Londres + New York + Chine = Hong Kong

« Bonjour Monsieur. Petite question : la Chine, pour vous, c’est quoi ?

 – La Chine ? Heuuu, alors c’est, ben c’est des bridés qui font que du commerce, qui mangent du riz avec du poisson, là, des sushis et puis des nouilles. Et pis ils aiment bien ces petites bandes-dessinées écrites sur du papier toilette, et puis ces dessins animés violents. Et pis, ils copient tout et font de la camelote à partir des produits bien de chez nous, les produits occidentaux, quoi. Et pis ils sont tout le temps connectés à Facebook, à Youtube et tous ces réseaux sociaux. Et pis ils vivent entassés dans des villes surpeuplées. Les chinois en Chine, quoi.

 – Vous parlez des hongkongais, n’est-ce pas ?

 – Euh, des chinois.

 – Non, non, des hongkongais. Merci pour votre très juste avis, Monsieur et au revoir.

– … »

 

Alors, une ville ultra moderne, ultra ouverte sur le monde occidental, ayant largement accepté une bonne part de la culture japonaise moderne ou contemporaine et utilisant plus qu’à leur tour les réseaux sociaux occidentaux, ça existe ? Mais oui et on parle bien de Hong Kong !

 

Petit retour en arrière. En 1839, la Grande-Bretagne envahit la Chine et un des premiers actes des britanniques sera d’occuper Hong Kong (plutôt inhabitée à l’époque). C’est le début de la première guerre de l’opium. La Chine cède l’île de Hong Kong en 1841, lors de la négociation du processus de paix. En 1842, le traité de Nankin est signé, mettant fin à la guerre. A partir de ce moment, cette nouvelle colonie connaît un bel essor, servant de relais commercial majeur. En 1898, la Grande-Bretagne obtient un rallongement de 99 ans concernant la possession de l’île. En septembre 1984, après des années de négociation, les deux pays se mettent d’accord pour qu’en 1997, l’île soit reprise par le gouvernement chinois, sous certaines conditions, notamment économiques. Tout se passe comme prévu et le 1er juillet 1997, Hong Kong redevient un territoire chinois.

Sauf que…

Sauf qu’on ne se croit pas vraiment en Chine quand on débarque à Hong Kong !

P1150829

Vous la sentez, la puissante influence chinoise et asiatique, ici ? Blague à part, Hong Kong de nuit est un plaisir lumineux ! Et je viens de Lyon, moi, ma bonne dame, les illuminations (du 8 décembre), je sais ce que c’est !

Déjà, petite précision ou anecdote personnelle, je suis parti à Hong Kong pour changer de visa, afin d’obtenir un visa de travail. Parce que oui, j’ai dû traverser une bonne partie de la Chine pour me rendre dans un consulat chinois (le plus proche et accessible depuis Lanzhou –non, je ne me suis pas rendu en Mongolie-). Oui, je répète, aller à Hong Kong pour me rendre dans un consulat chinois. Chercher l’erreur administrative.

Et j’ai vite compris pourquoi. En voyageant en train (je passe sur la longueur du voyage, les voyages en Chine auront droit à un article à eux tous seuls), passage à un poste frontière et douane. Déjà, clairement l’impression d’arriver dans un autre pays asiatique.

Impression renforcée car on parle le cantonnais dans la rue, donc un dialecte différent du mandarin. Et on paye en HK$ (dollars de Hong Kong), donc on change aussi de monnaie. Bon, ce n’est pas trop compliqué, parce que le taux entre le yuan et le HK$ est pratiquement équivalent. Ouf, pour une fois qu’on m’arrange un peu la vie…

bon gout

Ceci dit, dépaysement ne veut pas toujours signifier bon goût… Je laisse le soin aux amateurs de licornes arc-en-ciel le soin de se régaler, les autres, vous pouvez continuer votre lecture.

Et évidemment, la population et l’écriture rappellent clairement que nous sommes en Asie, mais il vaut mieux, car pour le reste, on se croirait à Londres ou New York. Londres pour le respect des règles, particulièrement dans la circulation où on roule à gauche, et les files dans le métro où l’on respecte les gens pressés, où l’on attend que les voyageurs sortent des rames avant d’entrer dans le wagon. Bref, le côté très respectueux de l’Angleterre est resté très ancré dans la mentalité et culture des lieux. Et avec les gratte-ciels vertigineux, comment ne pas penser aux métropoles américaines, avec en premier lieu Manhattan (elle-même située sur une presqu’île, l’impression est souvent assez proche, si on excepte le relief bien plus montagneux de Hong Kong, qui n’a rien à voir avec la Grosse Pomme).

