parler en certaine connaissance de cause, ayant pratiqué l’année dernière pendant plusieurs mois d’affilé cet art martial.

Il faut savoir qu’il y a de nombreux lieux pour pratiquer le kung-fu. Bien sûr, il y a les clubs, donc des établissements  dirigés par des maîtres, de la même manière qu’en France et ailleurs.

Je ne me suis pas rendu dans ce genre de lieu, j’ai pratiqué au sein d’un club universitaire, de la même manière qu’un étudiant chinois.

Sachez donc qu’à partir de cette expérience, je vais en tirer des conclusions, mais que je ne chercherai pas à généraliser absolument, n’étant pas entré dans un monde relativement plus fermé.

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Cette image est assez représentative de ma propre expérience.

En effet, le qualificatif d’art martial ou de sport de combat peut vraiment difficilement être validé par rapport à l’apprentissage proposé. Chaque soir, des groupes d’étudiants se rassemblaient dehors (donc annulation quand il pleuvait, mais Lanzhou est une ville au climat très sec, donc les pluies se faisaient rares) sur les terrains de volley. Les cours avaient lieu de 21 h à 22 h, raison pour laquelle je n’ai pas de photo prise de ma main à proposer (je pratiquais et on n’y voyait guère, donc le résultat aurait été invariablement flou). Par ailleurs, les professeurs étaient un groupe d’étudiant fort expérimentés qui faisaient profiter de leur enseignement aux différents groupes (débutants, intermédiaires, avancés). Je n’ai donc pas eu de professeur professionnel, mais j’avais des jeunes gens qui avaient parfois jusqu’à dix ans de pratique qui montraient et expliquaient les mouvements et postures. Je ne critique donc pas le manque d’expérience.

Par ailleurs, aucun de ces jeunes gens ne faisait mieux que baragouiner de l’anglais, donc j’ai eu un apprentissage à la japonaise : regarde et apprends. Les explications en chinois restant incompréhensibles pour ma pauvre personne.

Pour ce qui est d’un cours, ce sont des échauffements, puis la répétition des mouvements, comme un seul homme. Il y a vraiment un aspect militaire, avec les « sergents instructeurs » passant parmi les pratiquants en corrigeant les postures. Cela favorise par contre grandement le sentiment d’appartenance à un groupe, donc selon un modèle très chinois. Un modèle et tout le monde suit la même chose en faisant de son mieux pour imiter parfaitement la démonstration. L’effet mimétique est loin d’être à négliger, on apprend en se calquant, donc en se forçant.

Toutefois, et c’est là ma grande critique, il s’agit de chorégraphie. Je présuppose qu’une partie des explications doivent servir à replacer les mouvements appris dans un contexte combatif, parce que de mon point de vue, j’aurais pratiqué de la danse ou de la gymnastique, je serai arrivé au même résultat. Cela reste d’ailleurs ma principale critique : un enseignement totalement dénué de violence. Je précise tout de suite que même les cours plus avancés se passaient selon le même modèle, donc ce n’était pas parce que j’étais dans le groupe débutant que je n’avais pas accès à un apprentissage jugé plus dangereux et risqué.

Et cela me pose question. J’ai beau être un novice en art martial chinois, j’ai pratiqué l’aïkido dans sa forme traditionnelle plusieurs années, pratiqué l’aïkiken (la pratique du sabre -ken- dans l’aïkido) et l’iaïdo pendant près de douze ou quinze ans, testé l’escrima un an et l’escrime de spectacle un an également. J’ai donc une idée assez précise de la manière d’apprendre à se battre, même dans les conditions les plus encadrées et sécurisées qui soient.

Ici, à part travailler la souplesse, la rapidité et l’équilibre, voire l’harmonie, je reste sur ma faim. Même en mimant un coup de pied ou de poing, sans adversaire, sans recherche de puissance dans le mouvement, cela reste aussi esthétique et vide qu’une danseuse de ballet travaillant un grand jeté. Magnifique, mais inutile dans un combat (ou alors, vous êtes dans un film ou un spectacle).

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A l’image de cette magnifique photo promotionnelle pour un club, des costumes aux couleurs du club, le maître habillé justement différemment et de magnifiques postures démontrant l’habileté et la souplesse des pratiquants. Le problème arrive quand cette esthétique prend le pas sur le reste.

Et je tiens à dire que plusieurs des étudiants pratiquaient, parfois avec une maestria réellement impressionnante, divers styles. Car oui, il n’existe pas qu’un kung-fu, mais une myriade d’écoles en fonction des régions et des écoles. Certains mettent en exergue la fluidité, d’autres la vitesse, certains proposent même ne certaine puissance (je qualifierais plutôt ces pratiques de très énergiques ou de force physique, car je lie puissance avec une efficacité combative dans un sport de combat). Mais c’était un spectacle, pas une pratique martiale.

J’arrête tout de suite les adulateurs des styles animaliers si « connus » (tigre, mante, dragon, etc., dans ce que j’ai découvert, il n’y avait pas de thématique animale), je n’en ai aucune connaissance, donc.

Par ailleurs, même les travaux en duo étaient de la chorégraphie. Le but n’était jamais de faire une véritable prise, ou de bloquer un vrai coup de poing ou manchette. Non, c’était du spectacle, mais même en escrime de spectacle (où les distances sont exagérées, pour des raisons évidentes de sécurité), il y avait plus de réalisme que dans la pratique découverte. En fait, un enfant aurait pu apprendre ces enchaînements, il y aurait la même puissance derrière que dans celle que je devais déployer.

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Tiré du film Ip Man de 2008, premier du nom (car 4 autres sont sortis), qui retrace apparemment assez fidèlement la vie du maître, dans un climat de violence et de combat de rue.

Ne pensez pas que les arts martiaux chinois sont du pipeau ! Nombre d’écoles ont du prouver leur efficacité en se battant dans la rue. Il n’y a qu’à considérer la vie d’Ip Man (Yip Man), le plus célèbre maître de Bruce Lee, qui n’a pas appris ou pratiqué les arts martiaux par simple plaisir, car les guerres de gangs et les oppositions entre pratiques étaient bien réelles et violentes. Et ce serait oublier l’origine de la pratique Shaolin, qui remonte au Vème siècle. Les moines à cette époque que faisait pas que travailler leur spiritualité, il fallait se défendre !

Toutefois, la pratique publique et généralisée du kung-fu se voit donc dénaturée. Attention, la plupart des pratiques d’arts martiaux le sont désormais, mais j’apprécie quand un professeur m’explique ce qui a été vidé de sa substance et quelle est la réelle efficacité et raison d’un mouvement. Cela est selon moi un art martial, qui se démarque donc radicalement du combat de rue. De plus, la plupart des katas (enchaînement de mouvements, en japonais) proposent une situation qui rapidement devient fausse, martialement parlant. Cependant, la plupart des techniques sont pratiquées de façon au moins sportive. Ici, en Chine, il me semble que seul l’aspect esthétique soit conservé, au moins vis-à-vis du grand public.

Et je dois dire que cela m’a plutôt chagriné.

Pareil pour la pratique des armes. Je dois dire, je suis un grand fan de l’art de l’épée. Qu’on me parle de rapière, d’épée longue médiévale, de katana, de jian, peut m’importe, je suis assez fasciné. J’ai été assez déçu de ne pouvoir avoir plus qu’un ou deux cours à propos de la pratique du jian, l’épée chinoise souple.

Et je dois dire que là encore, même si j’ai bien évidemment utilisé des armes d’entraînement, donc inoffensives, je reste dubitatif. Les lames qui :

  • Soit tranchent tout et n’importe quoi
  • Soit blessent de façon superficielle les combattants
  • C’est du manga ! (rajoutez ici n’importe quelle œuvre de fiction exagérée, de Star Wars aux films d’arts martiaux)
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Voilà, le rouge, c’est du ketchup. Parce que franchement, rien que se couper avec sa propre lame, ou avec un couteau de  cuisine, c’est douloureux, donc imaginez qu’un lascar vous taillade de toute sa force et précision pour vous étendre raide, puis comparez.

Une épée, c’est une pointe et une lame. On l’utilise donc pour percer ou lacérer un être vivant (humain), point. Le rajout du symbole de la croix chrétienne ou de l’âme du samouraï, c’est du folklore, développé à mesure que l’épée est devenue un symbole de la caste des combattants. A la base, c’est un outil de guerre et de mort, point à la ligne.

Or donc, les mouvements secs, vifs et les voltiges sont un régal pour les yeux (et les oreilles, les sifflements  des lames sont le signe d’une bonne pratique, sachez-le), mais niveau efficacité… je suis extrêmement dubitatif.

Par ailleurs, j’en profite pour faire un rapide point sur la tenue des gardes selon les différentes pratiques, dessin à l’appui.

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Le dessin est de moi, merci pour l’artiste. Blague à part, quand vous voyez un film d’art martiaux, vous pourrez facilement déterminer le réel niveau de l’épéiste s’il tient sa lame comme un marteau. Tout est dit.

Le jian m’étant quelque peu refusé, j’ai testé le nunchaku. J’utilise bel et bien le nom japonais, car cette arme n’est pas d’origine chinoise. Aux Philippines, le terme est tabak-toyok et le maître de Bruce Lee était d’origine philippine. Donc, malgré son image d’Epinal comme arme chinoise, cette arme articulée n’est pas présente dans l’histoire martiale chinoise. Je dois dire que je trouve cette arme, après un peu de pratique… assez surestimée. Déjà, son apprentissage est vraiment difficile, même avec une arme en fer blanc ou en aluminium, les « retours de bâton » sont légions. A moins d’être un quasi-maître, je trouve qu’une épée est bien plus efficace. De plus, son allonge et son obligation de mouvement rotatif perpétuel en font certes une arme très rapide, mais qui n’inflige pas de lourds dommages, par rapport à une simple matraque. C’est vif, cela claque (au sens propre du terme !) et fouette, mais que de limitations !

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Oui, c’était bien ma tortue ninja préférée. Je ne sais pas si elle l’est encore, après cette expérience !

