Une nouvelle année du cochon commence

Bon, je suis de retour dans l’hexagone, en gros voyage, donc pas vraiment le temps d’écrire, mais voici quand même mon petit apport à cette année du cochon qui commence :

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Au stylo bille et marqueur, à la va-vite, mais on fait ce qu’on peut !

Et parce ce qu’en Chine, tout est toujours prétexte à consommer :

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Voici ce que propose Ferrero et Lego dans les rayons des supermarchés…

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La bonne conduite

Apparemment, les plus tristes et stupides histoires arrivent à faire le tour du monde et sortir de la Chine.

Il y a quelques jours, un accident mortel de bus a été causé par une pauvre (placez ici le nom injurieux au féminin qui vous vient à l’esprit en premier), qui se met à gifler un chauffeur de bus alors que ce dernier est en train de conduire.

Bon, je poste ici un lien, qui en vaut un autre, mais surtout avec la vidéo de la caméra de sécurité qui tourne largement en ligne et sur les réseaux sociaux.

 

Mais je rebondis sur une habitude culturelle chinoise qui a tendance à m’insupporter au plus haut point et que je trouve même particulièrement déplorable, pour ne pas dire dangereuse.

Avouez, que vous soyez piéton, cycliste, skater, automobiliste, bref, que vous vous trouviez dans la rue, vous avez sûrement utilisé d’une manière ou d’une autre l’expression : celui-là (pas d’écriture inclusive ici, le masculin est aussi le « neutre » en français), il a eu son permis dans une pochette surprise.

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Qu’ai-je besoin d’ajouter à mon mini montage photo ?

Incivilité quelconque, absence du respect du code de la route, gros plouc croyant qu’il peut faire comme bon lui semble, l’envie de se promener avec une bombe de peinture ou une canne (la canne est nettement plus française et élégante que la batte de baseball, que ce soit clair une bonne fois pour toutes) afin de repeindre le moyen de transport du margoulin si peu urbain, ou lui infliger une belle bosse ou bleu dont le piètre personnage se souviendra pendant un certain temps.

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C’est autre chose que les altercations contemporaines dans les rues de Paris, quand-même !

Mais cela, c’est dans un pays où il y a des règles établies, même si celles-ci sont parfois royalement bafouées.

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Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, l’actuelle impératrice en Chine.

En Chine et bien le code de la route semble bien souvent absent. Dans une ville comme Guangzhou, ou dans les centres-villes, les feux de signalisation sont assez respectés. Je dis bien « assez », faites attention, un peu, je vous prie.

Mais en règle général, le « code » est assez simple. La priorité va à celui qui possède ou du moins montre qu’il a le plus d’argent. En clair : j’ai une automobile = je suis le roi de la route. Plus encore : j’ai une grosse berline = je suis l’empereur de la route.

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Traduction : « j’ai une voiture de luxe, je suis tellement cool »                                                                 (c’est MON meme et le texte demandé à MA charmante épouse, droits d’auteurs, hein !)

Ici, pas question d’être poli ou respectueux. Une sortie ou entrée de parking, donc le fait de pénétrer en quatre roues sur le trottoir ne veut pas dire que le conducteur va aimablement laisser passer l’homme se tenant fièrement sur ses deux jambes. Oh que non. Même si l’automobiliste arrive (sans guère ralentir, sinon le jeu est moins drôle) dans votre angle mort, à vous de lui céder le passage, sinon, vous risquez de commencer une partie du classique jeu du « qui cèdera la priorité en premier ». Et derrière sa tonne de plastique et de métal, le fier pilote risque moins que vous et vos petits muscles. Certes, normalement, la personne au volant de ses chevaux vapeur aura tendance à vous laisser passer, mais vous en serez quitte pour un bon coup de sang et une saine montée de stress et d’adrénaline.

 

Car le trottoir chinois n’est point sans danger. Ami des sensations fortes, venez en Chine. A peu de frais, vous pourrez facilement connaître quelques belles frayeurs et jouir du rouge vous montant au joues, de la veine palpitante, de la bordée d’injures qui vous vient aux lèvres et du regard qui aimerait tant foudroyer le fauteur de troubles.

Ici, voici venir les deux roues.

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Tremblez, voici venir les bikers chinois !

Je n’ai pratiquement jamais vu de grosses cylindrées en Chine, ni scooter. Par contre, les vélos, y compris électriques et les mobylettes sont légions. Et dans un pays qui compte tellement sur les livraisons à n’importe quel moment (j’avoue, il m’arrive d’en profiter tant cela est pratique), où le temps, c’est de l’argent, la vitesse est de mise. Donc le slalom entre les piétons est la norme. Un conseil, attention aux mouvements brusques et surtout, gardez le cap quand vous marchez ! Surtout si vous avez la fâcheuse passion d’aimer écouter de la musique lors de vos déplacements pédestres (votre casque vissé sur vos oreilles et le tout branché à votre baladeur –ou portable dernière génération, cela marche aussi-), voire d’être en plein milieu d’une conversation prenante. Attention, car le fier pilote au guidon de son bolide, souvent fort silencieux car électrique, a d’ores et déjà tracé sa trajectoire mentalement et vous frôlera avec l’aisance de l’habitude. Evitez les grands gestes passionnés ou les soudains changements de décision, vous pourriez connaître un choc malencontreux. Cela a failli m’arriver un certain nombre de fois, surtout que je marche vite.

 

Désormais à Guangzhou, j’ai songé à conduire moi-même.

Alors, tout d’abord, le permis de conduire français, même traduit en chinois par un traducteur officiel et dûment tamponné, n’a qu’une valeur assez limité ici. Je pense que pour louer un véhicule, cela peut suffire, mais pour conduire librement et avoir son propre engin motorisé, mieux vaut (re)passer le permis au pays d’accueil. C’est en tout cas le conseil d’un de mes confères professeur, c’est le plus simple. Par ailleurs, l’obtention de carte grise est apparemment, pour les grandes villes, la croix et la bannière. C’est extrêmement long, à moins d’avoir de quoi graisser la patte de l’administration. On compte, sans rire, en mois voire en années (ne riez pas, j’ai des exemples en tête !) l’obtention de ce genre de papier. Un autre conseil du même professeur était d’être en relation avec un français possédant sa propre voiture, français qui désirerait la vendre. Là, il y a moyen de s’arranger (à la chinoise, c’est à dire de manière… souple).

Pourquoi cette lourdeur administrative ? Eh bien, assez simplement, deux raisons principales expliquent cela.

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Remarquez, c’est joli, la nuit, avec toutes ces lumières (ici à Xi’an)

Premièrement, les limites des voies de transport. Elles paraissent déjà souvent saturées, donc l’administration est assez frileuse de voir se multiplier le nombre de véhicules dans les métropoles.

Deuxième raison, la pollution. La Chine connaît très bien son épineux problème de pollution et effectue quoi qu’on en dise, déploie beaucoup d’efforts (et d’argent) pour éviter de se tirer une balle dans le pied.

 

Ceci étant, cela ne règle pas ma crainte principale.

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Je sais QUI conduit quotidiennement plus rapidement et plus follement, moi !

Vous avez probablement déjà visionné le film Taxi. Oui, ce chauffeur de taxi à Marseille qui conduit si vite et si bien et slalome à travers la circulation urbaine. Eh bien, il ne serait qu’un conducteur parmi tant d’autres. En effet, même votre conducteur de bus ou de car (ou de navette entre campus, par exemple), va appuyer sur le champignon et zigzaguer de droite et de gauche (quitte à utiliser la bande d’arrêt d’urgence), afin d’avaler les kilomètres en un temps record.

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Quand je dis appuyer sur le champignon…

Donc, ma petite personne, si germanique dans l’esprit, avec son respect des sacro-saintes règles et conduites, est plutôt inquiète de prendre le volant dans un monde digne du far-west. Ceci dit, les accidents sont vraiment rares, même les accrochages sont exceptionnels, les chinois sont parfaitement habitués à cette situation dans la rue, mais pour un occidental, gardez-donc les yeux grands ouverts, vous êtes prévenus !

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Parce que la tête de cette chauffeuse de bus (ici à Lanzhou) ne prête pas à rire, c’est moi qui vous le dit !

Annonce pour un travail de prof en Chine

Titre : Professeur de français de langue maternelle française
Catégories : Emploi FLE
Lieu : Chine
Salaire horaire en brut net :  

5700 yuans, six semaines de congés payés en hiver, possibilité d’augmentation au cours de l’année, couverture d’assurance accident chinoise, logement de fonction (toutes charges comprises –Internet inclus-) au sein du campus

   
Volume horaire hebdomadaire : Jusqu’à 16 h par semaine
Descriptif :  

Type d’emploi : Emploi CDD renouvelable

Annonce : Poste de professeur d’université à Lanzhou Jiaotong.

Activités principales générales :

–          préparer les cours au préalable,

–          proposer des cours de français en fonction des niveaux des différentes années,

–          correction des devoirs et du travail des étudiants, effectuer les rapports de fin de semestre,

–          animer des activités pédagogiques en collaboration avec l’équipe pédagogique,
Prérequis :

–          posséder un Master 2 de FLE ou diplôme de sciences de l’éducation, de langues ou d’enseignement est nécessaire pour obtenir le visa de travail. Si le candidat est titulaire d’une Licence ou d’un Master 1, deux années d’enseignement en continu sont exigées après l’obtention d’un de ces diplômes.

–          expérience préalable préférée, mais non exigée

–          nationalité française, belge ou suisse

–          professionnel, organisé, adaptable, rigoureux, patient, ponctuel

Documents à fournir :

–          cv

–          lettre de motivation

–          photo d’identité

–          scan du passeport

–          scan du diplôme le plus élevé/adéquat

Période du : 1er septembre 2018 au 30 juillet 2019
Procédure :

–          envoyez votre candidature au directeur pédagogique à akalten@hotmail.fr

–          un entretien Skype sera proposé aux candidats sélectionnés

Cinoche

Je prends la plume numérique pour aborder un sujet qui me passionne : le cinéma.

Et vu le principe de ce blog, ce ne sera pour démonter, débiter en petits morceaux et défoncer des films chinois, je laisse ce soin à d’autres (comme le blog de l’Odieux Connard, pour ne pas le citer ; après tout, il est une de mes sources d’inspiration de ce blog, notamment pour sa prose acerbe au vitriol -rendons à César ce qui est à César-https://unodieuxconnard.com/). Non, ce qui m’intéresse, c’est bien plus la considération des cinémas (et je choisis d’en parler au pluriel), mais aussi d’aborder vite fait l’ambiance d’une salle de cinéma chinois et aussi l’influence et la présence du cinéma hollywoodien au pays qui se définit comme le pays du milieu. En fait, pour tout avouer, le sujet que je vais développer provient certes d’échanges entre amis, mais surtout d’une vidéo youtube qui se permettait de raconter un peu n’importe quoi.