Face à l’habitude chinoise de (se) bousculer, malheureusement souvent impolie, le changement est assez frappant.

Ensuite, on sent vraiment la différence dans la rue, l’ambiance est vraiment très occidentalisée, et je ne parle pas du très grand nombre d’occidentaux présents dans les rues (entre les habitants, travailleurs et touristes). La communauté française est d’ailleurs extrêmement nombreuse, c’est même une des communautés étrangères les plus importantes. Avec 500 000 expatriés, hormis les asiatiques du Sud-Est et les britanniques, la communauté française se taille une part du lion. Dans tous les cas, ici, on joue les businessmen façon haut standing (le quartier de Wall Street n’est pas loin !) et le costard ou le tailleur est souvent de mise.

nuit HK

Tout de même, il serait fort dommage de se priver des joies de la vie nocturne de Hong Kong, elle est assez trépidante. Je conseille malgré tout d’éviter la ballade en jonque, c’est un attrape-touristes (même si, comme à Venise, cette manne permet à ces bateaux si typiques de continuer à naviguer). En tout cas, à Hong Kong, on se couche tard et la magasins ferment souvent vers 22 h.

Du coup, mon lecteur pourrait imaginer que Hong Kong manque de personnalité. Personnellement, je trouve que c’est justement cette très grande occidentalisation et cette proximité avec la culture et l’architecture occidentale, mais à l’hongkongaise, qui fait que Hong Kong est tellement particulière.

Où ailleurs peut-on trouver autant de magasins de produits d’importations (rappel, les biens à Hong Kong sont détaxés), avec parfois des prix même inférieurs à ceux de l’Europe ou des U.S.A., des restaurants d’absolument toutes les spécialités du monde (toutefois, la cuisine japonaise y est fort représentée), les marques de tous pays s’entremêlant joyeusement. Pour un amateur de shopping, on y trouve de sacrés affaires ou surprises, même si tout demande du temps et de quand même bien se renseigner.

Petit bémol, si Google et Googlemaps fonctionnent sans problème, toutes les données ne sont pas toujours à jours. Par exemple, je cherchais des boutiques de livres d’occasion, sur les 3 obtenues via le moteur de recherche, 1 avait fermé depuis un moment, 1 est restée introuvable et la dernière était fermée (pour les vacances).

sexe

Roooh, le rabouin, il montre des photos osées pour appâter le chaland. Assurément, j’ai un blog à faire tourner, moi ! N’empêche, quand on pense qu’en Chine, l’érotisme est censuré, découvrir des sex shops, des salons de massage où on propose au passant d’appétissantes donzelles proposant de multiples services, ou encore des stands comme au marché proposant des sex toys à la place de tomates, la différence est plutôt frappante.

Par ailleurs, on sent l’immense liberté de mœurs dans la ville. Que ce soit le sexe, l’ouverture au mode de vie occidental ou japonais (toute la japanimation est bien plus populaire qu’ailleurs, où la culture japonaise va toujours de pair avec une certaine rancœur concernant les exactions japonaises durant la seconde guerre mondiale –et surtout que le Japon n’a jamais présenté d’excuse face aux massacres envers la population civile chinoise-), ou tous les produits de contrefaçon, on sent que la règle est claire : ici, on fait des affaires et l’argent est roi.

japon

Cosplay et Japan expo, inspirations diverses et figurines de mangas et d’animes dans les magasins, les amateurs seront aussi ravis que méfiants : veuillez à observer attentivement la qualité de vos achats, les contrefaçons vont du grossier à l’excellent, se mêlant aux produits officiels importés du pays du soleil levant. Toujours est-il que le japon rayonne autant que l’occident à Hong Kong !

De plus, comment oublier l’importance du cinéma dans cette ville. Tant de films asiatiques connus en occident sont issus du cinéma hongkongais. Bruce Lee, bien qu’américain, est une figure emblématique de ce type de cinéma et les hommages aux grands réalisateurs ou acteurs chinois sont ici nombreux. Il y a un petit côté Hollywood bel et bien présent.