Venons-en au tai-chi-chuan (tai ji quan, 太极拳). Le tai-chi est la pratique emblématique des personnes d’un certain âge, pratiquant ces mouvements lents et harmonieux dans le soleil matinal, profitant de la nouvelle journée. Alors certes, cette pratique est commune. En Chine, il suffit de se promener, surtout tôt dans les parcs et jardins, pour apercevoir une personne plutôt âgée, en majorité masculine, pratiquant cet art lourd de spiritualité et de bien-être.

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Ici dans une cour, avec cette posture des doigts si emblématique, que je n’explique pas, car je n’y vois aucun intérêt combatif, au contraire.

C’est quand même oublier que c’est un vieil art martial, dont on peut faire remonter les sources jusqu’au XVIIème siècle et à la spiritualité taoïste. Certes, tout l’aspect du chi ou qi (气), de cette énergie, est clairement présent, mais il a été aussi une pratique de boxe tout à fait combative et efficace. Toujours à l’université, un petit groupe d’étudiant pratiquait le tai-chi dans sa version à la fois lente et gymnique, puis passait à une pratique plus énergique. Cependant, je ne peux guère développer, car je n’ai à mon actif aucun témoignage direct de pratiquant chinois, donc je ne me permettrais pas de parler plus avant de cette pratique sans connaître précisément la signification.

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Oui, c’est encore de ma plus, bien le droit de me faire un brin d’auto-promotion. Mais je dessine de la fantasy, pas une représentation réaliste.

Toutefois, le qi gong (气功) est par contre lui totalement dénué de martialité. Ici, tout est basé sur une gymnastique centrée sur la respiration et sur le chi/qi. Ici, c’est directement dans le nom de la pratique. Je ne vais pas essayer de rentrer dans les détails du lourd symbole de spiritualité, largement repris par la culture populaire, pour en faire une énergie mystique et magique, pour moi, c’est le nom qui cherche à définir l’énergie intérieure, un lien entre l’âme et le corps. Le qi gong est toutefois plus prosaïque, car c’est donc une pratique physique avant tout, même si la visée méditative suit évidemment.

Pour tout dire, je n’ai pas eu l’occasion d’observer cette pratique. Mon adorable épouse m’a fait la réponse toute simple : « c’est normal, comme c’est une pratique de détente, les gens le font de manière assez privée et éloignée des trépidations extérieures ». En clair, encore plus que le tai-chi, les pratiquants ne vont apparemment pas chercher à s’installer dans un parc au milieu d’un petit coin de nature, mais si près du passage de la foule (car quelle que soit l’heure, il y a toujours foule, en Chine).

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Ça, c’est une magnifique photo artistique trouvée sur le net, qui représente bien toute la philosophie de la pratique, m’est avis.

La pratique a été adoptée par le Parti communiste chinoise en 1949 en tant que thérapie. Cela dit, je prendrais des pincettes concernant son efficacité thérapeutique, puisque la politique cherchait à recréer un sentiment d’appartenance nationaliste selon des pratiques traditionnelles (plus ou moins avérées) par rapport à l’influence occidentale. Il est évident qu’une pratique saine du corps est bénéfique, mais je n’y vois guère de magie là-dedans et vouloir appliquer une lourde étiquette spirituelle et mystérieuse n’est pas forcément une bonne chose.

Je terminerai en prenant justement un exemple (japonais, on fait avec ce qu’on a) d’un occidental qui pratiquait le kyudo, le tir à l’arc japonais. Il a commencé une interrogation ou explication remplie de mysticisme et de symbolisme à un maître japonais (transpercer son moi via une flèche mentale, tout ce genre de discours), qui a rétorqué un laconique « ça va là » en désignant la flèche, puis la cible.

 

Bref, la pratique martiale chinoise reste présente, malgré l’attirance immense des sports occidentaux sur la jeunesse (le basketball connaît un succès fou), donc la diminution de la pratique ancestrale est inévitable. Je crains simplement qu’elle se vide de sens, à terme, dans quelques générations.

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La bonne conduite

Apparemment, les plus tristes et stupides histoires arrivent à faire le tour du monde et sortir de la Chine.

Il y a quelques jours, un accident mortel de bus a été causé par une pauvre (placez ici le nom injurieux au féminin qui vous vient à l’esprit en premier), qui se met à gifler un chauffeur de bus alors que ce dernier est en train de conduire.

Bon, je poste ici un lien, qui en vaut un autre, mais surtout avec la vidéo de la caméra de sécurité qui tourne largement en ligne et sur les réseaux sociaux.

 

Mais je rebondis sur une habitude culturelle chinoise qui a tendance à m’insupporter au plus haut point et que je trouve même particulièrement déplorable, pour ne pas dire dangereuse.

Avouez, que vous soyez piéton, cycliste, skater, automobiliste, bref, que vous vous trouviez dans la rue, vous avez sûrement utilisé d’une manière ou d’une autre l’expression : celui-là (pas d’écriture inclusive ici, le masculin est aussi le « neutre » en français), il a eu son permis dans une pochette surprise.

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Qu’ai-je besoin d’ajouter à mon mini montage photo ?

Incivilité quelconque, absence du respect du code de la route, gros plouc croyant qu’il peut faire comme bon lui semble, l’envie de se promener avec une bombe de peinture ou une canne (la canne est nettement plus française et élégante que la batte de baseball, que ce soit clair une bonne fois pour toutes) afin de repeindre le moyen de transport du margoulin si peu urbain, ou lui infliger une belle bosse ou bleu dont le piètre personnage se souviendra pendant un certain temps.

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C’est autre chose que les altercations contemporaines dans les rues de Paris, quand-même !

Mais cela, c’est dans un pays où il y a des règles établies, même si celles-ci sont parfois royalement bafouées.

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Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, l’actuelle impératrice en Chine.

En Chine et bien le code de la route semble bien souvent absent. Dans une ville comme Guangzhou, ou dans les centres-villes, les feux de signalisation sont assez respectés. Je dis bien « assez », faites attention, un peu, je vous prie.

Mais en règle général, le « code » est assez simple. La priorité va à celui qui possède ou du moins montre qu’il a le plus d’argent. En clair : j’ai une automobile = je suis le roi de la route. Plus encore : j’ai une grosse berline = je suis l’empereur de la route.

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Traduction : « j’ai une voiture de luxe, je suis tellement cool »                                                                 (c’est MON meme et le texte demandé à MA charmante épouse, droits d’auteurs, hein !)

Ici, pas question d’être poli ou respectueux. Une sortie ou entrée de parking, donc le fait de pénétrer en quatre roues sur le trottoir ne veut pas dire que le conducteur va aimablement laisser passer l’homme se tenant fièrement sur ses deux jambes. Oh que non. Même si l’automobiliste arrive (sans guère ralentir, sinon le jeu est moins drôle) dans votre angle mort, à vous de lui céder le passage, sinon, vous risquez de commencer une partie du classique jeu du « qui cèdera la priorité en premier ». Et derrière sa tonne de plastique et de métal, le fier pilote risque moins que vous et vos petits muscles. Certes, normalement, la personne au volant de ses chevaux vapeur aura tendance à vous laisser passer, mais vous en serez quitte pour un bon coup de sang et une saine montée de stress et d’adrénaline.

 

Car le trottoir chinois n’est point sans danger. Ami des sensations fortes, venez en Chine. A peu de frais, vous pourrez facilement connaître quelques belles frayeurs et jouir du rouge vous montant au joues, de la veine palpitante, de la bordée d’injures qui vous vient aux lèvres et du regard qui aimerait tant foudroyer le fauteur de troubles.

Ici, voici venir les deux roues.

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Tremblez, voici venir les bikers chinois !

Je n’ai pratiquement jamais vu de grosses cylindrées en Chine, ni scooter. Par contre, les vélos, y compris électriques et les mobylettes sont légions. Et dans un pays qui compte tellement sur les livraisons à n’importe quel moment (j’avoue, il m’arrive d’en profiter tant cela est pratique), où le temps, c’est de l’argent, la vitesse est de mise. Donc le slalom entre les piétons est la norme. Un conseil, attention aux mouvements brusques et surtout, gardez le cap quand vous marchez ! Surtout si vous avez la fâcheuse passion d’aimer écouter de la musique lors de vos déplacements pédestres (votre casque vissé sur vos oreilles et le tout branché à votre baladeur –ou portable dernière génération, cela marche aussi-), voire d’être en plein milieu d’une conversation prenante. Attention, car le fier pilote au guidon de son bolide, souvent fort silencieux car électrique, a d’ores et déjà tracé sa trajectoire mentalement et vous frôlera avec l’aisance de l’habitude. Evitez les grands gestes passionnés ou les soudains changements de décision, vous pourriez connaître un choc malencontreux. Cela a failli m’arriver un certain nombre de fois, surtout que je marche vite.

 

Désormais à Guangzhou, j’ai songé à conduire moi-même.

Alors, tout d’abord, le permis de conduire français, même traduit en chinois par un traducteur officiel et dûment tamponné, n’a qu’une valeur assez limité ici. Je pense que pour louer un véhicule, cela peut suffire, mais pour conduire librement et avoir son propre engin motorisé, mieux vaut (re)passer le permis au pays d’accueil. C’est en tout cas le conseil d’un de mes confères professeur, c’est le plus simple. Par ailleurs, l’obtention de carte grise est apparemment, pour les grandes villes, la croix et la bannière. C’est extrêmement long, à moins d’avoir de quoi graisser la patte de l’administration. On compte, sans rire, en mois voire en années (ne riez pas, j’ai des exemples en tête !) l’obtention de ce genre de papier. Un autre conseil du même professeur était d’être en relation avec un français possédant sa propre voiture, français qui désirerait la vendre. Là, il y a moyen de s’arranger (à la chinoise, c’est à dire de manière… souple).

Pourquoi cette lourdeur administrative ? Eh bien, assez simplement, deux raisons principales expliquent cela.

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Remarquez, c’est joli, la nuit, avec toutes ces lumières (ici à Xi’an)

Premièrement, les limites des voies de transport. Elles paraissent déjà souvent saturées, donc l’administration est assez frileuse de voir se multiplier le nombre de véhicules dans les métropoles.