Bien, plongeons donc dans le vif du sujet. J’avoue ne connaître que de façon limitée le cinéma chinois. Que voulez-vous, je ne suis pas un journaliste de Télérama ne jurant que par le cinéma d’auteur ou d’art et d’essai. Alors de quel droit ose-je aborder un sujet pareil ? Eh bien déjà pour préciser que le cinéma chinois tant célébré est en général celui de Hong-Kong. Le cinéma chinois standard ne vaut en général pas tellement la peine d’être visionné.

Mon Dieu, par tous les dieux, qu’ose-t-il écrire. Et surtout, pourquoi donc ?

Parce qu’en général c’est plutôt mal joué, le scénario est assez pauvre ou regrettablement simpliste et la plupart des effets spéciaux (pause : je dois tout de suite le préciser, si le cinéma me fascine autant, c’est avant tout pour ses effets spéciaux et ses trucages ; créatures imaginaires, vaisseaux spatiaux, dinosaures et autres sortilèges nourrissent et enflamment mon imaginaire) ont une dizaine d’années de retard derrière les standards d’hollywood -la crème de la crème, certes, mais comparons au canon, voulez-vous-.

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De quoi comparer un peu. Oui, je suis parfaitement au courant, Shrek et le premier volet de la trilogie du Seigneur des Anneaux sont, visuellement au moins (quoi qu’on puisse penser du reste), d’incroyables films. Ceci dit, cela fait quand même 17 ans qu’ils sont sortis, on pourrait penser que le reste des films serait au moins de ce niveau… Et bien pas toujours, malheureusement. Et merci, je sais que la société Weta Wrokshop est néozélandaise, pas américaine, mais leur travail est largement digne d’ILM, alors pas de chipotage !

Sans surprise, le but du film chinois grand public est de rapporter un maximum d’argent. La différence avec Hollywood, c’est que le cinéma semble en être à un état d’adolescence. Les acteurs sont choisis pour leur physique avantageux, le scénario est calibré au possible, les thèmes ou périodes sont un peu toujours les mêmes (histoires d’heroic fantasy en “costumes d’époque”, comédies surjouées à l’époque contemporaine, films d’action ou de guerre soit à notre époque ou lors de la Révolution Culturelle) et les effets spéciaux sont aussi nombreux que tape-à-l’œil (ne vous plaignez pas des effets 3D hollywoodiens qui abusent des éléments qui vous arrivent en pleine figure, les films chinois en usent deux fois plus, surtout quand il s’agit des armes).

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Rien que sur l’affiche, le jian (l’épée chinoise) cherche à se plonger dans votre oeil. Alors imaginez durant le cours du film. Par contre, niveau plastique de l’actrice, je n’ai rien à redire… Si seulement elle pouvait être aussi bonne que belle actrice…

Dois-je aussi encore préciser que nombre d’éléments à succès sont “recyclés” (pour ne pas dire “resucés jusqu’à leur substantifique moelle”), que ce soit la musique, les façon de filmer ou de monter un film, les idées scénaristiques oules archétypes de personnages. Ceci dit les Coréens (du Sud, fatalement), font la même chose, ne vous y trompez pas… Et je veux quand même aborder le côté très nationaliste de bon nombre de films. Les films d’action ou de guerre ne vont que très rarement ne pas mettre en exergue la fierté du drapeau. Les personnages peuvent être faillibles, mauvais ou corrompus, mais on ne plaisante pas avec la fierté nationale. Un exemple tout récent -et carton au box-office chinois- : Wolf Warriors II. Un long-métrage digne des gros films américains à la Rambo II, façon “God bless America” et où les américains vont sauver le monde (oui, Armageddon me fait quand même aussi de grands signes, pour ne pas parler des films de la saga Transformers -encore de Michael Bay, décidément-, sans parler de certains plans quelque peu outranciers de Spiderman).

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Ai-je vraiment besoin d’en dire plus ?

Evidemment, le cinéma hong-kongais se démarque très nettement (ai-je vraiment besoin de citer le très célèbre Wong Kar-wai ?) et des exceptions assez fantastiques peuvent se produire, mais parfois avec des résultats quelque peu dramatiques. Citons par exemple A Touch of Sin, de Jia Zhangke, qui dépeint les dérives ultracapitalistes, l’oppression d’un système parfois inhumain (toujours interdit? en Chine) ou le film Lust Caution, d’Ang Lee -il est taiwanais, oui je sais, mais je le range quand même dans cette catégorie, vue l’histoire fort conflictuelle mais entremêlée entre Taiwan et la Chine, parce qu’il me sert d’excellent exemple et que le film est excellent-, qui, entre son sujet sulfureux (la séduction risquée d’un homme d’influence marié lors de l’occupation japonaise) et ses scènes érotiques explicites à tendance sadomasochiste ont obligé l’actrice Tang Wei à abandonner sa nationalité chinoise. Deux films aux formidables capacités filmiques, de performances d’acteurs et de scénario très travaillé, mais qui se voient mis au banc filmique car trop sensibles… Donc le cinéma tout publique fait évidemment force de loi, mais il existe des exceptions.

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Bon, ce ne sont pas des films tout public, soyez prévenu. Malgré tout, je ne saurai que trop vous les conseiller, tant ils sont passionnants, entre les thèmes abordés, la mise en scène, et la présentation d’une Chine décidément bien différente de ce qu’on voit généralement.

Abordons donc la situation d’une salle de cinéma. J’y suis déjà allé un certain nombre de fois, en cherchant le plus de tranquillité lors des horaires de travail en semaine (prof, ce sont des horaires parfois particulières et avantageuses !). Et je parle de Lanzhou. Déjà, les films hollywoodiens sont en VO sous-titrés, ce qui me permet d’en profiter sans soucis (je jouis d’un très bon niveau d’anglais, suite à des années d’efforts et d’imprégnation -Internet, films en VO, lectures dans la langue de Shakespeare-, pas de mystère là-dessous), ce qui est un bon point. Maos les spectateurs chinois sont pour le moins égoïstes, pour ne pas dire irrespectueux. Téléphones allumés, discussions, le petit guide de bonne conduite du spectateur, par le Fossoyeur de films, traduit en chinois, ne serait pas de trop (https://www.youtube.com/watch?v=oR20uKKtkiA) ! Et je parle de salles en grande partie vides ! Le prix des places n’est pas donné, si l’on compare avec le niveau de vie moyen, on est à peu près dans les standards mondiaux.

Parlons par contre un peu du cinéma hollywoodien et de sa présence et influence en Chine. Une chose qui frappe, c’est que les références “que tout le monde connaît” ne sont clairement pas le cas en Chine. Toutes les répliques cultes, personnages célébrissimes, acteurs et réalisateurs superstars sont souvent de parfais inconnus. Mon épouse, pourtant forcément plus ouverte que la moyenne concernant la culture américaine et anglaise, du fait de ses études d’anglais, ne connaissait avant de me connaître ni Star Wars, ni le Seigneur des Anneaux, ni les Indiana Jones, ni Jurassic Park et je ne parle pas de réalisateurs comme Stanley Kubrik, Alfred Hitchcock, Brian de Palma ou Martin Scorcese, inconnus au bataillon. Oui, ça surprend quand même…

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Non que le titre « Ranger Solo » sonne mal. Bon, un peu trop « Power Rangers » et super sentaï (oui, j’écris avec un tréma, histoire de conserver la prononciation japonaise, j’assumer) à mon goût. Et non, même en tant que fan de Star Wars, le film ne m’intéresse pas vraiment, surtout après avoir lu et entendu des critiques si médiocres à son sujet. Mais là n’est pas la question, revenons à nos moutons !

Toujours est-il que l’influence et la marque hollywoodienne reste en général fort légère. J’en prend pour exemple le dernier film de l’univers Star Wars, Solo (narrant la jeunesse du célèbre contrebandier de l’espace), dont le titre a ici été changé en « Ranger Solo ». Et, toujours dans cet univers de science-fiction, j’ai vu Le Dernier jedi en Chine, et lors de l’apparition des personnages, un mini bloc de texte -en anglais ET sous-titré- résumait le nom et le rôle des personnages principaux lors de leur première apparition.

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De mon point de vue, ces petits écritaux, ça faisait cet effet là. Et oui, ça casse assez le moment et l’attention est distraite.

Donc, à ceux qui veulent faire les malins à décortiquer le box-office chinois, renseignez-vous donc avant (petite vengeance mesquine, suite à une vidéo ignare, donc).

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Les deux imitations « taille réelle » sont bel et bien à l’air libre, à Lanzhou. Je sais, ça fait très, très bas de gamme. Mais les droits d’auteur, ici, sont bien malmenés. Parce que oui, il est évident qu’aucun respect ou royalties n’a été pris en compte.

Toutefois, un matraquage médiatique et une présence régulière et largement suivi par les produits de consommation peut rencontrer un succès phénoménal. Je vais prendre plusieurs exemples, qui démontrent que les films hollywoodiens peuvent connaître une célébrité incroyable, ici. Transformers. Cinq films, dont l’avant dernier proposant des personnages (joués par des acteurs chinoia), connaît la gloire et l’argent coule donc à flots. Certains Disney, en particulier Big Hero Six, et aon adorable personnage Baymax, est largement apprécié.

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Bon, vu le personnage adorable de Big Hero 6, difficile de ne pas en faire une mascotte. Et la figurine -non officielle, comme il se doit-, m’a été offerte… quand je me suis inscrit au club de kung-fu. Voilà pour la petite histoire.

Warcraft, le film tiré de célèbres jeux-vidéo (dont l’indétrônable MMO n°1 au monde, WOW -World of Warcraft-, est joué par un nombre monumental de gamers) a été sauvé d’un désastre commercial par le succès en Chine.

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Si le terme MMO vous est inconnu en 2018, je ne peux pas grand chose pour vous. Google est votre ami… Et l’imprim’ écran me fait éclater de rire.

Et impossible de passer à côté du monstre Marvel. Avec ses dix ans d’existence, ses 19 films, le mastodonte qu’est cet univers de super héros est un géant ici aussi.

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Un exemple, parmi tant d’autres, vu le nombre de héros de cette saga de comics et de films.

Je ne compte plus les produits dérivés, jouets, tee-shirts, trousses et figurines (souvent de contrefaçon parfois grossière) qu’on trouve dans la rue et le moindre magasin. Nous ne sommes pas dans l’uaine du monde pour rien !

Toutefois, ces succès restent marginaux par rapport à des films hollywoodiens moins médiatiques. Le reste, bien que joués en règle générale pour les gros blockbusters, peut facilement passer à la trappe. L’année dernière, Blade Runner 2049 est resté une semaine à l’affiche (du coup, je l’ai loupé sur grand écran). Et Star Wars fait un peu flop sur flop en Chine. Question de méconnaissance, du peu d’intérêt pour cette franchise et malgré tout du marketing fort limité autour de ces films. Donc, inutile d’attendre des films français au cinéma (Valérian est une exception, mais il a fait un bide, alors que le marketing était vraiment présent -je me trouvais à Hong Kong à cette époque et les affiches étaient fort nombreuses !-, mais vu que le film de Luc Besson est -très- mauvais, il ne fallait pas s’attendre à un succès monumental).