P1150862

Si on est fan de cinéma, un détour à l’Avenue des stars s’impose. Outre la statue de l’idole, on trouve les empreintes des mains de très grands noms du cinéma (Jackie Chan, Maggie Cheung, Michelle Yeoh, Jet Li, Wong Kar-wai, pour ne citer qu’eux).

 

Par ailleurs, le poste de police de Yau Ma Tei est très célèbre dans la filmographie des films policiers, d’action et de nombreuses séries télévisées. On le retrouve dans, notamment, Young and Dangerous, Armed Reaction, Infernal Affairs, Lives of Ommision, Lee Rock et Special Branch (merci à ma charmante épouse pour la liste clairement non exhaustive !).

Les attractions touristiques sont par contre très chères (rien que prendre le funiculaire pour monter au sommet du pic Victoria demande pas moins de 45 HK$ -5 €- pour une dizaine de minutes et par personne, ai-je besoin de le préciser ?). Je passe donc sur les Ocean Park et Disneyland que je n’ai pas visité qui m’intéressaient très peu de toute manière.

Ensuite, la vie est chère. Si le repas moyen reste apparemment très abordable pour un touriste occidental, j’ai vécu depuis quelques temps en Chine et je peux assurer que le rapport qualité/prix n’est pas au top. Les prix sont très exagérés et j’ai eu le témoignage d’un habitant du cru qui était assez désespéré par le prix de l’immobilier, il expliquait que sa compagne et lui-même, tous deux salariés et de classe moyenne, devait partager un petit appartement en colocation avec un autre couple. Bref, prenez cela en compte si vous comptez vous installez dans cette ville assez fascinante. Un certain nombre de personnes prennent le train (les trains à grande vitesse relient plusieurs villes continentales, comme Shenzhen ou Canton), mais cela signifie passer beaucoup de temps dans les transports (oubliez la voiture, la circulation est assez surchargée), sans parler du contrôle aux postes frontières. Dois-je aussi indiquer que tous les produits vendus aux touristes, même (et bien sûr) les contrefaçons, auront droit à leur gonflement de prix ? Franchement, pour tous ceux qui veulent s’installer là-bas, mieux vaut avoir le sens des affaires.

habitation

Les logements sont pratiquement des clapiers (la faute à un prix du mètre carré disproportionné) et une circulation automobile très dense (qui signifie aussi forcément pollution). Hong Kong est une île, tout est très serré et encombré. Soyez prévenu.

Pour ce qui est des spécialités locales, les amateurs de poisson et de fruits de mer pourront se régaler. Les assiettes de crustacés, les poissons et tout l’aspect de la cuisine japonaise (elle aussi très marquée par les produits de la mer) y est évidemment prépondérant. Toutefois, ce fatras de petits restos fait vraiment le charme et le jeu de la ville. Bien sûr, dans les grandes allées à touristes, la qualité et quantité des plats est pratiquement identique (du moyen au bien), mais pour peu qu’on joue aux explorateurs, on peut tomber sur de petites perles purement locales, où non seulement la nourriture est bonne, mais où les tarifs sont enfin attractifs. Reste les très nombreux restaurants avec une addition conséquente, mais où le gourmet est sûr de se régaler, puisque la cuisine orientale et chinoise s’est inspirée de certains produits et habitudes européennes (pas uniquement britanniques), comme par exemple la moutarde (oui, trouver de la moutarde dans un plat chinois est assez surprenant, mais pour peu que le cuisiner soit compétent, ce peut être un vrai plaisir gustatif).

Petit aparté sur la Révolution des parapluies, qui a attiré assez l’attention, notamment en France (évidemment, des chinois qui manifestent pour la liberté, notamment politique, ne peut manquer d’attirer l’attention francophone). Du point de vue de mon interlocuteur chinois, la situation a été assez exagérée. Déjà, lui m’expliquait qu’il règne à Hong Kong une assez forte intolérance envers les chinois, pour ne pas dire une méfiance qui peut être pesante pour un citoyen chinois. De plus, les manifestants étaient principalement les jeunes et appartenant à la classe moyenne et supérieure. Peu d’adultes et de travailleurs y auraient pris part (business is business, il ne s’agirait pas de manquer quelque bonnes affaires commerciales, et les adultes sont en général bien assez occupés à travailler, sans parler de la classe la plus modeste, qui ne peut guère se passer d’une journée de salaire. En plus, selon mon interlocuteur, ce mouvement était finalement peu informé des réalités politiques. J’avais un peu l’impression d’entendre parler des manifestations lycéennes en France : des jeunes avides de changement et assez idéalistes, mais avec des revendications qui semblent parfois fantaisistes ou irréalistes, et qui ne considèrent qu’une minorité de l’ensemble de la population. Ce témoignage était franchement intéressant, car il contrebalançait beaucoup les nouvelles qui avaient été présentées dans notre vieille Europe.