Deuxième raison, la pollution. La Chine connaît très bien son épineux problème de pollution et effectue quoi qu’on en dise, déploie beaucoup d’efforts (et d’argent) pour éviter de se tirer une balle dans le pied.

 

Ceci étant, cela ne règle pas ma crainte principale.

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Je sais QUI conduit quotidiennement plus rapidement et plus follement, moi !

Vous avez probablement déjà visionné le film Taxi. Oui, ce chauffeur de taxi à Marseille qui conduit si vite et si bien et slalome à travers la circulation urbaine. Eh bien, il ne serait qu’un conducteur parmi tant d’autres. En effet, même votre conducteur de bus ou de car (ou de navette entre campus, par exemple), va appuyer sur le champignon et zigzaguer de droite et de gauche (quitte à utiliser la bande d’arrêt d’urgence), afin d’avaler les kilomètres en un temps record.

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Quand je dis appuyer sur le champignon…

Donc, ma petite personne, si germanique dans l’esprit, avec son respect des sacro-saintes règles et conduites, est plutôt inquiète de prendre le volant dans un monde digne du far-west. Ceci dit, les accidents sont vraiment rares, même les accrochages sont exceptionnels, les chinois sont parfaitement habitués à cette situation dans la rue, mais pour un occidental, gardez-donc les yeux grands ouverts, vous êtes prévenus !

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Parce que la tête de cette chauffeuse de bus (ici à Lanzhou) ne prête pas à rire, c’est moi qui vous le dit !

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A combien de reprises peut-on entendre parler de « rayonnement culturel » ou « échanges interculturels » ?

Bien trop, et souvent dans des contextes flous, quand ce n’est pas totalement vide de sens, balancé à tord et à travers par « quelqu’un d’important », qui semble royalement ignorer de quoi il parle.

Alors que c’est pourtant très simple et qu’on peut même en faire sa passion, potentiellement en vivre.

 

Vous connaissez l’adage selon lequel la musique est un langage universel ? Si oui, vous pouvez continuer à lire cet article. Si non, hors d’ici, non mais !

Commençons donc pas l’anecdote : la semaine dernière, grâce à l’intelligente initiative de l’AF (Alliance Française) de Canton, j’ai été invité (aaahh, le luxe et les fastes de la vie de professeur étranger en Chine…) au concert du groupe FD5. Oui, je sais, le nom sonne comme les 2Be3 (vous ne connaissez pas ce -ahem, vieux- boy’s band ? Google est presque ton ami et non, cela ne me rajeunit pas, je fais avec).

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FD5 弗雷德乐队 (on copie, on colle, on tape «Entrer» c’est facile, vous verrez !)

Naturellement, ce nom est parfaitement inconnu au bataillon français et pourtant… il commence à gagner un grand succès en Chine.

Ce groupe de pop rock est un joyeux rassemblement de 5 –vous ne l’auriez jamais imaginé, hein ?- guedins français, russes et ukrainien. Et surtout, le chef du groupe, chanteur et guitariste est français. Oui ma bonne dame, il parle la langue de Molière. Cocorico.

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Admirez l’astuce, la charmante donzelle blonde (ukrainienne) est au premier plan, même si elle est bassiste et ne chante pas. Mais ainsi, on attire le chaland plus facilement ! Ha ha, bien joué !

Vous ne connaissez pas, hein ? Pourtant, il s’agit du groupe « français » le plus téléchargé en Chine (devant Daft Punk, eux-mêmes devant Justice) et classé 63ème dans la catégorie groupe étranger par Baidu Music.

Le groupe se classe aussi 120ème dans le classement de QQ Music China

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Pour info, Baidu, en Chine, c’est Google.  QQ égale Skype (et Twitter dans une moindre mesure).

Leur clip « A force de t’aimer » a été visionné 12 million de fois en Chine et ce tube s’est classé N°1 dans les top chinois (en section chanson étrangère). Tout de suite, ça place un peu le niveau, qui commence à devenir un phénomène.

Fondé en 2010, en Chine, le groupe se fait connaitre en participant à « Star Avenue » sur CCTV3 (comprendre la «Star Academy» sur France Télévision). Et ils ont continué sur cette lancé, passant à la télé, puis on sorti leur premier album en 2013, « Happy paradise », qui inclut leur tube «A force de t’aimer».

Oui et alors ? Et bien là où c’est diaboliquement malin, c’est qu’il s’agit d’une adaptation d’une fort célèbre chanson chinoise « Because of Love » («因为爱情»). Le compositeur chinois Xiao Ke (小柯) a d’ailleurs largement soutenue et promue par ce musicien. Donc, le public chinois peut non seulement découvrir une nouvelle langue, mais comprend tout naturellement qu’il reprend et traduit une chanson très bien connue, elle même très populaire. L’air est déjà connu, on l’entend partout, c’est donc emballé. Et donc, pour filer la métaphore, ça cartonne.

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Les deux albums en question

En 2016, le deuxième album « Straight ahead », commence également à introduire des chansons vraiment originales, qui connaissent leur propre succès. Avec le tube «Au bout de mes rêves», FD5 se classe 13ème dans la liste des groupes étrangers sur Baidu Music.

 

On a donc un petit malin à la tête de ce groupe qui passe de la chanson d’amour au bon vieux rock, chantant aussi bien en français qu’en chinois (très bon niveau de chinois, teeeellement meilleur que le mien) et surtout un gugusse originaire de Nîmes qui sait vraiment bien jouer avec son ambiance et son public pour dynamiser une soirée.

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Mettre le feu sur scène, allégorie

Mon expérience et découverte ressemblait vraiment à un concert privé, étant donné qu’avec la date (un jeudi soir), un emplacement qui ne favorisait pas une grande affluence des étudiants (proche du campus de Master d’une des universités de Guangzhou, mais pas du campus des Licences, bien plus populeux) et ne bénéficiant pas d’une grande portée médiatique (la pub était très réduite), le bar était très loin d’être plein à craquer.

Et malgré tout, en deux minutes à peine, tous les jeunes (je parle surtout des étudiants, moi, « vieux » prof, avec présentement ma cheville en vrac, je suis resté assis en sirotant une bonne bière –belge, gage de goût et de qualité, n’en déplaise à nos bons amis allemands-) en profitant du spectacle. Parce que spectacle, même en petit comité, il y a ! Les téléphones portables allumés qui remplacent les briquets agités dans les airs, le passage tout à fait fluide depuis des chansons assez douces à du bon vieux rock joue vraiment avec l’ambiance et les apostrophes en chinois marchent du tonnerre.

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Leçon 2 : mettre son public à genoux (juste avant de le faire sauter)

Je ne passe pas sur la spéciale dédicace « Ça (c’est vraiment toi) », avec la vision étonnante du directeur de l’Alliance Française dansant le rock comme un ado avec une spectatrice chinoise. J‘étais moi-même aux anges de réécouter dans ces conditions ce vieux tube qui date déjà du temps de mon propre paternel !

 

Que tirer d‘une seule soirée ? Eh bien que ce passage de l’interculturel, simple et si malin, permet non seulement de rassembler les gens, d’ouvrir des barrières (hé, j’ai eu une étudiante qui s’est retrouvée en Licence de français parce que sa mère était fan d’Edith Piaf… pas une si bonne idée, mais l’exemple est marquant !) et de jouer sur les codes et les images –principalement de la France-, tout en étant ouvert de façon dynamique à la culture et la langue chinoise.

On peut me rétorquer que tout ça n’est que superficiel et commercial, je répondrai, oui, et alors ? Depuis quand le culturel est-il définitivement séparé de l’aspet mercantile ? Depuis quand le succès populaire est une barrière à l’apprentissage d’une langue étrangère et à la première découverte d’une autre culture ? Il faut bien commencer quelque part, voulez-vous ?! Combien de jeunes artistes peuvent se targuer de connaître un tel succès ? On sent les efforts d’acclimatation, d’acculturation et d’apprentissage d’une langue loin d’être facile pour un occidental. Mais c’est une preuve, que je qualifierai d’éclatante, que du travail sérieux et de la passion peuvent mener à de sacrés résultats. N’en déplaise à certains, voire beaucoup.

Et ça, c’est une leçon pour nos bons amis défenseurs de la seule « vraie culture », souvent élitiste. Parce que quand je peux amener mes étudiants à aimer le français en leur proposant de chanter les paroles d’un groupe connu et tendance, moi, le professeur universitaire de français, j’y gagne un regain d’intérêt, d’attention et de bonne humeur. Et croyez-moi, rien de mieux que des étudiants attentifs pour expliquer un article de presse du Monde, une pièce de Molière, ou un conte tiré de la Genèse !

 

Allez, tous ensemble… Ça… C’est vraiment la culture… Ça, ça…

Le lien de leur page Facebook

La fête de la lune

Bonjour chers lecteurs.

Je vous souhaite une excellente fête de la lune, plus communément appelé festival de la mi-automne. Comme je n’ai rien de bien nouveau à apporter, je vous renvoie à cet article.

Mais comme je ne veux pas passer pour un rat (pour la symbolique, je voudrais dire « lapin », mais le sens de l’expression tomberait alors à plat, fichtre !), voici une petite peinture numérique sur le modèle du « trop mignon », comme dirait mon épouse, qui adore cette expression :

Happy moon festival

Au cas où vous auriez un doute, les caractères chinois veulent bien souhaiter une bonne fête de la lune. Il n’y a pas de faute, c’est ma charmante épouse qui a tapé les bons caractères.

Anecdote humoristique -en couleurs-

Non, ce blog n’est pas encore mort, j’ai juste eu un été assez chargé et n’ai pas pris le temps d’écrire de nouveaux articles. Je reprends la plume avec la rentrée qui recommence. En attendant, une petite planche humoristique tirée d’une situation que je connais déjà par cœur :

bronzage FR - petit

Tchou tchou tchinois

Cet été s’est révélé mouvementé. J’ai finalement déménagé à Guangzhou, dans la capitale de la province de Canton, non loin d’Hong Kong. J’aimerais découvrir la ville plus en détails avant de la traiter ici.

