Campus universitaire

Vaste sujet, qui pourra surtout intéresser les étudiants qui voudraient étudier en ce vaste pays.

J’ai eu l’occasion de découvrir 2 campus, pour des raisons très différentes, un de ceux de Harbin et de Lanzhou. Je précise tout de suite « un de ceux », étant donné que la plupart des grandes villes chinoises possèdent plusieurs universités, donc plusieurs campus.

Pour ceux qui imaginent un campus à l’américaine, vous pouvez être sûr que vous êtes en deçà de ce que représente ce genre d’endroit en Chine. C’est un véritable petit village à chaque fois. Que ce soit les multiples bâtiments regorgeant de salles de cours, les bâtiments administratifs qui dament le pion aux immeubles français et le fait que les professeurs ont la possibilité d’habiter au sein du campus avec toute leur famille ou tous les multiples commerces qui se trouvent dans ces hectares, sans parler des petits parcs, espaces verts ou terrains de sport, la population à l’intérieur est variée et diverse, allant de l’enfant à la personne âgée.

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Oui, entre un plan de campus et une partie de Simcity, la différence n’est pas immédiate !

Immanquablement, les campus sont très peuplés.

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Quand je parle de foule, je n’ai vraiment pas l’impression d’exagérer !

La masse d’étudiants présents, remplissant les dortoirs, est vraiment impressionnante. En effet, un étudiant vit en général dans une chambre appartenant à un immense dortoir. Si le sentiment de liberté et d’indépendance pour tous ces jeunes est très important (pour l’immense majorité, c’est la première fois qu’ils quittent le cocon familial), pour un européen, les conditions de vie ne vendent pas du rêve : les dortoirs sont déjà évidemment séparés entre garçons et filles.

En effet, à l’heure actuelle, la culture chinoise reste (officiellement) très guindée, particulièrement en ce qui concerne le couple et plus particulièrement le sexe. J’écris « officiellement » car la nouvelle génération chinoise est tout à fait comparable à la génération occidentale actuelle, ou au moins post-soixante-huitard. Les relations ne diffèrent à mes yeux pas fondamentalement entre un jeune couple chinois et un européen. Par contre, pour l’ancienne génération (celle de leurs parents), les choses sont radicalement différentes et ressemblent beaucoup à la vision des adultes avant la révolution des mœurs et sexuelle de mai 68. Le plus incroyable à mes yeux est qu’aucune révolution n’a accompagné ce mouvement. C’est selon moi un des exemples de l’adaptabilité extrêmement rapide de la société chinoise au reste du monde. Face à ces chamboulements, la seule solution des adultes et des parents semble être un aveuglement difficilement compréhensible pour un occidental. Bref, le « pas de sexe avant le mariage » et « un enfant avant 25 ans » semble être clairement toujours désiré par les familles.

Et quand je parle d’aveuglement, c’est qu’il existe déjà de tas d’astuces pour les jeunes étudiants pour se « rencontrer » en dehors des regards vigilants des concierges, mais aussi que de multitudes de petites chambres peuvent être loués par les jeunes couples juste en dehors du campus universitaire pour une ou plusieurs heures. Mise en garde en ce qui concerne ces « chambres de passe », les cloisons sont d’une part ridiculement minces, mais surtout, un certain nombre de propriétaires n’hésitent pas à filmer les ébats des jeunes. Oui, toute la pornographie est totalement interdite en Chine, mais comme tout ce qui est interdit, tout s’échange et se monnaye en cachette et de façon illégale.

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Parfois, la Chine vend du rêve à très bas prix… Pour le romantisme, on repassera ! Et dire que vous avez juste à traverser la rue pour accéder à ces chambres de location. On est loin des love-hotels japonais !

Longue digression sur les étrangetés et la pudeur des mœurs chinoises que je termine, pour en revenir aux conditions de vie dans les dortoirs. Chaque étudiant chinois doit en effet partager son logement avec 3 voire 5 autres étudiants. Les lits sont superposés, il n’y a pas de douche dans ces « clapiers » et l’eau chaude doit être récupérée dans des distributeurs. Aucun espace de cuisine n’est également disponible.