Les films français sont inconnus. Si mes étudiants peuvent me citer les Choristes, ou le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, c’est qu’ils sont des étudiants en français, donc un minimum intéressés à la culture française. Je suis tombé sur un texte étudié dans un vieux livre sur le cinéman, parlant d’un film de Godard… Mais un Godard à l’écran, pas une rétrospective. Franchement, les années 60 dans un bouquin d’étude de français… ça paraît complètement déconnecté de la réalité.

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Personnellement, même dans ma jeunesse, je n’ai jamais eu ce genre d’expérience. Quand j’ai dû expliquer ce texte, ça a été coton !

En bref, le cinéma chinois est assez à part. Ouvert uniquement aux plus grosses productions grand public hollywoodiennes, qui ne sont même pas forcément synonymes de succès, alors que des films que je trouve souvent assez insipides connaissent un franc succès me laisse étonné. Mais comme je l’ai écrit, je pense que le cinéma chinois est encore dans une étape « adolescente » et j’ai hâte de le voir maturer, car on peut trouver des pépites et j’espère en trouver plus fréquemment !

Xi’an

Il est assez évident qu’un visiteur ou touriste se rendra à Xi’an en premier lieu pour les si fameuses statues de terre cuite.
Je recommande absolument cette idée ! Par contre, sachez que l’armée de terracotta ne se trouve pas à Xi’an même, mais à environ 1h de route. Pour s’y rendre, la solution la plus normale est le bus.
Attention, ne soyez pas naïfs : un immense nombre de touristes se déplace chaque jour pour admirer ce trésor  archéologique. En tout cas pendant la haute saison touristique (je ne peux pas me prononcer pour le hors saison sur ce point), c’est plus attractif que Disneyland. Vous connaissez les queues avant chaque attraction ? Multipliez par X et vous aurez une idée du temps d’attente.
Petite anecdote : quand j’ai voulu visiter les lieux, je suis arrivé à la place de la gare centrale (le lieu de départ conventionnel) le matin vers 9h. Si ma fiancée (oui, je n’étais pas encore marié à ma charmante épouse en ce temps là) n’avait pas menti et magouillé en se faisant passer pour ma guide personnelle, nous n’aurions pas pu zapper toute la queue, monter dans un bus juste avant son départ et ainsi profiter de cette journée.
En substance : soyez matinaux !
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Parlons-en de la gare centrale… Blindé de monde, bruyante, tout le tintouin habituel… Mais la place de la gare, surtout de nuit, c’est vraiment un bijou !

Par ailleurs, l’armée de terracotta n’est pas la seule merveille du site. Faire l’impasse sur le somptueux palais de Huaqing (situé tout proche) serait une hérésie.
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Lié aux très anciennes sources, ce palais comporte d’innombrables bassins, mais j’y reviendrai à ce palais… oui je tease !

Pour l’armée, pourquoi s’est t-on fatigué à réaliser une telle flopée d’effigies, me direz-vous ?
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Allez-y, comptez, moi j’ai la flemme… Ah, et ceci n’est que le hall principal -et le plus important-, il y en a d’autres, hein, des fois que les additions soient votre fort !

Pour cela, un petit détour par des coutumes antiques répandues de par le monde et surtout pour les grands de ce monde à cette époque assez reculée de la nôtre…
Les funérailles étaient particulièrement importantes, car elles avaient tendance à déterminer ce que le défunt possédait dans le monde des morts. Les pharaons étaient ainsi momifiés (bon, comme ils étaient des incarnations divines sur Terre, il est normal de leur offrir le nec plus ultra de la préparation mortuaire), mais surtout, d’innombrables sculptures de soldats, paysans, serviteurs et animaux étaient enfermées dans des tombeaux qui se voulaient inviolables pour que le repos et possessions des morts ne soient jamais troublé ou dérobées.
Cet exemple ultra connu se retrouve un peu partout (celtes, incas, aztèques, vikings et j’en passe et des meilleures), y compris en Chine. Vous êtes grands, vérifiez donc mes dires par vous-mêmes !
A l’époque, ce grand conquérant qu’était Qin (oui, le fondateur de la dynastie Qin -IIIème sicèle avant J.C.-, bravo, vous êtes très forts !) Shi Huang (« huang » signifie jaune en chinois, le jaune étant la couleur symbolique de l’empereur), Qin Shi Huang, donc, voulait débarquer dans l’Outremonde avec toute son armée… donc il voulait que ses soldats le suivent avec lui dans l’après-vie. Sauf que… sacrifier des milliers d’hommes et la puissance militaire établie paraissait étrangement être  une idée quelque peu extrême à ses ministres et conseillers.
Bien sûr, à l’époque, impensable de désobéir à l’empereur. Ils ont donc rusé pour que le remplacement de soldats de chair et de sang en terre cuite soit acceptable et honorable.
Résultat 6-7 000 soldats grandeur nature (à l’époque tous peints) avec des visages tous différents réalisés, sans parler des chevaux et chariots.
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Quand on vous parle de site de fouille… ce n’est pas de la blague, énormément de niches sont d’ailleurs effondrées, donc beaucoup de statues sont en pièces détachées, les archéologues chinois jouent donc au puzzle. Sur l’image de droite (du côté où vous écrivez, en général, sinon tant pis), on distingue d’ailleurs les résidus de pigments de peinture.

Par ailleurs, le tombeau de l’empereur en personne n’a pas été encore découvert, ou en tout cas ouvert (selon certaines sources, l’emplacement de ce mausolée serait connu, mais l’Etat chinois souhaiterait attendre certains développements technologiques -je pense notamment à l’imagerie à travers les couches de matière- pour ne pas abîmer quoi que ce soit). Les recherches, de même que le travail de restauration des myriades de statues des guerriers est toujours en cours. Trouver (ou ouvrir, dans le cas avéré où la tombe est d’ores et déjà découverte) cette sépulture serait, avec la découverte de la cité d’El Dorado, deux découvertes archéologiques majeures du XXIème siècle.
Allez, continuons un peu à parler de cet empereur gentiment mégalo, parce que l’histoire est croustillante. Qin Shi Huang désirait bien sûr l’immortalité (quand on est empereur d’un Chine enfin unifiée et conquise, pourquoi se priver, hein. Oui, Cortex, la domination du monde, je sais, je sais -seuls les bénis de ma génération comprendront ce clin d’œil-). Il chargea donc le sorcier, érudit, explorateur (oui, un multi-classé, quoi) Xu Fu d’aller trouver de légendaires îles d’immortalité. Après un premier voyage infructueux, il repartit pour un tour et ne revint jamais (sûrement pour éviter la colère de l’empereur, un homme avisé, donc). Selon les légendes et sources il se serait établi et aurait plus ou moins fondé le Japon.
Qu’à cela ne tienne, l’empereur, toujours bel et bien décidé à rester immortel, et probablement de continuer à profiter de ses genre 48 concubines, testa d’autres traitements, notamment des perles rouges… donc composées de mercure. On peut facilement imaginer que ce liquide vaguement toxique pour le corps humain soit à l’origine de sa mort… Tant pis pour le « premier » empereur de la Chine ! (premier parce qu’historiquement, il ne serait pas vraiment le N°1, mais reste quand même le plus significatif).
(Re)Venons-en au palais de la dynastie des Tang (VIIème – Xème siècle),  puisqu’à cette époque, Xi’an était la capitale de la Chine (et à l’époque cette capitale se nommait Chang’an), et d’une Chine glorieuse, très ouverte (y compris d’esprit et de mœurs).
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Entre l’aspect délicieusement poétique de ce petit pavillon et le décolleté de cette robe, ne pensez-vous pas qu’on est loin de la représentation dictatoriale de la Chine ?

Ma femme, fort ronchonne sur ce point, n’arrête pas de me rabâcher que les japonais sont tous des voleurs, car les ambassadeurs japonais de l’époque ont ramené l’alphabet, le style vestimentaire et architectural (de l’époque) dans leur pays. Oui, oui, chérie, je ne contredirai pas que cette époque est considérée come un âge d’or pour la Chine, mais concernant le Japon… tu oublies un peu vite les siècles d’évolution qui ont suivi… ou ce qui a précédé…
Néanmoins, on peut tout à fait et facilement faire le parallèle entre la Renaissance italienne et l’influence politico-culturelle de la Chine à l’époque, pour simplifier.
Dans toute l’Asie, bien sûr, mais aussi vers l’Europe, notamment avec la route de la soie qui a été consolidée et protégée.
Part ailleurs, la place de la femme est actuellement vraiment très égalitaire sur le plan professionnel en Chine (une des conséquences évidente de la politique de l’enfant unique), moins sur le plan social, car elle a encore une position bien établie surtout à propos des tâches ménagères. Mais à cette époque, la femme était fort libérée et on peut revenir sur les canons esthétiques proches de ceux du XVIIème siècle en Europe.
Sinon, toujours dans cet endroit enchanteur, on peut apparemment profiter de feux d’artifices le soir, mais nous n’étions pas restés.
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Quelque chose du genre, je gage, mais là, il s’agit d’un spectacle son et lumières dans Xi’an elle-même. Et en été, oui, on se doute qu’en hiver, les foules se pressent moins dehors…

Ah, petite info fort utile pour les touristes : les souvenirs typiques (statuettes, magnets, etc.) de l’armée sont un peu moins chers sur place qu’en centre-ville. Oui, en plein centre touristique, on imaginerait spontanément le contraire…
Venons-en, au centre-ville. Pour peu qu’il fasse beau, vous n’avez aucune excuse pour ne pas profiter des murailles !  Entre leur excellente restauration, les spectacles en costumes (plus carnaval que d’époque, soit, mais l’intention reste bel et bien présente -pensez à prendre en compte les horaires, nous, on a loupé la représentation-), la possibilité de louer un vélo ou un tandem et de faire une ballade de 13,7 km -soyons précis, que diable !-, un beau point d’observation sur le reste de la ville, tout est réunit pour passer un vrai bon moment et essayer de retourner dans le passé.
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Pas de chance, il faisait bien venteux lors de nos pérégrinations, en plein soleil, ça doit valoir un autre coup d’œil !

De plus, l’accès aux murailles se fait aux alentours du vieux quartier touristique. Dommage de passer à côté de ces rues absolument traditionnelles, avec les boutiques proposant des bijoux et tampons de jade, du papier et des calligraphies, des souvenirs « basiques » (magnets, statuettes, figurines, etc.), des vêtements à l’ancienne…
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Souvenirs, souvenirs… tous en chœur !