Or donc, le train est un moyen de transport qui, comme en France, possède probablement le meilleur rapport qualité-prix. J’ai pour le moment une impression fort mitigée des vols internes à la Chine (on est très loin de la très bonne qualité des vols internationaux chinois, comme par exemple Hainan Airlines) et la plupart du temps, j’ai eu le déplaisir de connaître des retards qui s’accumulait sans raison.

Hainan Airlines stewardess_2

Cette photo promotionnelle n’est pas si exagérée que cela. La plupart des hôtesses (y compris de l’air) en Chine sont accortes, car oui elles sont engagées pour leur physique et leur sourire. C’est la Chine, on ne s’embarrasse pas des considérations de l’image de la femme qui doit être politiquement correcte. Je passe sur les hommes car ils sont peu nombreux en comparaison.

Je survole le sujet des bus, car s’ils sont nombreux, ils sont souvent sales et inconfortables (les odeurs, notamment de vomi, peuvent vraiment poser problème aux plus délicats), en général, on a l’impression que c’est la plus basse couche de la population qui utilise ce moyen de transport. A réserver pour des déplacements qui ne seraient pas possibles autrement, par exemple pour se rendre dans des petites villes, car les trajets sont longs (on parle souvent de nombreuses heures).

Pour le train, il faut déjà savoir que dans les gares chinoises, la sécurité est très importante. Loin de la France, c’est comparable à celle d’un aéroport (avec détecteurs de métaux et passage des bagages aux rayons-X), donc c’est du temps qu’il faut prendre en compte pour ne pas être en retard. Par ailleurs, les billets achetés sur Internet (option recommandée pour être sûr d’avoir une place -et surtout une place assise, mais j’y reviendrai-), nécessitent d’être retirés en guichet. Les guichets automatiques ne sont pas disponibles pour les étrangers, car ils fonctionnent avec les cartes d’identité chinoises, qui sont à puces électroniques. Et autant vous le dire, dans les gares chinoises, il y a du monde, BEAUCOUP de monde.

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Ici, par exemple un exemple de la gare de Xi’an.

De plus, les priorités dans les queues sont fluctuantes, surtout avec le grand nombre de chinois qui vont vouloir, qui un renseignement, qui une faveur, qui une négociation quelconque, les guichetiers sont sans arrêt coupés par ces “indésirables”, ce qui rallonge évidemment la durée d’attente. Préférez en tout cas les départs tôts et matinaux, je déconseille fortement une gare en pleine journée, pleine de monde.

Par ailleurs, il y a plusieurs types de train et de gares, notamment d’accès aux quais. Dans les gares les plus modernes, on sent les efforts pour organiser au mieux les foules de voyageurs. Au niveau des gares moins développées, avec une population potentiellement moins éduquée, au moment d’accéder aux rames, la folie semble s’emparer de la foule, qui se précipite vers les portiques, histoire de s’assoir et surtout de profiter des porte-bagages, car premier arrivé, premier servi, et une majorité de chinois voyagent en emportant le maximum d’affaires avec eux. Pour être le plus confortablement installé, il faut faire la queue debout et faire preuve d’une grande patience.

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Un embarquement tout à fait standard. Vous voilà prévenu !

Je connais trois types de train. L’équivalent du TGV, que je recommande. Tout d’abord, parce que le trafic est le plus sûr et stable, je parle essentiellement des horaires, parce que ces trains sont les plus rapides (et que, je ne le répéterai jamais assez, mais la superficie de ce pays est immense) et que le confort des sièges est présent.

 

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Un train rapide -vide- chinois. L’hôtesse en uniforme, c’est normal. Le moindre restaurant a des serveuses en uniforme. Notez que les écrans vont diffuser en boucles des vidéos de bonne conduite (pour le confort de tous), qui seront absolument ignorées par le bon peuple formant la masse de voyageurs.

Ensuite, c’est la Chine, donc perpétuellement bruyant. Les enfants braillards, les vendeurs “à la criée” (le mot a été inventé pour eux, ne vous plaignez plus jamais de votre marchand de poisson au marché !), les téléphones qui sonnent et les conversations, téléphoniques ou non, à haute voix, sans parler de la musique ou des films écoutée ou visionnés sans écouteurs. A la fin du voyage, les oreilles ont tendance à bourdonner, mais le TGV, étant donne le confort et l’espace réservé pour chaque passager, est le train avec le moins de voyageurs par rame, donc comparativement le plus calme.

A typical train in China.

Pas une photo de l’intérieur d’un train rapide, mais l’ambiance sera toujours dans ce goût là.

Pour les longs déplacements en mode économique, je suggère de prendre les trains couchettes. Le fait d’être allongé permet de dormir un maximum, surtout quand les lumières de la rame s’éteignent vers 22 heures. Ceci dit, même si je n’ai personnellement jamais rencontré ce problème, veillez attentivement sur vos affaires. Le train s’arrête régulièrement, y compris la nuit, aussi les vols sont une possibilité bien réelle. Personnellement, mes affaires les plus précieuses étaient dans mon sac à dos, sac à dos faisant un deuxième oreiller et je vérifiais que ma valise restait à sa place à chaque arrêt (les nuits étaient dures). A chaque fois, il y a une série de six couchettes, façon lits superposés, les couchettes au niveau du sol profitant d’une petite table. On est en Chine, donc on paye le fait d’être en bas.

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Comme ça, on dirait un baraquement militaire. Le confort est en tout cas digne d’un entraînement militaire !

Enfin, le train que je déconseille fortement à mes compatriotes européens, les trains en banquettes communes. Deux banquettes pour trois personnes, sans accoudoirs, face à face, avec une table commune pour six personnes. Ce genre de voyage peut être amusant une fois façon découverte et aventure, mais l’hygiène (et je vise principalement les toilettes et le lavabo) est en général déplorable. C’est inconfortable à souhait, on peut s’en douter. Ensuite, si on est en quête de découverte et de contact avec les gens, la place vaut le détour. Je me rappelle qu’à mon premier trajet, un paysan, qui voyait pour la première fois un Européen de près en chair et en os, m’a payé une bière et a réclamé une chanson. J’imagine que ma -piètre, je chante mal- performance musicale (du Penofchaos je vous prie, soit la première chose qui me soit passée et dont j’étais sûr de connaître plus que le refrain par cœur) doit toujours traîner sur les réseaux sociaux chinois (car évidemment, on m’a filmé).

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Tout à fait comme dans mes souvenirs.

Quid des retards et des grèves ? Pour les grèves, on est en Chine, pas en France avec les cheminots très syndiqués, autant dire que ça n’est pas demain la veille. Pour les retards, c’est variable. Ceci dit, plus le train est rapide (donc cher, donc important), moins on risque de connaître des contretemps. Toutefois, avec les lignes standard, les retards peuvent s’accumuler, des vingtaines de minutes s’ajouter à demi-heures, sans guère de justification. Pour les trains standards, je recommande de payer un supplément à la gare, qui permet :

Un, de patienter assis dans un espace VIP de bas standing (le haut standing est comme de bien entendu présent, mais bien plus onéreux, naturellement).

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Encore la gare de Xi’an, avec son espace d’attente VIP. Je ne connais pas les prix, mais ça doit être cher.

Deux, d’entrer en avance dans le train et pouvoir devancer la foule (pour ne pas dire la masse) de voyageurs “lambda” et donc de poser ses bagages de façon “normale”.

Je compte toujours sur mon épouse dans ce genre de cas, l’anglais sera plus que probablement totalement inutile. A noter que pour ces trains les plus standards, une place ne veut pas toujours dire place numérotée (ce n’est bien évidemment pas le cas avec les “trains à banquettes”, qui n’ont, vous l’aurez deviné, aucun numéro que ce soit), ni même place assise. Les passagers de dernière minute peuvent se retrouver dans les couloirs ou les espaces reliant les rames (on vous proposera -lire vendra- des tabourets pliables), donc prendre un train en catastrophe est selon moi une bien mauvaise idée.

Pour l’anecdote, l’hiver dernier, le train, pourtant un express, reliant Xi’an et Lanzhou, a écopé de nombreuses heures de retard, suite à d’importantes chutes de neige. N’attendez aucune compensation et aucun remboursement. Soyez heureux d’obtenir ne serait-ce que des informations. La compagnie nous a gracieusement offert, durant le trajet fort tardif, des nouilles instantanées, en guise d’excuses.

D’ailleurs, pour ce qui est des repas, je préconise de faire des courses à l’avance, les nouilles instantanées (pour ne pas parler des plats chauds, proposés seulement sur les lignes les plus coûteuses), sont vendues à des prix prohibitifs. En supermarché, vous trouverez tout ce qu’il vous faut. Le moins cher, surtout si vous voyagez longtemps et accompagné, est d’acheter un pot cartonné de nouilles instantanées (petite note de mise en garde, beaucoup de ces produits sont fort épicés), qui comprend aussi une mini fourchette en plastique, puis de simples sachets des mêmes nouilles en réutilisant le pot. Les saucisses style Knacki sont vendues à l’unité et agrémentent un brin ce genre de repas. Si vous n’êtes pas -non plus- fan d’eau brûlante (la seule chose en libre service dans n’importe quel train), achetez des bouteilles d’eau (que de l’eau plate en Chine, oubliez la pétillante). Naturellement, biscuits, fruits et légumes de camping sont aussi vos amis (tomates et pommes, je m’adresse à vous, compagnons culinaires de tous les périples).

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N’attendez pas des saucisses qu’elle soient goûtues. Et réutiliser le bol cartonné des pâtes pour utiliser des sachets de ces nouilles est une astuces pour faire de petites économies.

Et la sécurité des lignes de chemin de fer chinoise ? Je n’ai pas de chiffres, mais on n’est pas en Inde (visionnez une seule vidéo via Youtube, les images sont assez éloquentes !). Sans être le Japon, pays le plus onéreux et sûr dans ce domaine des transports (j’ai préparé un cours sur les chemins de fer, je n’écris donc pas cela au hasard), la Chine reste un pays très consciencieux quant à la sécurité de sa population en général (même si je réprouve les façons de conduire les deux et quatre roues ici), donc il n’y a pas de raison de s’inquiéter.

Note : pour une fois, ce ne sont pas mes photos -à part pour celles de la gare de Xi’an-, les images ont été piquées à droite à gauche sur Internet.