Ce dernier point n’intéresse de toute façon pas les étudiants, puisque les restaurants universitaires, cafétérias et petits restaurants (plus des restos « sur le pouce » qu’autre chose) sont nombreux –et bondés aux heures des repas-. Les repas sont par contre particulièrement bon marchés, en général moins d’une dizaine de yuans, soit à peine 1 euro le repas. La qualité va du moyen au pas mal, cela dit.

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Une occupation militaire ? Une réaction à une énième déclaration de Trump ? Une invasion extra-terrestre ? Que nenni ! Lisez donc la suite pour découvrir pourquoi les militaires ont débarqué dans un resto-U…

Quant à la douche, les jeunes chinois se rendent dans les bains (de vastes douches, n’imaginez pas des bains romains ou des hammams).

Pour ceux qui seraient horrifiés par cette description, sachez que les professeurs comme les étudiants étrangers ont droit à un traitement tout à fait spécial. En effet, tout ce petit monde est rassemblé (« parqué » diront certains…) dans un immeuble, dans des conditions bien plus « acceptables ». Les chambres sont souvent partagées, possèdent bien plus d’espace, et accueillent généralement seulement deux personnes, sans compter qu’un équipement bien plus conséquent est présent. Au final, les étudiants occidentaux seront assez peu dépaysés. Par ailleurs, l’immeuble est mixte, quant aux professeurs, ils ont droit à un logement de fonction fort acceptable (je parle en connaissance de cause puisque je vis dans un tel endroit). Evidemment, le bruit d’un tel endroit, multiculturel, rempli de jeunes et de différentes nationalités, peut facilement être une nuisance.

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Une « prison » de 12 étages, avec accès à empreinte digitale, concierge, mini-superette au rez-de-chaussée… L’horreur de l’hospitalité et de la prudence chinoise…

Pourquoi un tel rassemblement ? J’arrête tout de suite ceux qui vont crier à la dictature et au totalitarisme. Evidemment, c’est un moyen de rassembler et de surveiller tous les étrangers. Pour autant, c’est aussi une façon d’assurer la sécurité des étrangers, mais aussi d’assurer leur confort et une certaine forme d’hospitalité. On peut me parler de prison dorée ou de cage d’ivoire, je ne me sens certainement pas prisonnier et le fait d’avoir des concierges à l’écoute (sans parler du bureau des étrangers généralement très attentifs) des besoins et soucieux de résoudre les problèmes domestiques est franchement agréable. Par ailleurs, se retrouver à quelques minutes des lieux de cours est évidemment un confort notable, surtout si on considère les moyens de transports et les distances en Chine…

Si on compare avec Paris, où un étudiant va payer une petite fortune une colocation dans une cage à poule et passer près d’une heure dans les transports à chaque aller (pas beaucoup mieux pour un professeur par ailleurs ! Je sais de quoi je parle, un de mes meilleurs amis est prof dans la capitale)… je préfère largement ma situation !

Par ailleurs, les étudiants étrangers vont devoir suivre des cours de chinois, afin de suivre une spécialité de leur choix dans le futur. Le chinois est indispensable, car bien peu de personnes parlent anglais (encore moins un bon anglais) dans ce pays, ce qui rend la communication souvent fort difficile.

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Ceci dit, pour briser le mur linguistique, rien de tel qu’un peu de cuisine. Ici, des crêpes !

En dehors des infrastructures dédiées à l’administration et au cours (sans parler de la ou des bibliothèques), les étudiants pourront profiter d’un vaste choix d’espaces pour se détendre ou se changer les idées.

En dehors des restaurants et des petits commerces (cafés, superettes, salons de coiffure, magasins de téléphonie, bureaux de banque), et je ne parle pas de toutes les boutiques, voire centre commerciaux, bars, cyber-cafés, karaokés (KTV en chinois) qui se trouvent juste à côté de l’enceinte du campus, les habitants du campus peuvent généralement pratiquer leurs loisirs aisément.

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Le basketball… Une vraie passion à l’université Jiaotong de Lanzhou. Quelle que soit l’heure, les terrains sont toujours plus ou moins tous occupés !