Bon, impossible de ne pas préciser quelques points concernant le jade. On trouve des mines de jade à proximité, ce qui le rend abondant, mais comme les mines sont rares, ne rêvez pas, le jade n’est pas bon marché. Je devrais tout de suite corriger en précisant « le jade noble », car il existe differentes qualités du minéral. Je ne suis pas du tout géologue, donc je ne connais pas les techniques pour l’évaluer. Ensuite, il semble que le jade ne noircisse pas si il est léché par les flammes, donc vérifier si on n’est pas en train d’essayer de vous arnaquer via un briquet serait compréhensible, si ce n’est que je vois mal comment justifier ce genre d’action devant un marchand…
Ah, et un tips : il est tentant de vouloir acquérir un magnifique tampon de jade ou de pierre (à part la couleur -et encore-, je suis incapable de vous dire à quelle sorte de pierre j’ai eu affaire…), mais vérifiez que le vendeur puisse vous faire graver des caractères latins. Les plus petites boutiques n’ont souvent la technologie (par ordinateur) que pour graver en vitesse des caractères chinois. Trouver un graveur qui puisse accéder à une requête occidentale est par contre tout à fait possible, mais cela demande de poser quelques questions.
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Avouez que ça en jette ! Et autrement plus original qu’un éventail… D’accord, plus chez aussi !

Niveau historique, le musée de l’histoire du Shaanxi (le nom de la province) est franchement… pas mal. Alors, je précise tout de suite qu’une exposition permanente est payante, et en supplément je vous prie, mais qui propose de découvrir des fresques très  anciennes. A 100 ¥ (entre 10 et 15 €) par personne, je trouve cela un brin cher, donc j’ai fait l’impasse. Ayant vu le style des peintures en photo, je n’ai pas regretté ma décision, mais là, on entre dans le débat des goûts artistiques…
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Image qui n’est donc pas de moi, mais qui donne un aperçu…

Sinon, pourquoi dis-je que le musée (appartenant au top 10 des musées chinois) n’est que pas mal ?
Là, c’est l’ancien étudiant en muséologie qui parle ! La muséographie est vraiment vieillotte et pas toujours limpide. En gros, c’est vraiment le musée de grand-papa, les vitrines pourraient être nettoyées et les objets sont assez sortis de leur contexte (j’ai toujours du mal à vraiment me représenter une hache avec juste son soc/lame et pourtant je me targue de posséder une sacrée imagination). Les objets sont magnifiques, cela va sans dire, mais leur présentation est vraiment bateau, du coup un peu barbante (et je sais de quoi je parle !), ce qui est vraiment regrettable. Bon point toutefois, les légendes sont pratiquement toujours présentes en anglais, à quelques rares exceptions près (exceptions que je n’explique pas, ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais fichtre rien !).
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Non, Mesdames et Messieurs les rôlistes, ceci n’est PAS un d26 , mais bel et bien un tampon de haut dignitaire bien pratique, pour éviter de collectionner les babioles inutiles sur son bureau (et je sais de quoi je parle !).

Je n’ai pas beaucoup d’autres recommandations, car je n’ai pas eu l’occasion de visiter plusieurs des nombreux parcs et anciens bâtiments, qui parsèment la ville, mais qui sont souvent assez excentrés et demandent en moyenne une bonne heure de trajet aller (en métro ou bus, hein, pas à pied !).
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Pour y être aussi allé en hiver, je peux dire que s’il neige, c’est magique ! Par contre, je n’avais pas les vêtements ou godasses appropriés, donc gambader dans les jardins couverts de neige… non, tant pis. Zut, tout de même, ça doit être un régal pour les yeux !

Il y a aussi apparemment des bains, un peu à la romaine ou à la turque. Ayant visité Budapest, j’ai hâte de repartir vérifier !
Sinon, comme la ville est extrêmement développée, elle est assez polluée. On trouve par contre les immenses centres commerciaux propres au mégapoles, de façon évidente, je ne pense pas avoir besoin de développer ce point, surtout qu’aucun gratte-ciel n’est extraordinaire ou mémorable. Non, je ne suis pas blasé, certainement pas, même, mais on ne trouve pas de concombre comme à Londres, de porte de la défense comme à Paris, de Chrysler Building comme à New York, ou de boxer comme à Pékin/Beijing. Et ce n’est pas Dubai non plus.
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Mais tout de même, des coins comme la Tour de la cloche, le soir, ça ‘est vraiment pas courant, même en Chine !

Les spécialités culinaires sont par contre assez chouettes. Les plats de pâtes sont innombrables, mention spéciale pour les pâtes aux épinards que j’ai découvertes par hasard dans un boui-boui, alors que mon estomac criait famine !
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De formidables nouilles aux épinards, faites maison, et un « kebab chinois », dont vous pouvez lire le nom parce que je prends des photos pour vous instruire, ne me remerciez pas, c’est un plaisir !

Sinon, il y a ce que j’appelle le « kebab chinois », à savoir un petit pain rempli de viande façon rillettes. Oui, ça ne ressemble que très vaguement à un kebab (surtout qu’il n’y a pas de garniture), mais au moins, je me fais parfaitement comprendre. Ah, je recommande de toujours prendre la version sans gras, qui coûte juste 1 ¥ de plus, mais sinon, ce casse-croûte est vraiment indigeste pour nos petits estomacs fragiles. Ah (oui, le deuxième « ah », merci, je sais encore compter), normalement c’est un petit-déjeuner.

Manger, oui, mais avec des baguettes !

Alors, une année vient de se terminer, et généralement les fêtes ont été célébrées avec moult bonne chère…
Bon, en Chine, nada; tout simplement parce que le Nouvel An chinois n’est pas encore arrivé, que Noël est à peine une occasion de faire quelques achats supplémentaires, dans un pays où tout est prétexte à consommer.
En gros, aussi vide de sens qu’Halloween en France. Vous voyez le coté « fête commerciale vaguement suivie par le bon peuple » ? Ben ici, c’est pareil.
Et Noël est logé à la même enseigne que le Nouvel An.
Mais du coup, qu’est ce qu’on mange en Chine et est-ce que les plats d’un restaurant chinois ont un rapport avec la nourriture du cru ?
Décortiquons donc cela…
Je séparerai tout d’abord 3 types de cuisine : celle d’un restaurant de qualité, celle d’un boui-boui et celle d’un repas à la maison (ce qui exclut les repas instantanés et les repas de fête, qui se rapprochent de ceux des bons restaurants).
Par ailleurs, je rappellerai ce fait qui me semble désormais évident : la Chine est grande comme une bonne partie de l’Europe. Le pays est divisé en 22 provinces. Une province, c’est un petit pays du Vieux Continent.
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Un rappel que j’aime particulièrement utiliser !

Si vous voyiez « Restaurant Européen « , avec un menu comportant en entrée une salade de pommes de terre allemande, en plat des spaghettis à la bolognaise italiennes, en fromage un choix de fromages néerlandais et en dessert un croissant ou pain au chocolat, vous trouveriez ça ridicule ? Probablement et à raison. Eh bien, un restaurant chinois en France, c’est aussi crédible et respectable que cette amusante hypothèse. Attention, les plats peuvent être goûtus et on peut avoir bien mangé, là n’est pas la question, mais pour la logique ou la cohérence, on repassera.
Bref, chaque région ou ville est souvent très fière de sa ou ses spécialités.
Je serai honnête, je ne fais clairement pas toujours la différence entre certaines spécialités. Pour refaire un parallèle, un étranger en France n’est que rarement capable de faire la différence entre des fromages ou des vins… Je pense que vous saisissez l’idée, chers lecteurs.
Par ailleurs, la Chine est séparée en deux concernant le riz et les pâtes.
Au Sud, étant donné le climat et le nombre de rizières, on mange du riz à presque chaque repas. Dans le Nord, les pâtes l’emportent.
Alors bien sûr, rien n’est figé dans le marbre, et le petit bol de riz reste un accompagnement classique un peu partout, mais dans les restaurants, le type de plat typique sera clair dans le menu.
Ce -long- préambule clarifiant un peu la situation culinaire chinoise, venons en donc au restaurant ayant un certain standing.
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Ici, repas avec les collègues, les profs étrangers enseignant leurs langues maternelles respectives.

Tout d’abord, les habitudes font que c’est souvent un lieu de groupe. Les dîners romantiques aux chandelles ne sont pas une grande habitude chinoise. Famille, groupe d’amis, plusieurs couples s’y rassemblant,  collègues, on y mange à partir de 4 ou 5. Et pour cause, la table -ronde- comporte généralement un plateau tournant permettant de piocher dans chaque plat pour se servir. Et quand je dis piocher, je ne plaisante pas : chacun, armé de ses baguettes, va picorer une mimi portion ou bouchée, tandis que le plat va faire plusieurs tours de table jusqu’à être terminé.
Vous l’aurez compris, c’est très  convivial et surtout, on va commander bon nombre de plats différents, exactement comme un buffet.
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Rien à voir avec LA table ronde, hein, n’est-ce pas, mais imaginez qu’un change la forme et ça devient une farce…

Si vous êtes seul, vous commanderez votre plat dans votre coin, mais je parle de généralité et de culture, pas de votre petite expérience de touriste !
Par ailleurs, en accompagnement, vous aurez typiquement droit à votre mini bol de riz, qui, suivant le soin du restaurant et du cuistot, vous préparera votre boule plus ou moins jolie et ronde (et le riz plus ou moins bon et parfumé).
Toutefois, les plats ont une tendance à être considérés différemment qu’en France. Les os et le gras ne sont pas retirés de la viande et de toute manière, vous ne trouverez pas de pièce de viande façon steak à commander. Bon, une raison déjà évidente, c’est qu’on ne coupe rien avec des baguettes. Donc les pièces sont déjà découpées. Par ailleurs, le poisson sera systématiquement présenté entier, peau et arrêtes comprises.
Egalement, à part une légère différence de température des plats, n’attendez pas une claire différenciation tel une salade et un plat chaud.
Par ailleurs, pas de dessert. Les boules de glace, les litchis et les beignets aux fruits exotiques sont des agréments européens.
Par ailleurs, les fameux biscuits chinois (fortune cookie) sont une création américaine. Inutile d’espérer en trouver en Chine, donc !
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Dans les verres à pied, du vin -oui, forcément dirait-on-, mais surtout du rouge (il y a assez peu de blanc en Chine, en comparaison de l’hexagone) et aussi de l’alcool blanc.

Pour la boisson, beaucoup de chinois vont boire simplement de l’eau chaude ou du thé. L’alcool a tendance à être réservé pour des occasions un peu marquées, car on trinquera. Du coup, plutôt du vin ou de l’alcool blanc, le baijiu. Bon, le vin est souvent excessivement cher pour une qualité qui tourne plutôt autour du vin de table à des bouteilles « pas mauvaises » (avec des prix outrageusement élèves, façon crus).
Sinon, je glisse dans cette catégorie la fondue chinoise (le hot pot). Pas de fourchettes particulières, on garde les baguettes. Plus ou moins épicée suivant les régions, la base est un bouillon dans lequel on plonge une variété d’aliments. Pas de mystère, la fraicheur et qualité de ces derniers va donner toute la saveur de la fondue.
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Ici, oui, je mange uniquement avec ma chère et tendre (je parle de mon épouse, pas de la viande !)