Annonce pour un travail de prof en Chine

Titre : Professeur de français de langue maternelle française
Catégories : Emploi FLE
Lieu : Chine
Salaire horaire en brut net :  

5700 yuans, six semaines de congés payés en hiver, possibilité d’augmentation au cours de l’année, couverture d’assurance accident chinoise, logement de fonction (toutes charges comprises –Internet inclus-) au sein du campus

   
Volume horaire hebdomadaire : Jusqu’à 16 h par semaine
Descriptif :  

Type d’emploi : Emploi CDD renouvelable

Annonce : Poste de professeur d’université à Lanzhou Jiaotong.

Activités principales générales :

–          préparer les cours au préalable,

–          proposer des cours de français en fonction des niveaux des différentes années,

–          correction des devoirs et du travail des étudiants, effectuer les rapports de fin de semestre,

–          animer des activités pédagogiques en collaboration avec l’équipe pédagogique,
Prérequis :

–          posséder un Master 2 de FLE ou diplôme de sciences de l’éducation, de langues ou d’enseignement est nécessaire pour obtenir le visa de travail. Si le candidat est titulaire d’une Licence ou d’un Master 1, deux années d’enseignement en continu sont exigées après l’obtention d’un de ces diplômes.

–          expérience préalable préférée, mais non exigée

–          nationalité française, belge ou suisse

–          professionnel, organisé, adaptable, rigoureux, patient, ponctuel

Documents à fournir :

–          cv

–          lettre de motivation

–          photo d’identité

–          scan du passeport

–          scan du diplôme le plus élevé/adéquat

Période du : 1er septembre 2018 au 30 juillet 2019
Procédure :

–          envoyez votre candidature au directeur pédagogique à akalten@hotmail.fr

–          un entretien Skype sera proposé aux candidats sélectionnés

Cinoche

Je prends la plume numérique pour aborder un sujet qui me passionne : le cinéma.

Et vu le principe de ce blog, ce ne sera pour démonter, débiter en petits morceaux et défoncer des films chinois, je laisse ce soin à d’autres (comme le blog de l’Odieux Connard, pour ne pas le citer ; après tout, il est une de mes sources d’inspiration de ce blog, notamment pour sa prose acerbe au vitriol -rendons à César ce qui est à César-https://unodieuxconnard.com/). Non, ce qui m’intéresse, c’est bien plus la considération des cinémas (et je choisis d’en parler au pluriel), mais aussi d’aborder vite fait l’ambiance d’une salle de cinéma chinois et aussi l’influence et la présence du cinéma hollywoodien au pays qui se définit comme le pays du milieu. En fait, pour tout avouer, le sujet que je vais développer provient certes d’échanges entre amis, mais surtout d’une vidéo youtube qui se permettait de raconter un peu n’importe quoi.

Bien, plongeons donc dans le vif du sujet. J’avoue ne connaître que de façon limitée le cinéma chinois. Que voulez-vous, je ne suis pas un journaliste de Télérama ne jurant que par le cinéma d’auteur ou d’art et d’essai. Alors de quel droit ose-je aborder un sujet pareil ? Eh bien déjà pour préciser que le cinéma chinois tant célébré est en général celui de Hong-Kong. Le cinéma chinois standard ne vaut en général pas tellement la peine d’être visionné.

Mon Dieu, par tous les dieux, qu’ose-t-il écrire. Et surtout, pourquoi donc ?

Parce qu’en général c’est plutôt mal joué, le scénario est assez pauvre ou regrettablement simpliste et la plupart des effets spéciaux (pause : je dois tout de suite le préciser, si le cinéma me fascine autant, c’est avant tout pour ses effets spéciaux et ses trucages ; créatures imaginaires, vaisseaux spatiaux, dinosaures et autres sortilèges nourrissent et enflamment mon imaginaire) ont une dizaine d’années de retard derrière les standards d’hollywood -la crème de la crème, certes, mais comparons au canon, voulez-vous-.

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De quoi comparer un peu. Oui, je suis parfaitement au courant, Shrek et le premier volet de la trilogie du Seigneur des Anneaux sont, visuellement au moins (quoi qu’on puisse penser du reste), d’incroyables films. Ceci dit, cela fait quand même 17 ans qu’ils sont sortis, on pourrait penser que le reste des films serait au moins de ce niveau… Et bien pas toujours, malheureusement. Et merci, je sais que la société Weta Wrokshop est néozélandaise, pas américaine, mais leur travail est largement digne d’ILM, alors pas de chipotage !

Sans surprise, le but du film chinois grand public est de rapporter un maximum d’argent. La différence avec Hollywood, c’est que le cinéma semble en être à un état d’adolescence. Les acteurs sont choisis pour leur physique avantageux, le scénario est calibré au possible, les thèmes ou périodes sont un peu toujours les mêmes (histoires d’heroic fantasy en “costumes d’époque”, comédies surjouées à l’époque contemporaine, films d’action ou de guerre soit à notre époque ou lors de la Révolution Culturelle) et les effets spéciaux sont aussi nombreux que tape-à-l’œil (ne vous plaignez pas des effets 3D hollywoodiens qui abusent des éléments qui vous arrivent en pleine figure, les films chinois en usent deux fois plus, surtout quand il s’agit des armes).

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Rien que sur l’affiche, le jian (l’épée chinoise) cherche à se plonger dans votre oeil. Alors imaginez durant le cours du film. Par contre, niveau plastique de l’actrice, je n’ai rien à redire… Si seulement elle pouvait être aussi bonne que belle actrice…

Dois-je aussi encore préciser que nombre d’éléments à succès sont “recyclés” (pour ne pas dire “resucés jusqu’à leur substantifique moelle”), que ce soit la musique, les façon de filmer ou de monter un film, les idées scénaristiques oules archétypes de personnages. Ceci dit les Coréens (du Sud, fatalement), font la même chose, ne vous y trompez pas… Et je veux quand même aborder le côté très nationaliste de bon nombre de films. Les films d’action ou de guerre ne vont que très rarement ne pas mettre en exergue la fierté du drapeau. Les personnages peuvent être faillibles, mauvais ou corrompus, mais on ne plaisante pas avec la fierté nationale. Un exemple tout récent -et carton au box-office chinois- : Wolf Warriors II. Un long-métrage digne des gros films américains à la Rambo II, façon “God bless America” et où les américains vont sauver le monde (oui, Armageddon me fait quand même aussi de grands signes, pour ne pas parler des films de la saga Transformers -encore de Michael Bay, décidément-, sans parler de certains plans quelque peu outranciers de Spiderman).

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Ai-je vraiment besoin d’en dire plus ?

Evidemment, le cinéma hong-kongais se démarque très nettement (ai-je vraiment besoin de citer le très célèbre Wong Kar-wai ?) et des exceptions assez fantastiques peuvent se produire, mais parfois avec des résultats quelque peu dramatiques. Citons par exemple A Touch of Sin, de Jia Zhangke, qui dépeint les dérives ultracapitalistes, l’oppression d’un système parfois inhumain (toujours interdit? en Chine) ou le film Lust Caution, d’Ang Lee -il est taiwanais, oui je sais, mais je le range quand même dans cette catégorie, vue l’histoire fort conflictuelle mais entremêlée entre Taiwan et la Chine, parce qu’il me sert d’excellent exemple et que le film est excellent-, qui, entre son sujet sulfureux (la séduction risquée d’un homme d’influence marié lors de l’occupation japonaise) et ses scènes érotiques explicites à tendance sadomasochiste ont obligé l’actrice Tang Wei à abandonner sa nationalité chinoise. Deux films aux formidables capacités filmiques, de performances d’acteurs et de scénario très travaillé, mais qui se voient mis au banc filmique car trop sensibles… Donc le cinéma tout publique fait évidemment force de loi, mais il existe des exceptions.

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Bon, ce ne sont pas des films tout public, soyez prévenu. Malgré tout, je ne saurai que trop vous les conseiller, tant ils sont passionnants, entre les thèmes abordés, la mise en scène, et la présentation d’une Chine décidément bien différente de ce qu’on voit généralement.

Abordons donc la situation d’une salle de cinéma. J’y suis déjà allé un certain nombre de fois, en cherchant le plus de tranquillité lors des horaires de travail en semaine (prof, ce sont des horaires parfois particulières et avantageuses !). Et je parle de Lanzhou. Déjà, les films hollywoodiens sont en VO sous-titrés, ce qui me permet d’en profiter sans soucis (je jouis d’un très bon niveau d’anglais, suite à des années d’efforts et d’imprégnation -Internet, films en VO, lectures dans la langue de Shakespeare-, pas de mystère là-dessous), ce qui est un bon point. Maos les spectateurs chinois sont pour le moins égoïstes, pour ne pas dire irrespectueux. Téléphones allumés, discussions, le petit guide de bonne conduite du spectateur, par le Fossoyeur de films, traduit en chinois, ne serait pas de trop (https://www.youtube.com/watch?v=oR20uKKtkiA) ! Et je parle de salles en grande partie vides ! Le prix des places n’est pas donné, si l’on compare avec le niveau de vie moyen, on est à peu près dans les standards mondiaux.

Parlons par contre un peu du cinéma hollywoodien et de sa présence et influence en Chine. Une chose qui frappe, c’est que les références “que tout le monde connaît” ne sont clairement pas le cas en Chine. Toutes les répliques cultes, personnages célébrissimes, acteurs et réalisateurs superstars sont souvent de parfais inconnus. Mon épouse, pourtant forcément plus ouverte que la moyenne concernant la culture américaine et anglaise, du fait de ses études d’anglais, ne connaissait avant de me connaître ni Star Wars, ni le Seigneur des Anneaux, ni les Indiana Jones, ni Jurassic Park et je ne parle pas de réalisateurs comme Stanley Kubrik, Alfred Hitchcock, Brian de Palma ou Martin Scorcese, inconnus au bataillon. Oui, ça surprend quand même…

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Non que le titre « Ranger Solo » sonne mal. Bon, un peu trop « Power Rangers » et super sentaï (oui, j’écris avec un tréma, histoire de conserver la prononciation japonaise, j’assumer) à mon goût. Et non, même en tant que fan de Star Wars, le film ne m’intéresse pas vraiment, surtout après avoir lu et entendu des critiques si médiocres à son sujet. Mais là n’est pas la question, revenons à nos moutons !