En effet, non seulement de vastes terrains de sport sont en accès libre, mais intégrer un club est non seulement extrêmement abordable (entre 30 et 60  ¥ par an, soit 10 € au maximum), mais très simple (par ailleurs, si un étranger rejoint un club, les membres seront sûrement aussi ravis qu’excités et curieux). Pour ceux qui connaissent la culture des clubs du Japon (je ne peux malheureusement pas parler des autres pays asiatiques, ne connaissant pas assez leur culture, même si je gage que la situation doit être similaire en Corée du Sud), sachez que le principe est très similaire.

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Ici, le club d’art plastique. Un club, devrais-je dire, j’en ai compté 3 ou 4 lors des journées de présentation ou recrutement à la rentrée.

Etant très sociaux, les chinois vont généralement rapidement intégrer un groupe de personnes, en plus de leur classe, afin de développer leur réseau de connaissances. Entrer en contact est ainsi une chose très aisée en Chine. Par ailleurs, tous sont ultra connectés : QQ remplace Skype, Weibo remplace Twitter, Wechat remplace à la fois Facebook et WhatsApp.

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Petit jeu : sauras tu remplacer l’appli occidentale par l’« apipi » (pour le prononcer façon couleur locale) chinoise ?

Présentement, j’ai rejoint un club de kung-fu (entraînement tous les jours de 21:30 h à 22:30 h, en extérieur, sauf s’il pleut) et un club d’art plastique.

Toutefois, comme au Japon, les sports occidentaux sont très prisés. Le basketball, notamment, connaît un franc succès à Lanzhou. En revanche, de nombreuses personnes de tous âges jouent au badminton ou au ping-pong et les espaces ou tables réservés à ces activités sont nombreux.

 

Quant aux salles de classe, elles sont extrêmement variées. Cela va de la classe toute simple à l’amphithéâtre, même si la plupart possèdent aux moins des projecteurs reliables à des ordinateurs portables, tandis que certaines classes sont équipées d’un poste informatique par place. Personnellement, en tant que professeur, je préfère sans aucun doute le classicisme, c’est assez lassant de voir les étudiants chuchoter ou jouer sur leurs téléphones portables en croyant se cacher habilement derrière un écran.

Avis à vous, élèves et étudiants de tout poil, sachez qu’un prof voit tout ce qui se trame pendant son cours. S’il ne vous reprend pas, c’est juste qu’il a d’autres chats à fouetter, même si le manque d’attention est parfois fort lassant ou horripilant !

 

Enfin, les militaires. A chaque rentrée, on peut voir bon nombre d’étudiants chinois en uniforme, rassemblés en régiments. En effet, pendant une dizaine de jours, les étudiants (garçons et filles, pas de distinction !) de première année vont suivre un service militaire, consistant essentiellement à être au garde à vous, marcher au pas et former des rangs. Toutefois, cela reste un spectacle assez original pour un étranger.

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Ici, exercice au drapeau. C’est sûr que ce n’est pas au pays du fromage qu’on verrait ce genre de spectacle !

Point également très appréciable : les espaces verts !

Ce dernier point peut paraître relativement anodin ou prêter à faire sourire, mais il faut prendre en compte le fait que les villes chinoises sont immenses et très densément peuplées et souvent malheureusement assez polluées.

J’arrête tout de suite ceux qui vont hurler au nom de l’environnement. Certes, la Chine est un des premiers pollueurs mondiaux, mais c’est aussi un des pays déployant des efforts et moyens considérables pour protéger l’environnement. On peut déplorer que ces efforts sont effectués parce que la situation est dramatique, mais le fait est. Par ailleurs, il est vrai que la Chine n’acceptera de critique ou de bons conseils de la part de personne et jouera selon ses propres règles…

Pour en revenir au campus, ce genre d’endroits jouit justement d’un certain nombre de jardins, petits parcs, sans parler d’une présence d’arbres bien plus importante que dans les rues ou les lotissements. Par conséquent, la qualité de l’air y est bien plus agréable qu’ailleurs. Ne nous voilons pas pour autant la face, la pollution des métropoles ne va pas s’arrêter aux limites d’un campus (pas comme le nuage de radiation de Tchernobyl, qui a eu la bienveillance de s’arrêter aux frontières françaises…). Malgré tout, cette qualité de vie n’est pas un point si réduit.