Je profite d’avoir abordé les sujets de la température et des épices pour effectuer 2 digressions (ceux qui se sont déjà tapés mes précédents articles doivent commencer à avoir l’habitude…)
Souvent, les chinois vont parler de froid et de chaud pour qualifier la « nature » des plats plutôt que la température  effective du plat. Suivant la « température » du corps (son état, qui considère la saison ou tout simplement un dérèglement, façon médecine traditionnelle chinoise), tel ou tel aliment va être considéré comme approprié ou pas. L' »essence » du gingembre est chaude, donc il doit être consommé si le corps est « froid », par exemple en cas de rhume ou de fièvre.
Par ailleurs, je me dispute depuis des années avec mon épouse en ce qui concerne le goût et ce que je considère comme plus ou moins épicé.
Pour elle, aucune différence. Pour moi, ça n’a rien à voir.
Imaginez un rosbif anglais bien fade. Imaginez maintenant une sauce ultra épicée. Votre rosbif sera toujours aussi fadasse, il sera toutefois extrêmement épicé. Ben pour un chinois, vous aurez généralement droit à un commentaire parlant du goût prononcé de ce plat. Et un français avec une moue de dépit.
Par ailleurs, la province de Sichuan est célèbre pour sa nourriture TRES épicée, ses fondues à faire pleurer un occidental, son poivre délicieux et ses pandas (non, on ne les mange pas, ceux-là…).
Et les chiens ? Parce qu’en Chine, ces sauvages mangent du chien. Oui, oui, calmez-vous, ma bonne dame. Quand vous promenez votre toutou et que vous croisez un asiatique, et un chinois en particulier, aucune chance que votre animal de compagnie le fasse saliver.
En fait, seule une région au Sud de la Chine mange du chien (au Guangxi). Et on parle  de chiens d’élevage, bien sûr, comme on mange du pigeon d’élevage et non ces rats volants qui fientent sur nos cathédrales, des grenouilles d’élevage et non des crapauds baveux, etc.
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Voilà, je vous ai bien choqué (je précise que je ne suis pas le photographe, je ne suis jamais allé dans cette région de Chine) ! Atténuons toutefois le sujet pour préciser que la cynophagie (le fait de manger du chien -vous vous coucherez plus érudit ce soir-) est une pratique répandue dans plusieurs pays d’Asie et qu’en Chine, cette habitude alimentaire a tendance à être de plus en plus réduite (car considérée comme de plus en plus dérangeante). Voilà, vous pouvez souffler…

Bien, revenons en à nos moutons (le mouton est au centre de bien des plats, probablement plus qu’en France -et je parle en terme de pourcentage de recettes, bien évidemment-).
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Une chose est sûre, à l’heure des repas, ces restos sont blindés de monde ! A droite, un assortiment, entre de la soupe sucrée au riz, des brochettes, des nouilles et des galettes. Dans la boîte ? Des desserts venant de boulangerie, vous ne trouverez pas de desserts dans ces lieux, ne rêvez pas !

Les petits restos font partie intégrante de la vie quotidienne chinoise. Vu le prix, entre 6 et 15 ¥ (1 ou 2 €), suivant le plat et l’endroit ou la ville, aller manger dans ce genre d’établissement est absolument courant. Ici, pas de repas partagé, hormis si on parle de brochettes grillées.
Par ailleurs, boire de la bière (les bières chinoises sont très à l’allemande, très légères et toujours blondes, bref, du Heineken ou de la 1664, beaucoup ont déjà dû essayer la fort connue Tsingtao -que je trouve sans intérêt, parlez moi d’une bonne bière belge, les enfants, façon trappiste-) est dans ces conditions assez classique.
Je me dois tout de même signaler que certains petits bars sont des brasseurs et peuvent étonner dans le meilleur sens du terme. Je me souviens d’une bière brune ou rousse, dans la ville de Baotou, en Mongolie intérieure, qui était une formidable surprise. De la vraie bonne bière dans un mini bar entouré  de ces petits restos qui payent rarement de mine.
Sinon, pêle-mêle, on a les plats de nouilles sautées ou dans leur bouillon, le riz avec sa sauce mêlée de légumes et viande, souvent frits au wok, les jiaozi (les raviolis ou dumplings, qu’ils soient cuits à la vapeur, frits ou bouillis dans l’huile), les baozi (petits pains chinois cuits à la vapeur et fourrés à la viande ou aux légumes) et j’en passe et des meilleurs.
Petite précision, la viande est chiche. Souvent trois minis bouts se courant après.
Tous les fast-food (que ce soient les américains, surtout KFC qu’on trouve un peu partout, clairement plus courant que McDo, mais surtout les variantes chinoise; d’ailleurs, on est presque toujours dans du poulet, même à McDo, le steak de bœuf n’est pas du tout courant !) entrent aussi dans cette catégorie, mais coûtent bien plus cher, au minimum le double du prix, même si on paye entre 30 et 50 ¥ (entre 4 et 8 €). Là, à ce tarif, ce n’est plus du remplacement de repas à la maison…
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Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, permettez-moi de vous présenter dicos, le McDonald’s chinois (je devrais dire le KFC, à cause du poulet qui est l’ingrédient de tous les menus, mais KFC reste bien moins connu et présent en France…). Et non, ça ne vaut pas le coup : très cher, très peu dans l’assiette, chiche en sauce comme en crudités.

Au-delà du budget étudiant standard, en tout cas ! Comme les étudiants n’ont pas de coin cuisine, ils vont généralement manger dans ces établissements très bas prix, ou alors utiliser les nouilles instantanées (de l’eau chaude et hop, le tour est joué !).
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Quand je vous dis « tous accros au portable », je ne blague pas !

Enfin, le repas familial (le quotidien). C’est à mi-chemin entre le repas convivial et le plat unique. Chacun va avoir son bol de nouilles ou de riz et va piocher dans un ou deux plats placés au centre de la table pour accompagner son bol.
Surtout que le riz va toujours être « blanc ». Pas de sauce, ni sel ou poivre.
Et comme boisson, pratiquement toujours de l’eau chaude, comme nous buvons notre eau fraîche ou à température ambiante.
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A défaut d’une photo de repas de famille, une préparation à la main de jiaozi (les raviolis ou dumplings). Le tour de passe-passe pour détourner l’attention se voit ou pas ?

Par ailleurs, les vieilleries concernant le fait de ne pas finir son plat qui exprimerait sa faim (et donc le fait d’être automatiquement resservi) ou de devoir laissé des plats à demi ou aux trois-quart entamés sont des vieilleries. Certes, beaucoup de chinois ne vont pas chercher à forcément finir leur « assiette », mais de plus en plus, les sacs à toutous (je viens de découvrir l’adorable traduction du terme bien plus utilisé doggy bag) sont disponibles un peu partout (surtout dans les restos un peu chics, on ne récupère pas les restes d’un plat à 6 ¥…).
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A gauche : celles à usage unique, dans des sachets ou à séparer, en bois de bambou /// Au centre : les réutilisables, en vrai bois ou en plastique « verni » /// A droite : celles de collection, souvent en porcelaine; on peut manger avec, mais je ne l’ai jamais observé (de même qu’on utilisera les couverts en argent pour les grandes occasions).

Egalement, les baguettes. Ces ustensiles font partie intégrante des façons de manger chinoise. Dans les restos un peu chic, vous aurez de belles baguettes, souvent un peu travaillées. Dans les boui-bouis, vous aurez au choix les baguettes « neuves » de bambou ou bois ultra basique et à usage unique ou celles en plastique, réutilisables, du resto.
Enfin, à la maison, ce seront les baguettes réutilisables en bois ou bambou.
Les baguettes de collection existent mais sont des objets décoratifs.
Dernière  petite chose, le savon et les serviettes. Si vous sortez, hormis les restaurants de bon standing auront du savon dans leurs toilettes. Les touts petits restos n’ont en général même pas de toilettes ou lavabos. Je préconise ces savons en spray ou gel n’ayant pas besoin d’eau, très pratiques et permettant un minimum d’hygiène. Enfin, les serviettes sont parfois payantes ou parfois simplement absentes, donc ayez toujours des serviettes ou mouchoirs avec vous.
Bon appétit dans tous les cas, avec les myriades de plats existants, impossible de ne pas tomber sur un qui ravira vos papilles !

Travailler… en tant que prof ?!

Je termine ce semestre et je peux désormais faire un premier bilan… Travailler en Chine, particulièrement en tant que professeur (de langue), qu’est-ce que ça donne ?

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Le travail en Chine, c’est déjà expliquer, démonter ou jouer avec les stéréotypes et les clichés !

Alors, déjà, travailler en Chine tout court, quid ? C’est à la fois plus facile et compliqué que dans l’hexagone ou dans notre bonne vieille Europe.

Premièrement, il faut se charger de la paperasse administrative. Pour obtenir un visa de travail, souvent, il n’y a pas tellement de choix, on doit obtenir une lettre d’invitation de la part de l’entreprise ou l’organisme qui va vous embaucher. Ça paraît tout bête, mais ne pas faire cette démarche risque de compliquer largement votre séjour, si vous décidez, comme moi, de partir en Chine avec un visa différent de celui vous autorisant à travailler.

Petite parenthèse personnelle donc, je suis parti avec un visa de regroupement familial en accompagnant mon épouse. Nous pensions assez facilement changer de type de visa une fois sur place, d’autant plus que je n’avais pas encore trouvé un établissement qui veuille m’embaucher a priori. Sans écrire « grave erreur », je ne puis que déconseiller la démarche que nous avons suivie. Il a fallu « quitter la Chine » (dans mon cas, nous déplacer à Hong Kong), pour nous rendre dans un consulat de Chine, afin de tout recommencer, sachant en plus qu’il fallait des assurances et tout le tintouin que peut demander une administration. Petite comparaison : vous trouvez que notre belle bureaucratie tricolore est lourdingue et se fiche de l’aspect humain ? Eh bien, en Chine, c’est la même chose… en chinois. Sans ma compagne, je n’aurai jamais obtenu le permis !

Bref, si vous voulez devenir professeur de langue, je vous préconise de faire bien plus simple : vous prenez contact avec une université et vous les laissez préparer votre dossier pour les autorités chinoises, pour obtenir directement le visa approprié ! Par ailleurs, autant certaines associations d’échanges franco-chinois que l’Ambassade de France peuvent proposer des postes ou transmettre des offres d’emploi.

Deuxièmement, sachez que, à ma connaissance, deux profils types sont recherchés par les sociétés chinoises : les éducateurs et les hommes d’affaires (non, j’abhorre cette nouvelle tendance qu’est l’écriture inclusive, donc vous n’aurez pas des phrases telles « homme (femme) d’affaires » ; et pour les ardents défenseurs de cette idiotie, essayez donc déjà d’apprendre un bon français à des étudiants étrangers, après on reparlera de complexifier à loisir une langue déjà complexe et romantique). Hem. Pardon, pardon, j’ai passé mon petit coup de gueule, que je partage d’ailleurs avec mon compatriote français. Et sachez que je viens de présenter un magnifique texte parlant de l’émancipation de la femme à travers le XXème  et début du XXIème siècle, donc la langue en elle-même n’a vraiment rien de sexiste !