Toujours est-il que l’influence et la marque hollywoodienne reste en général fort légère. J’en prend pour exemple le dernier film de l’univers Star Wars, Solo (narrant la jeunesse du célèbre contrebandier de l’espace), dont le titre a ici été changé en « Ranger Solo ». Et, toujours dans cet univers de science-fiction, j’ai vu Le Dernier jedi en Chine, et lors de l’apparition des personnages, un mini bloc de texte -en anglais ET sous-titré- résumait le nom et le rôle des personnages principaux lors de leur première apparition.

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De mon point de vue, ces petits écritaux, ça faisait cet effet là. Et oui, ça casse assez le moment et l’attention est distraite.

Donc, à ceux qui veulent faire les malins à décortiquer le box-office chinois, renseignez-vous donc avant (petite vengeance mesquine, suite à une vidéo ignare, donc).

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Les deux imitations « taille réelle » sont bel et bien à l’air libre, à Lanzhou. Je sais, ça fait très, très bas de gamme. Mais les droits d’auteur, ici, sont bien malmenés. Parce que oui, il est évident qu’aucun respect ou royalties n’a été pris en compte.

Toutefois, un matraquage médiatique et une présence régulière et largement suivi par les produits de consommation peut rencontrer un succès phénoménal. Je vais prendre plusieurs exemples, qui démontrent que les films hollywoodiens peuvent connaître une célébrité incroyable, ici. Transformers. Cinq films, dont l’avant dernier proposant des personnages (joués par des acteurs chinoia), connaît la gloire et l’argent coule donc à flots. Certains Disney, en particulier Big Hero Six, et aon adorable personnage Baymax, est largement apprécié.

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Bon, vu le personnage adorable de Big Hero 6, difficile de ne pas en faire une mascotte. Et la figurine -non officielle, comme il se doit-, m’a été offerte… quand je me suis inscrit au club de kung-fu. Voilà pour la petite histoire.

Warcraft, le film tiré de célèbres jeux-vidéo (dont l’indétrônable MMO n°1 au monde, WOW -World of Warcraft-, est joué par un nombre monumental de gamers) a été sauvé d’un désastre commercial par le succès en Chine.

Warcraft

Si le terme MMO vous est inconnu en 2018, je ne peux pas grand chose pour vous. Google est votre ami… Et l’imprim’ écran me fait éclater de rire.

Et impossible de passer à côté du monstre Marvel. Avec ses dix ans d’existence, ses 19 films, le mastodonte qu’est cet univers de super héros est un géant ici aussi.

DR Strange

Un exemple, parmi tant d’autres, vu le nombre de héros de cette saga de comics et de films.

Je ne compte plus les produits dérivés, jouets, tee-shirts, trousses et figurines (souvent de contrefaçon parfois grossière) qu’on trouve dans la rue et le moindre magasin. Nous ne sommes pas dans l’uaine du monde pour rien !

Toutefois, ces succès restent marginaux par rapport à des films hollywoodiens moins médiatiques. Le reste, bien que joués en règle générale pour les gros blockbusters, peut facilement passer à la trappe. L’année dernière, Blade Runner 2049 est resté une semaine à l’affiche (du coup, je l’ai loupé sur grand écran). Et Star Wars fait un peu flop sur flop en Chine. Question de méconnaissance, du peu d’intérêt pour cette franchise et malgré tout du marketing fort limité autour de ces films. Donc, inutile d’attendre des films français au cinéma (Valérian est une exception, mais il a fait un bide, alors que le marketing était vraiment présent -je me trouvais à Hong Kong à cette époque et les affiches étaient fort nombreuses !-, mais vu que le film de Luc Besson est -très- mauvais, il ne fallait pas s’attendre à un succès monumental).

Les films français sont inconnus. Si mes étudiants peuvent me citer les Choristes, ou le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, c’est qu’ils sont des étudiants en français, donc un minimum intéressés à la culture française. Je suis tombé sur un texte étudié dans un vieux livre sur le cinéman, parlant d’un film de Godard… Mais un Godard à l’écran, pas une rétrospective. Franchement, les années 60 dans un bouquin d’étude de français… ça paraît complètement déconnecté de la réalité.

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Personnellement, même dans ma jeunesse, je n’ai jamais eu ce genre d’expérience. Quand j’ai dû expliquer ce texte, ça a été coton !

En bref, le cinéma chinois est assez à part. Ouvert uniquement aux plus grosses productions grand public hollywoodiennes, qui ne sont même pas forcément synonymes de succès, alors que des films que je trouve souvent assez insipides connaissent un franc succès me laisse étonné. Mais comme je l’ai écrit, je pense que le cinéma chinois est encore dans une étape « adolescente » et j’ai hâte de le voir maturer, car on peut trouver des pépites et j’espère en trouver plus fréquemment !

Lanzhou

Ville où je vis, Ville qui m’ennuie. Tu n’es point jolie, Tout y est gris.

Une petite poésie et voilà résumé mon avis.

Blague à part, je développe un brin, voulez-vous ?

On peut comparer Pékin/Beijing à Paris et Xi’an à Lyon. Maintenant, si je demande à un français (désolé, je reste dans l’hexagone, si vous êtes en Belgique, en Suisse -partie francophone-, au Canada -pardon, au Québéc- ou dans un de ces nombreux pays d’Afrique où le français reste la langue officielle, débrouillez-vous comme des grands !) s’il désire habiter et travailler à St-Etienne, il y a relativement peu de chances qu’il se montre enthousiaste. Et clarifions ce point tout de suite : je me fiche des clubs de football comme de mes premières chaussettes, donc l’opposition entre les Verts et l’OL me passe au-dessus, à peu près au niveau de la stratosphère.

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Et une belle carte de musée de la province, une !

Que de poésie et de figures de style, me direz-vous. Ma foi, la faute en incombe à mes cours de stylistique, figurez-vous. Lanzhou est la capitale provinciale de Gansu, une province située dans le Nord-Ouest de la Chine. Elle fait frontière avec la Mongolie, pour situer un tant soit peu. Région montagneuse, plutôt sèche, voire complément désertique par endroits, elle n’est pas dénuée de paysages marquants, mais je ne peux guère épiloguer, du fait de ma connaissance empirique très limitée des lieux. Je n’ai eu l’occasion que de visiter la petite -par rapport à la Chine- ville natale de mon épouse, Cheng Xian,et un chef-lieu du Sud de la province, Wu Du. Cheng Xian est une sorte d’étrangeté, d’anomalie. C’est une ville située dans des vallées où la verdure verdoie où que le regard se porte. Wu Du est une ville assez haut-perché, dans des montagnes sèches et brunes.

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Alors, je sais que la qualité des photos n’est pas terrible, mais à gauche, voici un aperçu de Wu Du. La photo est prise depuis le grand centre administratif, qui apparaît très vert, car les jadriniers travaillent sacrément bien… et que comme c’est une zone administrative, l’argent de l’influence ne manquent pas. On ne plaisante pas avec l’aspect administratif et gouvernemental, en Chine ! A droite, Cheng Xian, tout du moins une escapade dans les petites montagnes boisées.

Lanzhou est une ville engoncée entre des chaînes de petites montagnes, traversée par le Fleuve Jaune. Et c’est un sacré problème pour une ville champignon, clairement en développement. Pour ceux qui ont la chance de connaître les problèmes écologiques de Grenoble, vous avez tout de suite une idée claire de la situation : pour simplifier et rendre cette comparaison accessible au commun des mortels, Grenoble est une cuvette, généralement surplombée par un nuage de pollution qui ne peut pas être dégagé par les vents à cause de son encaissement géographique. Lanzhou était classée en 2012 la ville la plus polluée de Chine (devant Pékin/Beijing !). Poussière et pollution, voilà un duo qu’on évite en règle générale…

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Vue panoramique de la ville, depuis les montagnes au Sud. La couche de brouillard n’est pas une réplique des jeux vidéos N64 (les « vieux » trentenaires comprendront), c’est malheureusement l’athmosphère de la ville.

Et ce développement en cours, voire en gestation pour de grands projets (certains pharaoniques, comme raser une montagne !) se ressent, pour peu qu’on connaisse, même succinctement, d’autres endroits de la vaste Chine. Des centres commerciaux ne présentant que des boutiques ou ?succursale? de marques chinoises, c’est un indice. Mais on peut aussi pointer le manque flagrant de transports en commun (le métro, en projet, se fait bien attendre), l’état des routes et des infrastructures, un aéroport qui ne dessert pas grand chose et situé à une éternité des centres-villes. Centres-villes éloignés les uns des autres, car la ville serpente entre les montagnes et le fleuve, ce qui rend les transports (bus, taxis ou voitures) longs et inconfortables, sans parler de la circulation perpétuellement chargée.

développement

C’est sûr qu’on est loin de la photo émerveillée d’un toursite lambda. Mais c’est aussi ça, la Chine dans son aspect vivant et quotidien. Et un cauchemar pour tout électricien qui se respecte…

De plus, on ressent tout de suite l’éloignement avec les pôles chinois surdéveloppés : mode, manque de diversité des produits (ceci dit, le marché numérique et Internet vient à la rescousse !), plus faible ouverture au monde, marché assez fermé, etc.

C’est bien joli de jouer les rabat-joie, mais pourquoi bassiner mes trois lecteurs avec un sujet qui semble barbant ? Eh bien tout d’abord, présenter la Chine telle que je la découvre et l’observe. Ensuite, j’ai l’opportunité pour le moment d’observer les changements et développements d’une métropole (de 3,6 million d’habitants tout de même, hein ! Et mon chiffre date de 2010…). En effet, avecle projet lancé par le gouvernement de redévelopper la Route de la Soie, Lanzhou commence à être poussée par un énorme appui. Le but avoué est de rivaliser avec les incroyables centres du Sud et de l’Est. Et le français pourrait devenir un atout, plutôt qu’une curiosité culturelle. En tout cas, c’est ce que j’espère, parce que je risque d’y rester un moment, dans ce “trou” !