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Ici, la grande place de l’université Jiaotong de Lanzhou avec en arrière plan le bâtiment administratif central et sa vingtaine d’étages.

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Le festival de mi-automne

Pour ce premier article, autant surfer sur l’actualité. Le festival de mi-automne vient de s’achever et c’est un des quatre plus grands moments du calendrier chinois. Evidemment, qui dit calendrier chinois dit référence au calendrier lunaire, donc la date (comme celle du nouvel an chinois, un autre évènement festif majeur !) change chaque année.

Très grand évènement dans l’année, ce festival est marqué par le fait qu’une semaine de vacances est la norme. Ainsi, toute l’activité habituelle est ralentie, puisque de nombreux commerces vont être fermés, les administrations closes et la vie semble moins trépidante et bien plus tranquille, surtout dans les campus universitaires.

En effet, ce festival est centré sur la lune. Naturellement, qui dit lune dit références aux mythes et croyances liés à l’astre nocturne. Il serait dommage de ne pas parler des plus importants :

Tout d’abord, la plus amusante est celle de Houyi, un archer qui a tiré et éliminé 9 des 10 soleils qui s’étaient rassemblés ensembles dans le ciel (au lieu d’apparaître chacun à leur tour), provoquant une terrible sécheresse et incendies. En récompense de son exploit, le héros reçut un élixir d’immortalité.

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Houyi tirant sur les soleils. Un sacré archer et autant un exploit qu’un sacrilège… Le père des soleils a dû être ravi !

Mais Houyi refusa d’absorber cet élixir pour ne pas être séparé de son épouse, Chang’e. Le passage important concerne justement son épouse, qui consomma tout l’élixir d’immortalité, parfois à tort, parfois pour éviter qu’un individu mal intentionné ne l’ingère, ou tout simplement guidée par un irrésistible curiosité (telle Pandore). A noter que dans certains contes, Houyi n’apparaît même pas. Devenue plus que mortelle, Chang’e partit alors sur la lune et devint une déesse lunaire.

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Chang’e s’envolant au milieu des nuages… On se trouve dans la peinture chinoise classique à 200% !

Ensuite, la légende de Wugang (ou Wu Gang). Cet individu est un immortel « raté » (un humain qui a tenté de devenir immortel). Il fut exilé ou puni et envoyé ou emprisonné sur la lune, la raison principale concerne généralement sa paresse ou son manque de sérieux dans son apprentissage de l’immortalité. Il est condamné à y couper un arbre magique (un immense cannelier) qui repousse sans cesse. Ici, cette tâche impossible rappelle grandement les supplices des Enfers grecs (le Tartare), notamment celle de Sisyphe, condamné à faire rouler un rocher en haut d’une colline.

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Un brave crétin si vous voulez mon avis… On devrait remettre à jour de telles punitions dans l’Education Nationale pour relever le niveau !

 

Enfin, le lièvre ou lapin de jade, une entité attachée à la médecine ou l’herboristerie, se trouve également sur la lune. La raison originelle est tout bonnement astronomique. En effet, les taches de la lune laissent imaginer un lapin travaillant au mortier.

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Dans les mythes, ce lièvre concocte l’élixir d’immortalité à l’aide d’un pilon et mortier de jade.

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Soyons clair, quand je parle de lapins et de lune, je pense à l’image de gauche, pas vraiment celle de droite ! (merci Ubisoft de faire ainsi rayonner la culture et l’imaginaire à la française ^^)

La lune, et dans ce cadre la pleine lune, est évidemment ronde. Cette forme est à la fois l’origine des mooncakes et de l’idée de réunion, principalement de réunion familiale. Avant de parler de ces gâteaux, il convient d’indiquer un certain nombre d’éléments.

Contrairement à la France, la Chine base son système universitaire sur un modèle hiérarchique. Par conséquent, bon nombre d’étudiants peuvent se retrouver à l’autre bout du pays pour leurs études, surtout si leurs résultats scolaires leur permettent d’entrer dans les meilleures. C’est d’ailleurs souvent leur première grande séparation avec leur famille. D’où le fait que la plupart des étudiants profitent de cette période pour rejoindre leurs villes ou villages natals.