Où en étais-je avec cette digression sur un sujet qui me hérisse ? Mais oui, les travailleurs recherchés ! Sachez que le français, bien derrière l’anglais et les langues asiatiques (normal, au vu de la proximité avec les Corées, le Japon, l’Indonésie, etc.), possède une certaine demande, mais qui dépend des régions et de leur développement. A Lanzhou, par exemple, le marché est faible. Donc, à part enseignant, on recherchera des négociateurs et des personnes versées dans le domaine de la finance, pour … ô surprise, le business ! Vous êtes étonnés, n’est-ce pas ? Par ailleurs, étant donné les relations économiques et commerciales particulièrement développées avec l’Afrique, sachez qu’un francophone risque de travailler bien plus avec le continent africain qu’avec l’européen.

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Voilà une idée générale et très simplifiée de l’importance des échanges et partenaires économiques de la Chine. L’Afrique est bel et bien un sacré morceau !

En dehors de ces domaines, me direz-vous ? A mon humble avis, à part si vous êtes cuisinier, pâtissier ou boulanger, on risque de ne pas vraiment s’arracher votre CV. La concurrence sera rude et autant le marché sera vaste que vos potentiels concurrents seront nombreux. Je passe sur la nécessité malgré tout de posséder un certain niveau d’anglais, à moins de parler un bon (voire très bon) mandarin.

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Mesdemoiselles (oui, je l’utilise toujours, ce terme là, au diable sa désuétude !), Mesdames, Messieurs : la culture française ! Comment ça belge ?! Zut, on parle de BD franco-belge, saperlipopette !

Venons-en donc au sujet dont je peux parler le mieux sans m’avancer sur des analyses ou spéculations : prof. Durant les mois passés ici, j’ai été en premier lieu professeur à l’université, mais aussi professeur de collège, professeur (particulier ou en petites classes) dans des instituts de langues étrangères. J’ai donc déjà un aperçu plutôt général du métier, même si je dois concéder que mon expérience n’est encore que relativement réduite, temporellement parlant.

Alors, qu’a-t-on besoin pour devenir éducateur dans l’Empire du Milieu ?

Tout d’abord, un diplôme en minimum en lien avec le français, le niveau de Master aide quand même beaucoup. Toutefois, les universités sont classées (la Chine ne suit pas l’idée française que tous les établissements supérieurs se valent, elle suit bien plus le modèle anglo-saxon) et entrer dans une université moyenne ou de rang assez bas est évidemment bien plus accessible qu’entrer dans les meilleurs établissements.

Ensuite, la justification d’un minimum de capacités d’enseignement. Toutefois, il n’est pas nécessaire d’avoir été professeur pour enseigner ici. On n’est pas dans l’hexagone, avec une vision quelque peu étriquée des capacités. Parmi les trois professeurs de français de l’université Lanzhou Jiaotong, un collègue sort d’études politiques, un autre que je connais très mal a je crois étudié le chinois et j’ai étudié la philosophie et la muséologie. Je n’avais pas d’expérience classique dans l’enseignement auparavant (toutefois, j’ai exercé dans le service qualité d’une branche d’AXA, j’ai organisé différents séminaires, interventions et échanges culturels et internationaux pour la jeunesse, donc je ne débarque pas totalement en terrain inconnu !), mais mon apprécié collègue n’avait pas non plus d’expérience dans l’éducation avant de débarquer en Asie.

Néanmoins, je précise tout de suite, l’éducation en Chine et un vrai business. Information intéressante, il est obligatoire pour une université d’avoir dans le rang de ses enseignants au moins une personne de langue maternelle, donc suivant le personnel, presque n’importe qui est malgré tout susceptible de convenir. Suivant les universités, les professeurs étrangers sont même relativement peu considérés, ils sont « juste » une nécessité. Par ailleurs, pour ceux qui parlent d’autres langues étrangères, la demande va insister au maximum sur l’accent, qui doit être le plus proche d’une langue maternelle. J’estime par exemple avoir un fort bon niveau d’anglais, mais je suis parfaitement conscient que je ne pourrai pas donner de cours, puisque mon accent français est par trop prononcé. Et même pour l’allemand, que je parle avec peu d’accent pourtant, ce n’est pas simple…

Enfin, je pense quand même devoir aborder ce sujet : le racisme. Ici, c’est l’Asie. L’obligation du « politiquement correct ne devant choquer personne », passez le aux oubliettes. Oui, en tant que blanc, vous serez fort bien considéré, voire admiré a priori; si vous êtes noir ou beur… ce sera nettement plus difficile. Malgré la politesse affichée du chinois moyen, le véritable respect sera fort difficile à obtenir, soyez au moins au courant.

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Bon, je reprend un exemple assez parlant qui avait déjà fait parler de lui sur Internet, mais qui exprime assez clairement mon avis…

Bien, j’ai un peu balayé les prérequis, mais qu’est-ce que ça donne, au final, un cours de langue ?

Avant de pouvoir donner une réponse bateau et générale, il faut déjà considérer l’audience (voire la clientèle). A l’université, une salle de français, c’est environ une trentaine d’étudiants, en majorités des étudiantes (les garçons forment grosso-modo ¼ de la classe). Au collège, ce sont des classes d’une petite cinquantaine d’élèves. Dans un institut, ce sont des cours particuliers ou des classes de quelques personnes. Précisons tout de suite, pour les cours en instituts, en collège ou en lycée, tout est jeu de relations et contacts. Sans ma femme, je ne serai que professeur universitaire…

Rappel : je parle du français ou de l’allemand (et je puis élargir ce schéma à l’italien ou à l’espagnol), pas de l’anglais, bien plus attractif, pour ne pas dire nécessaire, donc très demandé. Toutefois, à part pour un absolu bilingue, vous n’obtiendrez pas d’offre d’embauche de ce côté là.

Tout d’abord, une chose qui frappe, c’est justement que le sentiment de sécurité et de respect du professeur est proche de ce que j’imagine d’un professeur des années 60. Insultes, menaces, violence verbale ou physique ? Que nenni ! Mention spéciale aux salles de collège où tous les jeunes vont se lever et vous saluer au début de la classe. D’ailleurs, de manière générale, vos étudiants vous salueront dès qu’ils vous croiseront.

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Tout de suite, ça vous calme, hein ? C’est ça qui manque à la France, ma bonne dame, c’est moi qui vous le dit : la di-sci-pline !

Bon, ensuite, le revers de la médaille, c’est le « carcan » qu’on tous ces étudiants. Carcan social, d’abord, puisque rares sont ceux qui vont prendre la parole ou poser des questions. Vous voulez de la participation ou des réponses, il faut aller les chercher, tel le trappeur partant chasser les animaux à fourrure dans la forêt.

Personnellement, j’ai une petite théorie linguistique, d’ailleurs partagée avec deux autres jeunes collègues professeurs (français et gallois) : en chinois, le mot « wèn tí » est utilisé, qui signifie autant « question » que « problème ». Le fait que ces deux concepts ou notions soient réunis dans un même mot, lié à la culture de ne jamais perdre la face, me pousse à penser que poser une question, c’est admettre avoir un problème, donc une faiblesse, devant les autres. D’où l’immense réserve de la majorité des étudiants chinois à prendre la parole et se tromper ou admettre une incompréhension. Certes, mon épouse chinoise ne partage pas cet avis, mais je me demande jusqu’à quel point ma spéculation peut se révéler vraie…

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Oui, enfin bon, après ça, c’est une trentaine de copies à corriger… La kryptonite professorale, pour reprendre le bon mot d’un ami dans le métier !

Carcan intellectuel aussi, oserai-je dire. Dire que les jeunes chinois ne sont pas ouverts d’esprit serait une bêtise. Mais ne pas admettre qu’ils sont moins curieux, de façon générale, est malgré tout une erreur. Ils sont habitués à apprendre, réciter, au par cœur; pas à analyser, résumer, critiquer ou synthétiser. Sans être des robots, ils vont toujours vouloir utiliser le dictionnaire et comprendre « comme il faut ». Les pousser à exprimer leur avis est un exercice de longue haleine.

Ainsi, autant ils pourront bien comprendre des textes littéraires et seront assez à l’aise à l’écrit, autant à l’oral… leur niveau pèche. Le problème est que beaucoup d’enseignants chinois n’ont jamais quitté la Chine et n’ont jamais mis les pieds dans un pays francophone (ou alors, ils ont juste visité Paris en groupe de touriste). Ainsi, ces professeurs vont pouvoir expliquer les théories langagières, mais n’auront pas forcément un excellent niveau en français (ou dans les autres langues « européennes »). Les étudiants vont avoir des cours en chinois de théorie et d’exercices, mais peu d’oral et pas forcément d’un excellent oral. Quand on veut apprendre une langue étrangère, cela rend les choses compliquées…

Du coup, j’estime que de manière général, le niveau, particulièrement universitaire (en tout cas à l’université Lanzhou Jaiotong, une université « moyenne ») est moyen, voire bas.

Ensuite, il y a le fléau des téléphones portables. Bon, non qu’en France il n’existe pas, mais les chinois, comme beaucoup d’asiatiques, sont ultra connectés. Tout est réuni dans leur mobile : Internet, jeux vidéo, chats et liens avec les réseaux sociaux, dictionnaire et applis diverses. Interdire les portables, c’est une quête sans fin, surtout que vous aurez les bons étudiants et les mauvais étudiants.

Mais au fond quelle différence y a t il entre le bon et le mauvais étudiant ? Non mais, le mauvais étudiant, bon, bah, c’est un jeune qui a un portable, y l’est en cours, y l’utilise…Et le bon étudiant ? C’est un jeune, il a un portable, y l’est en cours, mais y l’utilise… mais…c’est pas la même chose ! Y’a le bon étudiant, et y’a le mauvais étudiant…

Oui, n’est-ce pas ? Aaaah, les classiques français, certains sont indémodables ! (je me sens vieux, d’un coup…) Plus sérieusement, faire la différence entre un élève qui utilise son téléphone pour vérifier un mot et un autre qui en profite pour s’évader avec (2h de cours par semaine, enfin, deux fois 50 minutes, soyons précis que diable, c’est vrai que c’est le bagne !), c’est difficile. J’ai tendance à repérer les différents larrons quand même (pas si difficile), mais je ne m’interromps pratiquement plus pour confisquer le jouet désormais; je me concentre envers ceux qui le méritent, pas les dilettantes…

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Eh hop, un flagrant délit ! OK, j’admets, je déteste ces salles avec écrans d’ordinateurs qui permettent aux « talentueux étudiants » de « cacher avec brio leur activité annexe durant leur cours »… Comme si un prof ignorait vraiment ce qui se passe dans sa salle… Rêvez, mes petits !