En conclusion, si vous voulez découvrir une Chine ultra libre, ne pas être privé de votre accès perpétuel à Facebook, Twitter et que vous ne jurez sur Internet que par Google, que vous voulez profiter de toute la vie trépidante d’une métropole et que vous vous inquiéterez que sans l’anglais, vous seriez perdus, Hong Kong est faite pour vous. Et elle vaut vraiment le détour !

Publicités

Beijing

Qu’est-ce que c‘est que ce nom ? Eh bien tout simplement le nom chinois de la capitale, connue par les francophones comme étant Pékin. 北京, littéralement « la capitale du Nord » 北 –běi étant le Nord- 京 –jīng la capitale-.

Un brin d’histoire : En effet, contrairement à ce qu’on imagine de prime abord, la capitale historique de la Chine est Xi’an, où se trouve d’ailleurs l’armée de terre cuite (cette ville incroyable aura droit à son propre article). A la base, Beijing était une garnison, une ville frontière face aux incursions « barbares » venues du Nord, principalement des mongols. En 1153, la dynastie Jin en fait sa capitale, avec le nom de Zhongdu (« la métropole ou capitale du milieu », -zhōng signifiant milieu, dū signifiant métropole ou capitale-).

480_1375x945_379_82d6d0ef1fa22dad2e83c4d7c8edce3c

Une représentation de ce que devait être ce genre de cité-garnison

En 1215, l’armée mongole de Genghis Khan envahit la cité et la dynastie qui prend le contrôle de la Chine, les Yuan, font de Dadu la nouvelle capitale de la Chine (-dà signifiant grand et dū étant encore métropole ou capitale-). Avec la dynastie des Ming, la cité perd son statut de capitale, pour être renommée Běipíng (-běi, le Nord et píng, la paix-). Toutefois, en 1421, la cité, cette fois portant son nom actuel – Běijīng-, redevient la capitale, avec la Cité Interdite achevée devenant ainsi la demeure impériale. C’est la base de la cité qui est désormais mondialement connue.

P1140912

Et une très belle maquette… hem… new-yorkaise… de ce que devait représenter pareille métropole à l’époque de nos chevaliers et rois de France ! Non, en ne trouve pas tout en made in China !

Du coup, j’ai tendance à considérer que, à l’échelle de l’histoire chinoise, Pékin est une capitale très moderne. Certes, elle possède ce statut depuis le Moyen-Age, mais beaucoup de gens imaginent Pékin comme une capitale millénaire, ce qu’elle n’est à vrai dire pas, malgré sa longue et trépidante histoire !

 

Venons-en un peu au fait, Pékin, c’est 21 150 000 habitants et 16 410 km². A titre de comparaison, Paris compte 2 220 445 habitants s’étend sur 105 km². Si on se réfère à la région parisienne, qui compte 12 475 808 habitants, on doit doubler cette population pour habiter une des villes les plus peuplées au monde (classée 11ème). Juste pour replacer un peu l’immensité, Pékin compte 6 boulevards périphériques. Cette immensité et cette population de fourmilière est d’ailleurs un des éléments qui frappe le plus lorsqu’on pénètre dans pareille gigapole.

P1110045

Je vous rassure, il n’y a pas grand monde dans la rue sur cette image. C’est même… un peu vide. Avis aux agoraphobes, Pékin n’est pas pour vous !