De même, pour diverses raisons (familiales, économiques, professionnelles), les familles peuvent être éclatées sur tout le territoire chinois. Le festival de mi-automne est l’occasion de se réunir pour une majorité de chinois.

Pour cette raison, il est vivement déconseillé de voyager durant les premiers et derniers jours, pour éviter l’immense afflux de voyageurs, les moyens de transport encore plus bondés que d’habitude.

Venons-en aux mooncakes. Ces petits gâteaux sont typiquement préparés, mangés et vendus durant cette période (de la même manière que les galettes des rois sont principalement disponibles durant l’épiphanie). Ce sont des gâteaux ronds (sur le modèle de la pleine lune, donc) et fourrés. Les plus basiques sont fourrés au jaune d’œuf cuit, d’autres le sont aux noix, haricots rouges (et sucrés) ou pâtes rappelant un peu la pâte d’amandes, d’autres encore sont fourrés à des gelées ou pâtes de fruit.

 

Est-ce que c’est bon ? Franchement ? Non.

Evidemment, la qualité industrielle va être la plus basique (de même que le pain ou croissanterie industrielle ou de supermarché), mais même ceux achetés en « boulangeries » ne sont franchement pas délicieux. Je ne parle pas du prix, puisque comme de bien entendu, comme il est question de festivités, les prix ont tendance à grimper de façon exagérée.

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Différents mooncakes, du plus industriel (mais avec de jolis emballages en général, faut bien vendre !) au plus « luxueux », en passant par « l’artisanal », franchement décevant…

Qu’en est-il des festivités annexes ? Si les chinois pourront parler de se promener sous la lune ou de réciter et évoquer toute la poésie classique évoquant la lune, dans la rue, on trouve de façon générale assez peu d’activité vraiment typique, de gens costumés à l’ancienne, ou de rites précis. Pas de grandes manifestations ou célébrations nationales. Je ne peux rien dire sur des petits villages ou des communautés plutôt traditionnelles, mais la période n’a rien à voir avec celle du nouvel an chinois. Touristiquement parlant, il n’y a pas grand-chose à tirer de ces vacances si on se trouve dans une métropole.

Il y aurait de nombreuses activités (lâcher de lanternes, plantation symbolique, etc.), mais de là à savoir où aller pour les observer… Il faut vraiment arriver à s’informer, ou suivre les conseils de guides de voyage. Autant pour le traditionnel !

Encore une fois, à moins d’être intégré à une (belle) famille chinoise, un étranger ne profitera pas outre-mesure de l’évènement.

Un spécialiste du chinois ou amateur de poésie pourrait par contre se régaler, étant donné la quantité de poèmes (souvent courts) dédiés à la lune,  à la réunion des êtres chers, aux âmes sœurs…

Quelques exemples de poésie classique et bien connue (je précise tout de suite, la poésie ce n’est pas ma tasse de thé, donc je n’y connais pratiquement rien et elle me laisse très indifférent) :

Pensée dans une nuit tranquille

Devant mon lit, la lune jette une clarté très vive ;

Je doute un moment si ce n’est point la gelée blanche qui brille sur le sol.

Je lève la tête, je contemple la lune brillante;

Je baisse la tête et je pense à mon pays.

Li Bai

 

La lune au-dessus Fuchou ce soir,

Ma femme doit la regarder seule dans notre chambre.

Malheureusement, je pense à mes enfants si loin,

Ils sont trop jeunes pour comprendre mon absence et se rappeler les moments à Chang’an.

Sa chevelure est humide dans la brume parfumée,

Et ses bras de jade blanc sont refroidis par ce clair de lune,

Quand allons-nous nous pencher ensemble à la fenêtre ouverte,

Alors que le clair de lune sèche nos larmes?

Du Fu

 

Les temps sont durs, une année de famine a vidé les champs,

Mes frères vivent à l’étranger, éparpillés d’Ouest en Est.

Maintenant, les champs et les jardins sont à peine visibles après le combat,

Les membres de la famille errent, dispersés sur la route.