Mais le plus problématique, à mon sens, c’est que durant les études universitaires, la politique est le « tout le monde passe ». Pour qu’un étudiant redouble, il faut qu’il soit vraiment mauvais, souvent absent, etc. Du coup, le niveau en classe devient vite compliqué car déséquilibré. Vous allez faire face à des étudiants désintéressés, inattentifs et qui ne travaillent pas, mais devoir aussi les noter comme s’ils étaient des élèves tout à fait acceptables. Franchement, pour les barèmes de notation, bonjour…

Enfin, pour les examens et exercices, c‘est flou. Très flou. Je sais que pour l’enseignement supérieur, le professeur est censé avoir une certaine liberté d’action, mais là, je parle juste de la manière de noter les élèves. Aucun professeur étranger ne reçoit les mêmes consignes, au final, c’est assez à la tête du client. De plus, les notes sont assez vides de sens, car ce qui va importer au final, ce seront les tests de niveau de langue que les étudiants qui veulent vraiment utiliser une langue étrangère de façon professionnelle vont passer. Le sentiment de travailler un peu pour des prunes ou dans le brouillard est assez déstabilisant, il faut bien le dire.

D’un autre côté, à part une vague directive pour le programme du semestre, l’enseignant à une paix royale pour enseigner ce qu’il veut. C’est franchement appréciable, surtout que ce qui sera demandé à un professeur étranger est toujours la même chose : un cours oral. On demande de parler, de présenter notre bon pays à ces charmantes têtes blondes (ici, les cheveux sont noirs, les peaux dans les teintes de jaune, du plus clair au plus bronzé et les yeux pratiquement toujours très sombres, mais si, je vous assure !). Du coup, comparé aux professeurs chinois, le poids des responsabilités, des contrôles, comptes rendus et réunions  est réduit à pratiquement rien, ce qui laisse bien plus de temps libre.

 

Pour ma part et pour conclure, j’écrirai sans hésiter que mon enseignement préféré est celui du collège : des jeunes attentifs (une salle de pratiquement 50 pré-adolescents, si, si !), motivés, curieux et enjoués d’apprendre, ultra polis et joyeux de vous voir, c’est un véritable plaisir et une vraie piqure de motivation et d’entrain. En plus, beaucoup sont meilleurs que mes étudiants de français à l’université, un comble !

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Ça, c’est juste pour faire baver d’envie les professeurs en France ! Osez me dire que vous avez les mêmes !

Londres + New York + Chine = Hong Kong

« Bonjour Monsieur. Petite question : la Chine, pour vous, c’est quoi ?

 – La Chine ? Heuuu, alors c’est, ben c’est des bridés qui font que du commerce, qui mangent du riz avec du poisson, là, des sushis et puis des nouilles. Et pis ils aiment bien ces petites bandes-dessinées écrites sur du papier toilette, et puis ces dessins animés violents. Et pis, ils copient tout et font de la camelote à partir des produits bien de chez nous, les produits occidentaux, quoi. Et pis ils sont tout le temps connectés à Facebook, à Youtube et tous ces réseaux sociaux. Et pis ils vivent entassés dans des villes surpeuplées. Les chinois en Chine, quoi.

 – Vous parlez des hongkongais, n’est-ce pas ?

 – Euh, des chinois.

 – Non, non, des hongkongais. Merci pour votre très juste avis, Monsieur et au revoir.

– … »

 

Alors, une ville ultra moderne, ultra ouverte sur le monde occidental, ayant largement accepté une bonne part de la culture japonaise moderne ou contemporaine et utilisant plus qu’à leur tour les réseaux sociaux occidentaux, ça existe ? Mais oui et on parle bien de Hong Kong !

 

Petit retour en arrière. En 1839, la Grande-Bretagne envahit la Chine et un des premiers actes des britanniques sera d’occuper Hong Kong (plutôt inhabitée à l’époque). C’est le début de la première guerre de l’opium. La Chine cède l’île de Hong Kong en 1841, lors de la négociation du processus de paix. En 1842, le traité de Nankin est signé, mettant fin à la guerre. A partir de ce moment, cette nouvelle colonie connaît un bel essor, servant de relais commercial majeur. En 1898, la Grande-Bretagne obtient un rallongement de 99 ans concernant la possession de l’île. En septembre 1984, après des années de négociation, les deux pays se mettent d’accord pour qu’en 1997, l’île soit reprise par le gouvernement chinois, sous certaines conditions, notamment économiques. Tout se passe comme prévu et le 1er juillet 1997, Hong Kong redevient un territoire chinois.

Sauf que…

Sauf qu’on ne se croit pas vraiment en Chine quand on débarque à Hong Kong !

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Vous la sentez, la puissante influence chinoise et asiatique, ici ? Blague à part, Hong Kong de nuit est un plaisir lumineux ! Et je viens de Lyon, moi, ma bonne dame, les illuminations (du 8 décembre), je sais ce que c’est !

Déjà, petite précision ou anecdote personnelle, je suis parti à Hong Kong pour changer de visa, afin d’obtenir un visa de travail. Parce que oui, j’ai dû traverser une bonne partie de la Chine pour me rendre dans un consulat chinois (le plus proche et accessible depuis Lanzhou –non, je ne me suis pas rendu en Mongolie-). Oui, je répète, aller à Hong Kong pour me rendre dans un consulat chinois. Chercher l’erreur administrative.

Et j’ai vite compris pourquoi. En voyageant en train (je passe sur la longueur du voyage, les voyages en Chine auront droit à un article à eux tous seuls), passage à un poste frontière et douane. Déjà, clairement l’impression d’arriver dans un autre pays asiatique.

Impression renforcée car on parle le cantonnais dans la rue, donc un dialecte différent du mandarin. Et on paye en HK$ (dollars de Hong Kong), donc on change aussi de monnaie. Bon, ce n’est pas trop compliqué, parce que le taux entre le yuan et le HK$ est pratiquement équivalent. Ouf, pour une fois qu’on m’arrange un peu la vie…

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Ceci dit, dépaysement ne veut pas toujours signifier bon goût… Je laisse le soin aux amateurs de licornes arc-en-ciel le soin de se régaler, les autres, vous pouvez continuer votre lecture.

Et évidemment, la population et l’écriture rappellent clairement que nous sommes en Asie, mais il vaut mieux, car pour le reste, on se croirait à Londres ou New York. Londres pour le respect des règles, particulièrement dans la circulation où on roule à gauche, et les files dans le métro où l’on respecte les gens pressés, où l’on attend que les voyageurs sortent des rames avant d’entrer dans le wagon. Bref, le côté très respectueux de l’Angleterre est resté très ancré dans la mentalité et culture des lieux. Et avec les gratte-ciels vertigineux, comment ne pas penser aux métropoles américaines, avec en premier lieu Manhattan (elle-même située sur une presqu’île, l’impression est souvent assez proche, si on excepte le relief bien plus montagneux de Hong Kong, qui n’a rien à voir avec la Grosse Pomme).

Face à l’habitude chinoise de (se) bousculer, malheureusement souvent impolie, le changement est assez frappant.

Ensuite, on sent vraiment la différence dans la rue, l’ambiance est vraiment très occidentalisée, et je ne parle pas du très grand nombre d’occidentaux présents dans les rues (entre les habitants, travailleurs et touristes). La communauté française est d’ailleurs extrêmement nombreuse, c’est même une des communautés étrangères les plus importantes. Avec 500 000 expatriés, hormis les asiatiques du Sud-Est et les britanniques, la communauté française se taille une part du lion. Dans tous les cas, ici, on joue les businessmen façon haut standing (le quartier de Wall Street n’est pas loin !) et le costard ou le tailleur est souvent de mise.

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Tout de même, il serait fort dommage de se priver des joies de la vie nocturne de Hong Kong, elle est assez trépidante. Je conseille malgré tout d’éviter la ballade en jonque, c’est un attrape-touristes (même si, comme à Venise, cette manne permet à ces bateaux si typiques de continuer à naviguer). En tout cas, à Hong Kong, on se couche tard et la magasins ferment souvent vers 22 h.

Du coup, mon lecteur pourrait imaginer que Hong Kong manque de personnalité. Personnellement, je trouve que c’est justement cette très grande occidentalisation et cette proximité avec la culture et l’architecture occidentale, mais à l’hongkongaise, qui fait que Hong Kong est tellement particulière.

Où ailleurs peut-on trouver autant de magasins de produits d’importations (rappel, les biens à Hong Kong sont détaxés), avec parfois des prix même inférieurs à ceux de l’Europe ou des U.S.A., des restaurants d’absolument toutes les spécialités du monde (toutefois, la cuisine japonaise y est fort représentée), les marques de tous pays s’entremêlant joyeusement. Pour un amateur de shopping, on y trouve de sacrés affaires ou surprises, même si tout demande du temps et de quand même bien se renseigner.

Petit bémol, si Google et Googlemaps fonctionnent sans problème, toutes les données ne sont pas toujours à jours. Par exemple, je cherchais des boutiques de livres d’occasion, sur les 3 obtenues via le moteur de recherche, 1 avait fermé depuis un moment, 1 est restée introuvable et la dernière était fermée (pour les vacances).

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Roooh, le rabouin, il montre des photos osées pour appâter le chaland. Assurément, j’ai un blog à faire tourner, moi ! N’empêche, quand on pense qu’en Chine, l’érotisme est censuré, découvrir des sex shops, des salons de massage où on propose au passant d’appétissantes donzelles proposant de multiples services, ou encore des stands comme au marché proposant des sex toys à la place de tomates, la différence est plutôt frappante.

Par ailleurs, on sent l’immense liberté de mœurs dans la ville. Que ce soit le sexe, l’ouverture au mode de vie occidental ou japonais (toute la japanimation est bien plus populaire qu’ailleurs, où la culture japonaise va toujours de pair avec une certaine rancœur concernant les exactions japonaises durant la seconde guerre mondiale –et surtout que le Japon n’a jamais présenté d’excuse face aux massacres envers la population civile chinoise-), ou tous les produits de contrefaçon, on sent que la règle est claire : ici, on fait des affaires et l’argent est roi.

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Cosplay et Japan expo, inspirations diverses et figurines de mangas et d’animes dans les magasins, les amateurs seront aussi ravis que méfiants : veuillez à observer attentivement la qualité de vos achats, les contrefaçons vont du grossier à l’excellent, se mêlant aux produits officiels importés du pays du soleil levant. Toujours est-il que le japon rayonne autant que l’occident à Hong Kong !

De plus, comment oublier l’importance du cinéma dans cette ville. Tant de films asiatiques connus en occident sont issus du cinéma hongkongais. Bruce Lee, bien qu’américain, est une figure emblématique de ce type de cinéma et les hommages aux grands réalisateurs ou acteurs chinois sont ici nombreux. Il y a un petit côté Hollywood bel et bien présent.

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Si on est fan de cinéma, un détour à l’Avenue des stars s’impose. Outre la statue de l’idole, on trouve les empreintes des mains de très grands noms du cinéma (Jackie Chan, Maggie Cheung, Michelle Yeoh, Jet Li, Wong Kar-wai, pour ne citer qu’eux).

