Tchou tchou tchinois

Cet été s’est révélé mouvementé. J’ai finalement déménagé à Guangzhou, dans la capitale de la province de Canton, non loin d’Hong Kong. J’aimerais découvrir la ville plus en détails avant de la traiter ici.

Or donc, le train est un moyen de transport qui, comme en France, possède probablement le meilleur rapport qualité-prix. J’ai pour le moment une impression fort mitigée des vols internes à la Chine (on est très loin de la très bonne qualité des vols internationaux chinois, comme par exemple Hainan Airlines) et la plupart du temps, j’ai eu le déplaisir de connaître des retards qui s’accumulait sans raison.

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Cette photo promotionnelle n’est pas si exagérée que cela. La plupart des hôtesses (y compris de l’air) en Chine sont accortes, car oui elles sont engagées pour leur physique et leur sourire. C’est la Chine, on ne s’embarrasse pas des considérations de l’image de la femme qui doit être politiquement correcte. Je passe sur les hommes car ils sont peu nombreux en comparaison.

Je survole le sujet des bus, car s’ils sont nombreux, ils sont souvent sales et inconfortables (les odeurs, notamment de vomi, peuvent vraiment poser problème aux plus délicats), en général, on a l’impression que c’est la plus basse couche de la population qui utilise ce moyen de transport. A réserver pour des déplacements qui ne seraient pas possibles autrement, par exemple pour se rendre dans des petites villes, car les trajets sont longs (on parle souvent de nombreuses heures).

Pour le train, il faut déjà savoir que dans les gares chinoises, la sécurité est très importante. Loin de la France, c’est comparable à celle d’un aéroport (avec détecteurs de métaux et passage des bagages aux rayons-X), donc c’est du temps qu’il faut prendre en compte pour ne pas être en retard. Par ailleurs, les billets achetés sur Internet (option recommandée pour être sûr d’avoir une place -et surtout une place assise, mais j’y reviendrai-), nécessitent d’être retirés en guichet. Les guichets automatiques ne sont pas disponibles pour les étrangers, car ils fonctionnent avec les cartes d’identité chinoises, qui sont à puces électroniques. Et autant vous le dire, dans les gares chinoises, il y a du monde, BEAUCOUP de monde.

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Ici, par exemple un exemple de la gare de Xi’an.

De plus, les priorités dans les queues sont fluctuantes, surtout avec le grand nombre de chinois qui vont vouloir, qui un renseignement, qui une faveur, qui une négociation quelconque, les guichetiers sont sans arrêt coupés par ces “indésirables”, ce qui rallonge évidemment la durée d’attente. Préférez en tout cas les départs tôts et matinaux, je déconseille fortement une gare en pleine journée, pleine de monde.

Par ailleurs, il y a plusieurs types de train et de gares, notamment d’accès aux quais. Dans les gares les plus modernes, on sent les efforts pour organiser au mieux les foules de voyageurs. Au niveau des gares moins développées, avec une population potentiellement moins éduquée, au moment d’accéder aux rames, la folie semble s’emparer de la foule, qui se précipite vers les portiques, histoire de s’assoir et surtout de profiter des porte-bagages, car premier arrivé, premier servi, et une majorité de chinois voyagent en emportant le maximum d’affaires avec eux. Pour être le plus confortablement installé, il faut faire la queue debout et faire preuve d’une grande patience.

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Un embarquement tout à fait standard. Vous voilà prévenu !

Je connais trois types de train. L’équivalent du TGV, que je recommande. Tout d’abord, parce que le trafic est le plus sûr et stable, je parle essentiellement des horaires, parce que ces trains sont les plus rapides (et que, je ne le répéterai jamais assez, mais la superficie de ce pays est immense) et que le confort des sièges est présent.

 

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Un train rapide -vide- chinois. L’hôtesse en uniforme, c’est normal. Le moindre restaurant a des serveuses en uniforme. Notez que les écrans vont diffuser en boucles des vidéos de bonne conduite (pour le confort de tous), qui seront absolument ignorées par le bon peuple formant la masse de voyageurs.

Ensuite, c’est la Chine, donc perpétuellement bruyant. Les enfants braillards, les vendeurs “à la criée” (le mot a été inventé pour eux, ne vous plaignez plus jamais de votre marchand de poisson au marché !), les téléphones qui sonnent et les conversations, téléphoniques ou non, à haute voix, sans parler de la musique ou des films écoutée ou visionnés sans écouteurs. A la fin du voyage, les oreilles ont tendance à bourdonner, mais le TGV, étant donne le confort et l’espace réservé pour chaque passager, est le train avec le moins de voyageurs par rame, donc comparativement le plus calme.

A typical train in China.

Pas une photo de l’intérieur d’un train rapide, mais l’ambiance sera toujours dans ce goût là.

Pour les longs déplacements en mode économique, je suggère de prendre les trains couchettes. Le fait d’être allongé permet de dormir un maximum, surtout quand les lumières de la rame s’éteignent vers 22 heures. Ceci dit, même si je n’ai personnellement jamais rencontré ce problème, veillez attentivement sur vos affaires. Le train s’arrête régulièrement, y compris la nuit, aussi les vols sont une possibilité bien réelle. Personnellement, mes affaires les plus précieuses étaient dans mon sac à dos, sac à dos faisant un deuxième oreiller et je vérifiais que ma valise restait à sa place à chaque arrêt (les nuits étaient dures). A chaque fois, il y a une série de six couchettes, façon lits superposés, les couchettes au niveau du sol profitant d’une petite table. On est en Chine, donc on paye le fait d’être en bas.