Que faire et qu’y trouver ? Tout d’abord, comme un peu partout en Chine, vous devrez malheureusement oublier votre maîtrise de l’anglais. A part les étudiants, les businessmen et les guides touristiques, peu de monde finalement maîtrise la langue de Shakespeare ! N’attendez pas que les réceptionnistes d’hôtels vous répondent spontanément avec autre chose que le mandarin. Certes, et notamment depuis les JO de Pékin de 2008, bon nombre de panneaux sont écrits en anglais et le pinyin (l’écriture romaine du chinois) aide absolument pour s’y retrouver, mais la barrière linguistique sera de taille.

P1110090

Alors, oui, on peut lire (sans l’accentuation qui fait la difficulté du chinois, bien évidemment) et c’est pratique pour s’y retrouver sur une carte, mais de là à comprendre… c’est une autre paire de manches !

L’idéal est clairement d’avoir un guide. Bien sûr, tout le monde n’est pas mariée à une autochtone, qui a d’ailleurs passé quelques années d’études à la capitale ! Je conseille vivement de rejoindre un petit groupe et de choisir typiquement un des 2 parcours touristiques proposé par n’importe quelle agence locale : l’intramuros et l’excursion à la Grande Muraille.

Bon, je préfère l’indiquer tout de suite, je n’ai jamais eu l’occasion de visiter la merveille qu’est la Grande Muraille. Je ne le regrette qu’à moitié, étant donné qu’une journée entière est nécessaire pour effectuer l’aller-retour et la visite de l’espace accessible au public. Durant les 2 fois où j’ai eu la chance de visiter la capitale, réserver une journée entière pour l’excursion était trop dommage. Néanmoins, le visiteur doit savoir que sa visite se fera au milieu d’un très grand nombre d’autres curieux, donc tant pis pour les photos vides de monde. Apparemment, c’est digne de Disneyland.

Par contre, la construction de cet immense édifice défensif s’est étalonnée sur un temps absolument conséquent et de nombreuses dynasties ont participé à son agrandissement. Ce n’est donc clairement pas le travail d’une seule période ou la décision d’un seul empereur. Toutefois, les plus anciennes parties remontent tout de même à 221 avant Jésus Christ, avec la décision de la dynastie Qin. L’anecdote amusante est que son usage militaire défensif à (très) grande échelle ne fut jamais vraiment absolument efficace. Soit parce que certains empereurs menèrent la guerre au-delà de ce mur, soit que les mongols ou mandchous la franchirent, soit que lors de l’invasion de ceux qui établirent finalement la dynastie Shun, les portes les plus cruciales furent ouvertes aux envahisseurs (si vous voulez plus de détails, cherchez donc l’histoire de la Grande Muraille en l’an 1644, et du chef de guerre Li Zicheng.

Toutefois, elle était très efficace pour bloquer le passage des chevaux, donc elle permit sûrement une amoindrissement sensible de raids et de pillages.

muraille

Bref, ces murailles formidablement hautes repoussant des monstres, c’est bien un film… amusant au demeurant, mais bien peu sérieux, surtout que la hauteur des murailles variait entre quelques mètres (genre 2,50-3 m et moins d’une dizaine de mètres, 7,5 m en moyenne).

Reste la visite intramuros des merveilles pékinoises : la Cité Interdite, le Temple du Ciel et l’ancien palais d’été des Qing. Faisons simple : ce sont des merveilles, même si le monde sera toujours en rendez-vous. Par ailleurs, ces édifices ont généralement été rénovés juste avant 2008, donc ils sont dans un état exceptionnel.

P1100898

Mon appareil photo était en rade lors de la visite de ces perles architecturales et historiques. Alors, grâce à un habile tour de passe-passe, je place une photo du temple bouddhiste de Yonghe (qui est absolument splendide et un vrai lieu de culte pour beaucoup de monde)… Ni vu ni connu !

Toutefois, je tiens à préciser une information que je n’avais pas eue lors de ma visite de ces trois sites : si on utilise comme je l’avais fait un guide, celui-ci vous mènera dans les boutiques de luxes, afin que le touriste dépense son argent dans des endroits comme des magasins de perle, de soie, de thé. Comme mes compagnons de voyage, j’ignorais que ces passages étaient « obligés » (les arrangements entre les organismes de voyage et ces commerces permettent en effet d’obtenir des tarifs fort attractifs), donc, même si vous n’achetez rien, votre guide fera des pieds et des mains pour vous retenir dans de tels lieux (et juste jeter un œil et quitter ces boutiques pose quelques problèmes). Voilà, vous êtes prévenus de ces petits programmes, qui n’apparaissent pas vraiment dans le programme !