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Encore une photo du musée de Lanzhou. Et après, les braves gens se demandent quel est l’intérêt d’un tel lieu… Et je ferais comment pour illustrer mes propos historiques, sans ces photos, moi, hein ?!

Mais quel rapport entre cette ville et la Route de la Soie ? Alors, tout d’abord, cette route de la soie. Parce que figurez-vous, cher lecteur, que « la » route est en fait un réseau de routes, regroupées sous une appellation générale.

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Celle qui nous intéresse était une terrestre, pratiquée à pied, principalement, mais aussi à dos de chevaux, mules, yacks et chameaux, passant par une grande étape : Lanzhou. Ville stratégiquement placée à un endroit qui servait aussi de point de passage du Fleuve Jaune. La ville a donc une longue histoire et se situe sur un site proche de la Mongolie, donc parfois propice à retrouver des squelettes de dinosaures. Le musée -par ailleurs gratuit- de Lanzhou en présente donc plusieurs spécimens, sans parler d’une histoire somme toute intéressante, pour peu qu’on s’intéresse à l’histoire, l’archéologie et l’ethnologie.

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Un squelette d’un sauropode (oui, ces gros dino herbivores quadrupèdes au long cou et longue queue appartiennent à cet ordre, ignares !) que je n’identifie pas et le Cheval au galop volant, la pièce maîtresse du musée.

Ainsi, comme il est assez courant dans toute la région (au sens géographique le plus large), le cheval revient comme un des symboles les plus récurrents. Cheval, puisqu’on parle de population à la base nomade, similaire à ce qu’on pu être les mongols. Toutefois, la présence du Fleuve Jaune change la donne, pour une raison évidente. Un tel cours d’eau permet une installation et développement pérenne. Par ailleurs, les roues à aube ont été utilisées massivement pour permettre une irrigation importante.

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Je sais, l’appellation jaune est toute relative. Et à droite, une photo des quais, avec un espace exposant à l’air libre les anciennes roues à aube.

Mais puisque cette ville a servi de point de passage et de halte importante, ce qu’elle en a retiré à clairement et durablement modifié les habitudes chinoises traditionnelles : je veux surtout parler de la très marquante présence et influence de la religion musulmane. Les mosquées sont nombreuses et plus visibles que les temples bouddhistes et le plat emblématique de la ville consiste en un plat de nouilles au bœuf ou au mouton. Le porc fait rarement partie de ce qu’on trouve parmi les spécialités.

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De gauche à droite : une fondue avec son lot de plats, dont les ingrédients vont être plongés dans le bouillon (en commençant par la viande, pour des raisons gustatives), un verre de thé bien rempli et enfin une photo des cuisines, lors de la préparation de nouilles au bœuf.

En parlant de spécialités, citons une variante de la fondue chinoise (bien moins épicée que celle de Sichuan !), un thé qui ressemble plus à un patchwork qu’à une infusion traditionnelle des feuilles de thé : noix, bloc de sucre, fruits et différentes herbes et plantes. C’est assez sucré et plutôt doux, au final, mais je n’en ai trouvé qu’au restaurant -et de ceux avec un minimum de standing, pas dans un boui-boui-. Egalement, on va trouver plusieurs pièces de viande de mouton ou de chèvre.

Que voir à Lanzhou ? Le Fleuve Jaune est impossible à manquer, bien sûr et un ou deux ponts se différencient des conventionnels. Les rives sont aménagées pour offrir quelque espace vert et on y trouve quelques vieilles roues à aube. Je n’ai jamais mis les pieds dans une mosquée, donc je ne peux donner un quelconque avis.

Ce qu’on va trouver de pittoresque se situe à flanc de montagnes. Au Nord, un temple bouddhiste. Au Sud, il faut grimper, en particulier à partir d’un parc plutôt ombragé. Le col et le sommet proposent des espaces désormais -ré-aménagés (aménagements terminés depuis quelques années à peine) qui permettent de profiter de sympathiques panoramas.

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Un panorama un brin plus esthétique, depuis les hauteurs du Nord de la ville. Pour une fois, il y a du vert !

Ensuite, si on sort de la ville (mais un moyen de transport est alors requis), on peut trouver des petites montagnes boisées, avec parfois des ballades balisées (oubliez les sentiers façon GR, on est en Chine, ici) pour monter jusqu’aux jolis temples bouddhistes.

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Ici, une montagne à plus d’une heure de Lanzhou. J’ai eu la chance d’y passer juste après la tombée de la neige, donc les photos toutes blanches donnent un aspect fort poétique.

Je sais qu’un désert de dunes se trouve à proximité (un collègue espagnol y a fait un tour à moto), mais je n’ai pas vu ce chouette paysage de mes propres yeux.

En bref, Lanzhou, si la ville profite d’un essor économique et politique, elle pourrait devenir une métropole ouverte, développée et ayant surmonté ses points faibles, mais nous parlons d’un pari. Plusieurs villes ou régions ont été des échecs économiques (malheureusement souvent au prix de l’écologie, malgré les efforts et la prise de conscience progressive du gouvernement chinois), donc rien n’est garanti. Affaire à suivre, donc…

Ah, ai-je précisé que Lanzhou possède un climat très sec, qu’il peut y avoir des tempêtes de sable et de poussière, mais que quand il pleut, l’eau est huileuse et polluée ?… Je ne l’ai probablement pas mentionné, quelle tête de linotte je fais ! En gros, votre ordinateur portable ne va pas aimer le climat !

Xi’an

Il est assez évident qu’un visiteur ou touriste se rendra à Xi’an en premier lieu pour les si fameuses statues de terre cuite.
Je recommande absolument cette idée ! Par contre, sachez que l’armée de terracotta ne se trouve pas à Xi’an même, mais à environ 1h de route. Pour s’y rendre, la solution la plus normale est le bus.
Attention, ne soyez pas naïfs : un immense nombre de touristes se déplace chaque jour pour admirer ce trésor  archéologique. En tout cas pendant la haute saison touristique (je ne peux pas me prononcer pour le hors saison sur ce point), c’est plus attractif que Disneyland. Vous connaissez les queues avant chaque attraction ? Multipliez par X et vous aurez une idée du temps d’attente.
Petite anecdote : quand j’ai voulu visiter les lieux, je suis arrivé à la place de la gare centrale (le lieu de départ conventionnel) le matin vers 9h. Si ma fiancée (oui, je n’étais pas encore marié à ma charmante épouse en ce temps là) n’avait pas menti et magouillé en se faisant passer pour ma guide personnelle, nous n’aurions pas pu zapper toute la queue, monter dans un bus juste avant son départ et ainsi profiter de cette journée.
En substance : soyez matinaux !
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Parlons-en de la gare centrale… Blindé de monde, bruyante, tout le tintouin habituel… Mais la place de la gare, surtout de nuit, c’est vraiment un bijou !

Par ailleurs, l’armée de terracotta n’est pas la seule merveille du site. Faire l’impasse sur le somptueux palais de Huaqing (situé tout proche) serait une hérésie.
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Lié aux très anciennes sources, ce palais comporte d’innombrables bassins, mais j’y reviendrai à ce palais… oui je tease !

Pour l’armée, pourquoi s’est t-on fatigué à réaliser une telle flopée d’effigies, me direz-vous ?
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Allez-y, comptez, moi j’ai la flemme… Ah, et ceci n’est que le hall principal -et le plus important-, il y en a d’autres, hein, des fois que les additions soient votre fort !

Pour cela, un petit détour par des coutumes antiques répandues de par le monde et surtout pour les grands de ce monde à cette époque assez reculée de la nôtre…
Les funérailles étaient particulièrement importantes, car elles avaient tendance à déterminer ce que le défunt possédait dans le monde des morts. Les pharaons étaient ainsi momifiés (bon, comme ils étaient des incarnations divines sur Terre, il est normal de leur offrir le nec plus ultra de la préparation mortuaire), mais surtout, d’innombrables sculptures de soldats, paysans, serviteurs et animaux étaient enfermées dans des tombeaux qui se voulaient inviolables pour que le repos et possessions des morts ne soient jamais troublé ou dérobées.
Cet exemple ultra connu se retrouve un peu partout (celtes, incas, aztèques, vikings et j’en passe et des meilleures), y compris en Chine. Vous êtes grands, vérifiez donc mes dires par vous-mêmes !
A l’époque, ce grand conquérant qu’était Qin (oui, le fondateur de la dynastie Qin -IIIème sicèle avant J.C.-, bravo, vous êtes très forts !) Shi Huang (« huang » signifie jaune en chinois, le jaune étant la couleur symbolique de l’empereur), Qin Shi Huang, donc, voulait débarquer dans l’Outremonde avec toute son armée… donc il voulait que ses soldats le suivent avec lui dans l’après-vie. Sauf que… sacrifier des milliers d’hommes et la puissance militaire établie paraissait étrangement être  une idée quelque peu extrême à ses ministres et conseillers.
Bien sûr, à l’époque, impensable de désobéir à l’empereur. Ils ont donc rusé pour que le remplacement de soldats de chair et de sang en terre cuite soit acceptable et honorable.
Résultat 6-7 000 soldats grandeur nature (à l’époque tous peints) avec des visages tous différents réalisés, sans parler des chevaux et chariots.
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Quand on vous parle de site de fouille… ce n’est pas de la blague, énormément de niches sont d’ailleurs effondrées, donc beaucoup de statues sont en pièces détachées, les archéologues chinois jouent donc au puzzle. Sur l’image de droite (du côté où vous écrivez, en général, sinon tant pis), on distingue d’ailleurs les résidus de pigments de peinture.