Attachés aux ombres, comme des oies séparées par dix mille li,

Ou des racines soulevées dans l’air d’automne de septembre.

Nous regardons ensemble la lune, puis les larmes peuvent tomber,

Cette nuit, notre souhait de regagner la maison est le même pour tous.

Bai Juyi

 

 

Par ailleurs, cette année, ces festivités coïncidaient avec la fête nationale chinoise (le 1er octobre). Il faut d’ailleurs savoir que les défilés militaires ne sont pas systématiques. Cette année, par exemple, rien d’exceptionnel n’a été organisé de façon nationale.

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On est quand même très loin d’une dictature ultranationaliste…

Plutôt étrangement, malgré leur nationalisme plus accentué que pour les européens, il n’y a pas de grande manifestation. Dans la rue, on trouvait simplement bon nombre de drapeaux du pays, et pas mal de gens ont acheté des minis drapeaux (comme ceux qu’on trouve pour n’importe quel évènement sportif ou national, histoire d’agiter quelque chose…). En bref, la démesure chinoise qu’on peut régulièrement observer n’était pas au rendez-vous cette année ! Cela ne veut pas dire que les chinois ne font rien ! De mon côté, j’ai profité d’une sortie en montagne avec le club (universitaire) de kung-fu que j’ai intégré depuis la rentrée. Un peu de marche et surtout un piquenique convivial et bon enfant. C’est aussi cela, baigner dans la culture, profiter de moments en commun et ne pas toujours attendre d’extraordinaires festivités ou évènements…

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La culture chinoise à la cool !

Un nouveau blog… à propos de la Chine

Bienvenue sur ce blog !

Pourquoi ce blog et qu’est-ce qu’on va y trouver ?

Eh bien comme je me suis récemment installé en Chine (plus précisément à Lanzhou, dans la province de Gansu), je pense partager expériences, anecdotes et analyses. Mais pas de journal intime, bien plus des articles pour conseiller et informer sur ce pays immense et particulier.

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Par ailleurs, je l’indique ici mais y reviendrai sûrement régulièrement, quand on parle de « la Chine », il faut bien imaginer un pays de la taille d’une bonne partie de l’Europe. Bon nombre d’analyses, de témoignages ou de généralisations ne valent fréquemment que pour une partie de la Chine.

Qui suis-je pour me permettre de présenter ainsi mon petit avis sur un pays aussi immense, une population aussi nombreuse et une culture au moins aussi riche et diverse que celle de la vieille Europe ? Et bien un français marié depuis 2015 à une chinoise, qui a choisi d’aller découvrir en profondeur la langue, la vie, la culture (et tout le reste) de sa compagne, en en profitant pour partir vers de nouveaux horizons.

Je suis actuellement professeur de français (ainsi que d’allemand) en université (et collège pour la langue de Goethe), parfois aussi en institut. Pour ce qui est de l’aspect professionnel, un futur article développera ce point plus avant.

Pour le reste de ma petite personne, j’ai étudié la philosophie et la muséologie (l’étude des musées), je suis assez sportif et pratique les arts martiaux (principalement japonais) depuis des années, aime les arts plastiques, la mythologie, l’histoire… ainsi que les jeux-vidéo et le jeu de rôle ainsi que tout le courant de la fantasy. Et par ailleurs, j’apprécie autant faire la cuisine que la déguster. Présentement, je ne parle que quelques bases de chinois, l’apprentissage d’une langue aussi éloignée de nos racines latines et saxonne n’a rien de simple.

 

Je vais essayer de remplir de mon mieux ces articles de photos. Malheureusement, mon matériel n’a rien de professionnel (il faudra vraiment que je change d’appareil photo !) et je ne me promène pas avec un appareil photo de façon systématique. Par conséquent, un certain nombre de clichés sont pris à l’aide d’un smartphone, avec la qualité qui va avec… Tant pis pour les magnifiques clichés…

Reste des images chipées de cette immense base de données qu’est Internet.

 

En espérant que les articles qui suivront vous plairont, intéresseront ou vous donneront un certain nombre d’idées sur l’Empire du Milieu ! Bonne lecture !