Je profite de cette explication pour en venir aux boutiques attirant… les touristes. Je veux parler des magasins où on vous vendra de magnifiques costumes, des boutiques de marques de vêtements occidentaux et de thé, parfois regroupés en centre commerciaux possédant Burger King, Pizza Hut et autres bars à l’australienne. Fuyez (pauvres fous) ! Blague à part, il n’y a aucun intérêt. Les prix des articles comme des menus sont prohibitifs, sans compter que pour les fast foods, les quantités de nourriture réduites par rapport à l’Europe et puis… franchement… est-ce bien la peine de faire un si long voyage pour manger la même malbouffe (avec une qualité qui peut ne pas être aussi stricte que l’européenne) que celle dont on peut profiter à n’importe quel moment ?

P1110109

Franchement, elle vous manque tant que ça, votre malbouffe ? (j’avoue, à l’époque, en 2014 -oui ça remonte à trèèèès loin-, un seul Burger King avait ouvert en France, à Paris.Ça passe comme excuse, vous croyez ?!

Franchement, pour faire de bonnes affaires, il faut viser les magasins, grands magasins et centres commerciaux chinois. Dans le centre, on en trouve en grand nombre. Les fringues pourront être nettement plus originales, les prix potentiellement plus abordables et profitez-en pour jeter un œil aux fashion victimes chinoises ! Beaucoup de chinois sont dingues de vêtements. Par contre, sachez que les prix, même avec étiquettes, se négocient pratiquement toujours. A moins d’être dans une grande enseigne, ne payez pas plein pot ! L’idéal est de profiter d’un bon guide ou de parler le mandarin, afin de faire baisser le prix d’un quart, potentiellement même d’un tiers. Au niveau du commerce, j’ai souvent l’impression que les habitudes des chinois sont proches de celle de l’Afrique du Nord. Négocier fait partie du jeu, à moins de vouloir être une vache à lait…

fashion victim

Après le démon du jeu et du sexe, celui de la mode. Admirez…

Par ailleurs, pour la nourriture, franchement, Pékin n’est pas l’idéal. Je nuancerai ces propos car j’y ai goûté de l’âne qui y était succulent et leur yaourt vaut le détour (il ne coûte rien et après un repas épicé, Dieu que ça fait du bien !). Ensuite, je ne m’étendrai pas trop sur le canard laqué ou même encore moins sur les lamelles d’estomac de vache. D’une, parce que je n’ai pas eu l’occasion de goûter un vrai bon canard laqué (juste goûter le plat est facile, on en trouve partout, trouver un bon restaurant l’est moins), de l’autre, parce que je n’ai vraiment pas pu terminer mon plat d’estomac. Rien que l’aspect dans l’assiette… Ça ne ravira pas tout le monde.

bouffe

Alors, comme je ne suis pas amateur de Food Porn (aaah, l’imagination et la poésie américaine, où s’arrêtera t-elle donc ?…), je propose pour distraire mon bon lecteur une magnifique entrée de restaurant (oui, il y a des lanternes rouges et un tapis rouge, mais rien à voir avec les « quartiers rouges » japonais ou d’Amserdam !) et surtout, un magnifique placement de produit d’une marque bien connue par chez nous, l’eau C’estbon. Oubliez Evian !

Malgré tout, je recommande de considérer Pékin de la même manière qu’une énorme cité ultra moderne, parfois encore plus vertigineuse que Manhattan. Pensez d’ailleurs à faire un tour près du « boxer », le siège de CCTV, LA chaîne chinoise par excellence. Et ne pas faire un tour du côté du parc olympique, judicieusement réutilisé comme espace public ou de spectacle, serait dommage !

pékin

Le grand stade et la piscine olympique, de nuit, sont vraiment des bâtiments impressionnants, avec leurs éclairages respectifs. De son côté, le boxer attire vraiment l’attention, avec son choix de géométrie plutôt hors norme.

 

Par ailleurs, si je passe volontairement sur la place Tian’anmen (quel visiteur n’ira pas jeter un œil à cette si fameuse place ?), j’en profite pour glisser qu’aborder le sujet n’est plus un tabou en Chine. Ceci dit, la plupart des chinois n’ont pas tellement de connaissances concernant la manifestation, étant donné que –sans surprise- ce n’est pas un évènement vraiment abordé lors de la scolarité.