Par ailleurs, le tombeau de l’empereur en personne n’a pas été encore découvert, ou en tout cas ouvert (selon certaines sources, l’emplacement de ce mausolée serait connu, mais l’Etat chinois souhaiterait attendre certains développements technologiques -je pense notamment à l’imagerie à travers les couches de matière- pour ne pas abîmer quoi que ce soit). Les recherches, de même que le travail de restauration des myriades de statues des guerriers est toujours en cours. Trouver (ou ouvrir, dans le cas avéré où la tombe est d’ores et déjà découverte) cette sépulture serait, avec la découverte de la cité d’El Dorado, deux découvertes archéologiques majeures du XXIème siècle.
Allez, continuons un peu à parler de cet empereur gentiment mégalo, parce que l’histoire est croustillante. Qin Shi Huang désirait bien sûr l’immortalité (quand on est empereur d’un Chine enfin unifiée et conquise, pourquoi se priver, hein. Oui, Cortex, la domination du monde, je sais, je sais -seuls les bénis de ma génération comprendront ce clin d’œil-). Il chargea donc le sorcier, érudit, explorateur (oui, un multi-classé, quoi) Xu Fu d’aller trouver de légendaires îles d’immortalité. Après un premier voyage infructueux, il repartit pour un tour et ne revint jamais (sûrement pour éviter la colère de l’empereur, un homme avisé, donc). Selon les légendes et sources il se serait établi et aurait plus ou moins fondé le Japon.
Qu’à cela ne tienne, l’empereur, toujours bel et bien décidé à rester immortel, et probablement de continuer à profiter de ses genre 48 concubines, testa d’autres traitements, notamment des perles rouges… donc composées de mercure. On peut facilement imaginer que ce liquide vaguement toxique pour le corps humain soit à l’origine de sa mort… Tant pis pour le « premier » empereur de la Chine ! (premier parce qu’historiquement, il ne serait pas vraiment le N°1, mais reste quand même le plus significatif).
(Re)Venons-en au palais de la dynastie des Tang (VIIème – Xème siècle),  puisqu’à cette époque, Xi’an était la capitale de la Chine (et à l’époque cette capitale se nommait Chang’an), et d’une Chine glorieuse, très ouverte (y compris d’esprit et de mœurs).
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Entre l’aspect délicieusement poétique de ce petit pavillon et le décolleté de cette robe, ne pensez-vous pas qu’on est loin de la représentation dictatoriale de la Chine ?

Ma femme, fort ronchonne sur ce point, n’arrête pas de me rabâcher que les japonais sont tous des voleurs, car les ambassadeurs japonais de l’époque ont ramené l’alphabet, le style vestimentaire et architectural (de l’époque) dans leur pays. Oui, oui, chérie, je ne contredirai pas que cette époque est considérée come un âge d’or pour la Chine, mais concernant le Japon… tu oublies un peu vite les siècles d’évolution qui ont suivi… ou ce qui a précédé…
Néanmoins, on peut tout à fait et facilement faire le parallèle entre la Renaissance italienne et l’influence politico-culturelle de la Chine à l’époque, pour simplifier.
Dans toute l’Asie, bien sûr, mais aussi vers l’Europe, notamment avec la route de la soie qui a été consolidée et protégée.
Part ailleurs, la place de la femme est actuellement vraiment très égalitaire sur le plan professionnel en Chine (une des conséquences évidente de la politique de l’enfant unique), moins sur le plan social, car elle a encore une position bien établie surtout à propos des tâches ménagères. Mais à cette époque, la femme était fort libérée et on peut revenir sur les canons esthétiques proches de ceux du XVIIème siècle en Europe.
Sinon, toujours dans cet endroit enchanteur, on peut apparemment profiter de feux d’artifices le soir, mais nous n’étions pas restés.
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Quelque chose du genre, je gage, mais là, il s’agit d’un spectacle son et lumières dans Xi’an elle-même. Et en été, oui, on se doute qu’en hiver, les foules se pressent moins dehors…

Ah, petite info fort utile pour les touristes : les souvenirs typiques (statuettes, magnets, etc.) de l’armée sont un peu moins chers sur place qu’en centre-ville. Oui, en plein centre touristique, on imaginerait spontanément le contraire…
Venons-en, au centre-ville. Pour peu qu’il fasse beau, vous n’avez aucune excuse pour ne pas profiter des murailles !  Entre leur excellente restauration, les spectacles en costumes (plus carnaval que d’époque, soit, mais l’intention reste bel et bien présente -pensez à prendre en compte les horaires, nous, on a loupé la représentation-), la possibilité de louer un vélo ou un tandem et de faire une ballade de 13,7 km -soyons précis, que diable !-, un beau point d’observation sur le reste de la ville, tout est réunit pour passer un vrai bon moment et essayer de retourner dans le passé.
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Pas de chance, il faisait bien venteux lors de nos pérégrinations, en plein soleil, ça doit valoir un autre coup d’œil !

De plus, l’accès aux murailles se fait aux alentours du vieux quartier touristique. Dommage de passer à côté de ces rues absolument traditionnelles, avec les boutiques proposant des bijoux et tampons de jade, du papier et des calligraphies, des souvenirs « basiques » (magnets, statuettes, figurines, etc.), des vêtements à l’ancienne…
souvenirs souvenirs

Souvenirs, souvenirs… tous en chœur !

Bon, impossible de ne pas préciser quelques points concernant le jade. On trouve des mines de jade à proximité, ce qui le rend abondant, mais comme les mines sont rares, ne rêvez pas, le jade n’est pas bon marché. Je devrais tout de suite corriger en précisant « le jade noble », car il existe differentes qualités du minéral. Je ne suis pas du tout géologue, donc je ne connais pas les techniques pour l’évaluer. Ensuite, il semble que le jade ne noircisse pas si il est léché par les flammes, donc vérifier si on n’est pas en train d’essayer de vous arnaquer via un briquet serait compréhensible, si ce n’est que je vois mal comment justifier ce genre d’action devant un marchand…
Ah, et un tips : il est tentant de vouloir acquérir un magnifique tampon de jade ou de pierre (à part la couleur -et encore-, je suis incapable de vous dire à quelle sorte de pierre j’ai eu affaire…), mais vérifiez que le vendeur puisse vous faire graver des caractères latins. Les plus petites boutiques n’ont souvent la technologie (par ordinateur) que pour graver en vitesse des caractères chinois. Trouver un graveur qui puisse accéder à une requête occidentale est par contre tout à fait possible, mais cela demande de poser quelques questions.
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Avouez que ça en jette ! Et autrement plus original qu’un éventail… D’accord, plus chez aussi !

Niveau historique, le musée de l’histoire du Shaanxi (le nom de la province) est franchement… pas mal. Alors, je précise tout de suite qu’une exposition permanente est payante, et en supplément je vous prie, mais qui propose de découvrir des fresques très  anciennes. A 100 ¥ (entre 10 et 15 €) par personne, je trouve cela un brin cher, donc j’ai fait l’impasse. Ayant vu le style des peintures en photo, je n’ai pas regretté ma décision, mais là, on entre dans le débat des goûts artistiques…
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Image qui n’est donc pas de moi, mais qui donne un aperçu…

Sinon, pourquoi dis-je que le musée (appartenant au top 10 des musées chinois) n’est que pas mal ?
Là, c’est l’ancien étudiant en muséologie qui parle ! La muséographie est vraiment vieillotte et pas toujours limpide. En gros, c’est vraiment le musée de grand-papa, les vitrines pourraient être nettoyées et les objets sont assez sortis de leur contexte (j’ai toujours du mal à vraiment me représenter une hache avec juste son soc/lame et pourtant je me targue de posséder une sacrée imagination). Les objets sont magnifiques, cela va sans dire, mais leur présentation est vraiment bateau, du coup un peu barbante (et je sais de quoi je parle !), ce qui est vraiment regrettable. Bon point toutefois, les légendes sont pratiquement toujours présentes en anglais, à quelques rares exceptions près (exceptions que je n’explique pas, ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais fichtre rien !).
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Non, Mesdames et Messieurs les rôlistes, ceci n’est PAS un d26 , mais bel et bien un tampon de haut dignitaire bien pratique, pour éviter de collectionner les babioles inutiles sur son bureau (et je sais de quoi je parle !).

Je n’ai pas beaucoup d’autres recommandations, car je n’ai pas eu l’occasion de visiter plusieurs des nombreux parcs et anciens bâtiments, qui parsèment la ville, mais qui sont souvent assez excentrés et demandent en moyenne une bonne heure de trajet aller (en métro ou bus, hein, pas à pied !).
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Pour y être aussi allé en hiver, je peux dire que s’il neige, c’est magique ! Par contre, je n’avais pas les vêtements ou godasses appropriés, donc gambader dans les jardins couverts de neige… non, tant pis. Zut, tout de même, ça doit être un régal pour les yeux !

Il y a aussi apparemment des bains, un peu à la romaine ou à la turque. Ayant visité Budapest, j’ai hâte de repartir vérifier !
Sinon, comme la ville est extrêmement développée, elle est assez polluée. On trouve par contre les immenses centres commerciaux propres au mégapoles, de façon évidente, je ne pense pas avoir besoin de développer ce point, surtout qu’aucun gratte-ciel n’est extraordinaire ou mémorable. Non, je ne suis pas blasé, certainement pas, même, mais on ne trouve pas de concombre comme à Londres, de porte de la défense comme à Paris, de Chrysler Building comme à New York, ou de boxer comme à Pékin/Beijing. Et ce n’est pas Dubai non plus.
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Mais tout de même, des coins comme la Tour de la cloche, le soir, ça ‘est vraiment pas courant, même en Chine !

Les spécialités culinaires sont par contre assez chouettes. Les plats de pâtes sont innombrables, mention spéciale pour les pâtes aux épinards que j’ai découvertes par hasard dans un boui-boui, alors que mon estomac criait famine !
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De formidables nouilles aux épinards, faites maison, et un « kebab chinois », dont vous pouvez lire le nom parce que je prends des photos pour vous instruire, ne me remerciez pas, c’est un plaisir !

Sinon, il y a ce que j’appelle le « kebab chinois », à savoir un petit pain rempli de viande façon rillettes. Oui, ça ne ressemble que très vaguement à un kebab (surtout qu’il n’y a pas de garniture), mais au moins, je me fais parfaitement comprendre. Ah, je recommande de toujours prendre la version sans gras, qui coûte juste 1 ¥ de plus, mais sinon, ce casse-croûte est vraiment indigeste pour nos petits estomacs fragiles. Ah (oui, le deuxième « ah », merci, je sais encore compter), normalement c’est un petit-déjeuner.