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Comme ça, on dirait un baraquement militaire. Le confort est en tout cas digne d’un entraînement militaire !

Enfin, le train que je déconseille fortement à mes compatriotes européens, les trains en banquettes communes. Deux banquettes pour trois personnes, sans accoudoirs, face à face, avec une table commune pour six personnes. Ce genre de voyage peut être amusant une fois façon découverte et aventure, mais l’hygiène (et je vise principalement les toilettes et le lavabo) est en général déplorable. C’est inconfortable à souhait, on peut s’en douter. Ensuite, si on est en quête de découverte et de contact avec les gens, la place vaut le détour. Je me rappelle qu’à mon premier trajet, un paysan, qui voyait pour la première fois un Européen de près en chair et en os, m’a payé une bière et a réclamé une chanson. J’imagine que ma -piètre, je chante mal- performance musicale (du Penofchaos je vous prie, soit la première chose qui me soit passée et dont j’étais sûr de connaître plus que le refrain par cœur) doit toujours traîner sur les réseaux sociaux chinois (car évidemment, on m’a filmé).

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Tout à fait comme dans mes souvenirs.

Quid des retards et des grèves ? Pour les grèves, on est en Chine, pas en France avec les cheminots très syndiqués, autant dire que ça n’est pas demain la veille. Pour les retards, c’est variable. Ceci dit, plus le train est rapide (donc cher, donc important), moins on risque de connaître des contretemps. Toutefois, avec les lignes standard, les retards peuvent s’accumuler, des vingtaines de minutes s’ajouter à demi-heures, sans guère de justification. Pour les trains standards, je recommande de payer un supplément à la gare, qui permet :

Un, de patienter assis dans un espace VIP de bas standing (le haut standing est comme de bien entendu présent, mais bien plus onéreux, naturellement).

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Encore la gare de Xi’an, avec son espace d’attente VIP. Je ne connais pas les prix, mais ça doit être cher.

Deux, d’entrer en avance dans le train et pouvoir devancer la foule (pour ne pas dire la masse) de voyageurs “lambda” et donc de poser ses bagages de façon “normale”.

Je compte toujours sur mon épouse dans ce genre de cas, l’anglais sera plus que probablement totalement inutile. A noter que pour ces trains les plus standards, une place ne veut pas toujours dire place numérotée (ce n’est bien évidemment pas le cas avec les “trains à banquettes”, qui n’ont, vous l’aurez deviné, aucun numéro que ce soit), ni même place assise. Les passagers de dernière minute peuvent se retrouver dans les couloirs ou les espaces reliant les rames (on vous proposera -lire vendra- des tabourets pliables), donc prendre un train en catastrophe est selon moi une bien mauvaise idée.

Pour l’anecdote, l’hiver dernier, le train, pourtant un express, reliant Xi’an et Lanzhou, a écopé de nombreuses heures de retard, suite à d’importantes chutes de neige. N’attendez aucune compensation et aucun remboursement. Soyez heureux d’obtenir ne serait-ce que des informations. La compagnie nous a gracieusement offert, durant le trajet fort tardif, des nouilles instantanées, en guise d’excuses.

D’ailleurs, pour ce qui est des repas, je préconise de faire des courses à l’avance, les nouilles instantanées (pour ne pas parler des plats chauds, proposés seulement sur les lignes les plus coûteuses), sont vendues à des prix prohibitifs. En supermarché, vous trouverez tout ce qu’il vous faut. Le moins cher, surtout si vous voyagez longtemps et accompagné, est d’acheter un pot cartonné de nouilles instantanées (petite note de mise en garde, beaucoup de ces produits sont fort épicés), qui comprend aussi une mini fourchette en plastique, puis de simples sachets des mêmes nouilles en réutilisant le pot. Les saucisses style Knacki sont vendues à l’unité et agrémentent un brin ce genre de repas. Si vous n’êtes pas -non plus- fan d’eau brûlante (la seule chose en libre service dans n’importe quel train), achetez des bouteilles d’eau (que de l’eau plate en Chine, oubliez la pétillante). Naturellement, biscuits, fruits et légumes de camping sont aussi vos amis (tomates et pommes, je m’adresse à vous, compagnons culinaires de tous les périples).

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N’attendez pas des saucisses qu’elle soient goûtues. Et réutiliser le bol cartonné des pâtes pour utiliser des sachets de ces nouilles est une astuces pour faire de petites économies.

Et la sécurité des lignes de chemin de fer chinoise ? Je n’ai pas de chiffres, mais on n’est pas en Inde (visionnez une seule vidéo via Youtube, les images sont assez éloquentes !). Sans être le Japon, pays le plus onéreux et sûr dans ce domaine des transports (j’ai préparé un cours sur les chemins de fer, je n’écris donc pas cela au hasard), la Chine reste un pays très consciencieux quant à la sécurité de sa population en général (même si je réprouve les façons de conduire les deux et quatre roues ici), donc il n’y a pas de raison de s’inquiéter.

Note : pour une fois, ce ne sont pas mes photos -à part pour celles de la gare de Xi’an-, les images ont été piquées à droite à gauche sur Internet.

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