Par contre, je me permets quelques explications sur les hutong, étant donné que ces espaces traditionnels sont en « voie d’extinction ». Logique, et ce pour plusieurs raisons : La première, c’est malheureusement la relative insalubrité des lieux. Franchement, c’est triste. Et la seconde, évidemment, est qu’en plein centre de la capitale, ce sont des lieux absolument prisés par les promoteurs immobiliers, qui rêveraient de construire des immeubles à la place. On peut difficilement leur en vouloir, étant donné la demande du marché immobilier et les prix ahurissants des logements.

P1100933

Du coup, un certain nombre de hutong sont de grands rassemblements touristiques. Un conseil, n’achetez rien là-bas : les prix sont vraiment gonflés et tout ce qui est nourriture manque de goût (je ne parle même pas des macarons, pour les macarons, vous attendez de retourner en France -et si vous n’habitez pas en France, eh ben passez-y donc des vacances gastronomiques !-).

Mais venons-en un peu à l’explication de ces demeures traditionnelles, qu’on fait remonté jusqu’en 1267. Les hutong sont ces rues ou allées qui donnent sur les siheyuan, ces espaces de vie composés d’une cour intérieure et de trois habitations, le tout entouré par un mur. Ces habitations suivent d’ailleurs le modèle très géométrique des points cardinaux. En général, ces demeures étaient habitées par des familles plutôt aisées, mais servaient aussi beaucoup à rassembler les familles des mariés. Bref, le rêve de tout homme : vivre avec sa belle-mère au pas de sa porte et la joie pour l’épouse de supporter le regard inquisiteur de sa propre belle-mère !

siheyuan

Oui, avec un schéma façon Powerpoint, pour faire sérieux et érudit. C’est important, de soigner son image d’intello, quand on est prof !

Par ailleurs, comme beaucoup de demeures ou bâtiments respectant toujours les us et coutumes et la superstition chinoise, les portes sont gardées par deux gardiens. Généralement des lions (les fameux « lions ou chiens de Fô », on peut trouver aussi pêle-mêle des taureaux, des éléphants, des tigres, des chameaux, des tortues, des créatures mythologiques (dont je n’ai, à mon grand regret, pas toujours pu obtenir les noms)… Mâle et femelle (le mâle posant sa patte sur une boule qui représente le monde, la femelle ayant la patte posée sur sa progéniture). Ces gardiens protègent en effet les demeures (mis aussi les entreprises –et les banques, jamais avares d’imposantes statues-) des mauvais esprits et de la mauvaise fortune. Des plus magnifiques au plus simples, en passant par les plus « baroques », c’est un vrai jeu que de distinguer les formes, les matériaux et les styles adoptés.

foo

Jeu : dans cette image se cache un souvenir au milieu des gardiens. Sauras-tu le retrouver ? (Aaaah, l’apprentissage ludique, y’a que ça de vrai !)

La pollution. Point malheureusement immanquable, malgré les efforts du gouvernement pour délocaliser énormément d’usines sur l’ensemble du territoire chinois, Pékin est vraiment très, très, polluée. Cette couche de grisaille risque de vous décevoir, surtout si vous arrivez en plein été (rassurez-vous, la pollution ne diminue en rien la chaleur étouffante d’un été pékinois !) et que vous comptiez sur de magnifiques photos ensoleillées…

cité

Oui, c’est bien une vue de la Cité Interdite… Encore mieux qu’à Grenoble ! Et pour l’anecdote qu’on peut essayer de placer en soirée mondaine, pour séduire cette magnifique jeune fille fascinée par l’exotisme oriental : sur l’image de droite (qui n’est pas une photo de la Cité Interdite, je me dois de le préciser), on distingue une allée centrale (qui est entièrement sculptée, celle où ces gosses font du toboggan, ils ne respectent rien, les petits vandales !), tandis qu’on trouvera aussi un passage à gauche et à droite. Ce passage était réservé à l’Empereur (quiconque violait se privilège s voyait décapité, hormis quelques rares exceptions). Le passage de l’Ouest (gauche) était réservé à la famille impériale et celui de l’Est (droite) ministres et fonctionnaires. Fascinant, n’est-ce-pas ?