 

Par ailleurs, le poste de police de Yau Ma Tei est très célèbre dans la filmographie des films policiers, d’action et de nombreuses séries télévisées. On le retrouve dans, notamment, Young and Dangerous, Armed Reaction, Infernal Affairs, Lives of Ommision, Lee Rock et Special Branch (merci à ma charmante épouse pour la liste clairement non exhaustive !).

Les attractions touristiques sont par contre très chères (rien que prendre le funiculaire pour monter au sommet du pic Victoria demande pas moins de 45 HK$ -5 €- pour une dizaine de minutes et par personne, ai-je besoin de le préciser ?). Je passe donc sur les Ocean Park et Disneyland que je n’ai pas visité qui m’intéressaient très peu de toute manière.

Ensuite, la vie est chère. Si le repas moyen reste apparemment très abordable pour un touriste occidental, j’ai vécu depuis quelques temps en Chine et je peux assurer que le rapport qualité/prix n’est pas au top. Les prix sont très exagérés et j’ai eu le témoignage d’un habitant du cru qui était assez désespéré par le prix de l’immobilier, il expliquait que sa compagne et lui-même, tous deux salariés et de classe moyenne, devait partager un petit appartement en colocation avec un autre couple. Bref, prenez cela en compte si vous comptez vous installez dans cette ville assez fascinante. Un certain nombre de personnes prennent le train (les trains à grande vitesse relient plusieurs villes continentales, comme Shenzhen ou Canton), mais cela signifie passer beaucoup de temps dans les transports (oubliez la voiture, la circulation est assez surchargée), sans parler du contrôle aux postes frontières. Dois-je aussi indiquer que tous les produits vendus aux touristes, même (et bien sûr) les contrefaçons, auront droit à leur gonflement de prix ? Franchement, pour tous ceux qui veulent s’installer là-bas, mieux vaut avoir le sens des affaires.

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Les logements sont pratiquement des clapiers (la faute à un prix du mètre carré disproportionné) et une circulation automobile très dense (qui signifie aussi forcément pollution). Hong Kong est une île, tout est très serré et encombré. Soyez prévenu.

Pour ce qui est des spécialités locales, les amateurs de poisson et de fruits de mer pourront se régaler. Les assiettes de crustacés, les poissons et tout l’aspect de la cuisine japonaise (elle aussi très marquée par les produits de la mer) y est évidemment prépondérant. Toutefois, ce fatras de petits restos fait vraiment le charme et le jeu de la ville. Bien sûr, dans les grandes allées à touristes, la qualité et quantité des plats est pratiquement identique (du moyen au bien), mais pour peu qu’on joue aux explorateurs, on peut tomber sur de petites perles purement locales, où non seulement la nourriture est bonne, mais où les tarifs sont enfin attractifs. Reste les très nombreux restaurants avec une addition conséquente, mais où le gourmet est sûr de se régaler, puisque la cuisine orientale et chinoise s’est inspirée de certains produits et habitudes européennes (pas uniquement britanniques), comme par exemple la moutarde (oui, trouver de la moutarde dans un plat chinois est assez surprenant, mais pour peu que le cuisiner soit compétent, ce peut être un vrai plaisir gustatif).

Petit aparté sur la Révolution des parapluies, qui a attiré assez l’attention, notamment en France (évidemment, des chinois qui manifestent pour la liberté, notamment politique, ne peut manquer d’attirer l’attention francophone). Du point de vue de mon interlocuteur chinois, la situation a été assez exagérée. Déjà, lui m’expliquait qu’il règne à Hong Kong une assez forte intolérance envers les chinois, pour ne pas dire une méfiance qui peut être pesante pour un citoyen chinois. De plus, les manifestants étaient principalement les jeunes et appartenant à la classe moyenne et supérieure. Peu d’adultes et de travailleurs y auraient pris part (business is business, il ne s’agirait pas de manquer quelque bonnes affaires commerciales, et les adultes sont en général bien assez occupés à travailler, sans parler de la classe la plus modeste, qui ne peut guère se passer d’une journée de salaire. En plus, selon mon interlocuteur, ce mouvement était finalement peu informé des réalités politiques. J’avais un peu l’impression d’entendre parler des manifestations lycéennes en France : des jeunes avides de changement et assez idéalistes, mais avec des revendications qui semblent parfois fantaisistes ou irréalistes, et qui ne considèrent qu’une minorité de l’ensemble de la population. Ce témoignage était franchement intéressant, car il contrebalançait beaucoup les nouvelles qui avaient été présentées dans notre vieille Europe.

En conclusion, si vous voulez découvrir une Chine ultra libre, ne pas être privé de votre accès perpétuel à Facebook, Twitter et que vous ne jurez sur Internet que par Google, que vous voulez profiter de toute la vie trépidante d’une métropole et que vous vous inquiéterez que sans l’anglais, vous seriez perdus, Hong Kong est faite pour vous. Et elle vaut vraiment le détour !

Beijing

Qu’est-ce que c‘est que ce nom ? Eh bien tout simplement le nom chinois de la capitale, connue par les francophones comme étant Pékin. 北京, littéralement « la capitale du Nord » 北 –běi étant le Nord- 京 –jīng la capitale-.

Un brin d’histoire : En effet, contrairement à ce qu’on imagine de prime abord, la capitale historique de la Chine est Xi’an, où se trouve d’ailleurs l’armée de terre cuite (cette ville incroyable aura droit à son propre article). A la base, Beijing était une garnison, une ville frontière face aux incursions « barbares » venues du Nord, principalement des mongols. En 1153, la dynastie Jin en fait sa capitale, avec le nom de Zhongdu (« la métropole ou capitale du milieu », -zhōng signifiant milieu, dū signifiant métropole ou capitale-).

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Une représentation de ce que devait être ce genre de cité-garnison

En 1215, l’armée mongole de Genghis Khan envahit la cité et la dynastie qui prend le contrôle de la Chine, les Yuan, font de Dadu la nouvelle capitale de la Chine (-dà signifiant grand et dū étant encore métropole ou capitale-). Avec la dynastie des Ming, la cité perd son statut de capitale, pour être renommée Běipíng (-běi, le Nord et píng, la paix-). Toutefois, en 1421, la cité, cette fois portant son nom actuel – Běijīng-, redevient la capitale, avec la Cité Interdite achevée devenant ainsi la demeure impériale. C’est la base de la cité qui est désormais mondialement connue.

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Et une très belle maquette… hem… new-yorkaise… de ce que devait représenter pareille métropole à l’époque de nos chevaliers et rois de France ! Non, en ne trouve pas tout en made in China !

Du coup, j’ai tendance à considérer que, à l’échelle de l’histoire chinoise, Pékin est une capitale très moderne. Certes, elle possède ce statut depuis le Moyen-Age, mais beaucoup de gens imaginent Pékin comme une capitale millénaire, ce qu’elle n’est à vrai dire pas, malgré sa longue et trépidante histoire !

 

Venons-en un peu au fait, Pékin, c’est 21 150 000 habitants et 16 410 km². A titre de comparaison, Paris compte 2 220 445 habitants s’étend sur 105 km². Si on se réfère à la région parisienne, qui compte 12 475 808 habitants, on doit doubler cette population pour habiter une des villes les plus peuplées au monde (classée 11ème). Juste pour replacer un peu l’immensité, Pékin compte 6 boulevards périphériques. Cette immensité et cette population de fourmilière est d’ailleurs un des éléments qui frappe le plus lorsqu’on pénètre dans pareille gigapole.

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Je vous rassure, il n’y a pas grand monde dans la rue sur cette image. C’est même… un peu vide. Avis aux agoraphobes, Pékin n’est pas pour vous !

Que faire et qu’y trouver ? Tout d’abord, comme un peu partout en Chine, vous devrez malheureusement oublier votre maîtrise de l’anglais. A part les étudiants, les businessmen et les guides touristiques, peu de monde finalement maîtrise la langue de Shakespeare ! N’attendez pas que les réceptionnistes d’hôtels vous répondent spontanément avec autre chose que le mandarin. Certes, et notamment depuis les JO de Pékin de 2008, bon nombre de panneaux sont écrits en anglais et le pinyin (l’écriture romaine du chinois) aide absolument pour s’y retrouver, mais la barrière linguistique sera de taille.

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Alors, oui, on peut lire (sans l’accentuation qui fait la difficulté du chinois, bien évidemment) et c’est pratique pour s’y retrouver sur une carte, mais de là à comprendre… c’est une autre paire de manches !

L’idéal est clairement d’avoir un guide. Bien sûr, tout le monde n’est pas mariée à une autochtone, qui a d’ailleurs passé quelques années d’études à la capitale ! Je conseille vivement de rejoindre un petit groupe et de choisir typiquement un des 2 parcours touristiques proposé par n’importe quelle agence locale : l’intramuros et l’excursion à la Grande Muraille.

Bon, je préfère l’indiquer tout de suite, je n’ai jamais eu l’occasion de visiter la merveille qu’est la Grande Muraille. Je ne le regrette qu’à moitié, étant donné qu’une journée entière est nécessaire pour effectuer l’aller-retour et la visite de l’espace accessible au public. Durant les 2 fois où j’ai eu la chance de visiter la capitale, réserver une journée entière pour l’excursion était trop dommage. Néanmoins, le visiteur doit savoir que sa visite se fera au milieu d’un très grand nombre d’autres curieux, donc tant pis pour les photos vides de monde. Apparemment, c’est digne de Disneyland.

Par contre, la construction de cet immense édifice défensif s’est étalonnée sur un temps absolument conséquent et de nombreuses dynasties ont participé à son agrandissement. Ce n’est donc clairement pas le travail d’une seule période ou la décision d’un seul empereur. Toutefois, les plus anciennes parties remontent tout de même à 221 avant Jésus Christ, avec la décision de la dynastie Qin. L’anecdote amusante est que son usage militaire défensif à (très) grande échelle ne fut jamais vraiment absolument efficace. Soit parce que certains empereurs menèrent la guerre au-delà de ce mur, soit que les mongols ou mandchous la franchirent, soit que lors de l’invasion de ceux qui établirent finalement la dynastie Shun, les portes les plus cruciales furent ouvertes aux envahisseurs (si vous voulez plus de détails, cherchez donc l’histoire de la Grande Muraille en l’an 1644, et du chef de guerre Li Zicheng.

Toutefois, elle était très efficace pour bloquer le passage des chevaux, donc elle permit sûrement une amoindrissement sensible de raids et de pillages.

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Bref, ces murailles formidablement hautes repoussant des monstres, c’est bien un film… amusant au demeurant, mais bien peu sérieux, surtout que la hauteur des murailles variait entre quelques mètres (genre 2,50-3 m et moins d’une dizaine de mètres, 7,5 m en moyenne).

Reste la visite intramuros des merveilles pékinoises : la Cité Interdite, le Temple du Ciel et l’ancien palais d’été des Qing. Faisons simple : ce sont des merveilles, même si le monde sera toujours en rendez-vous. Par ailleurs, ces édifices ont généralement été rénovés juste avant 2008, donc ils sont dans un état exceptionnel.

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Mon appareil photo était en rade lors de la visite de ces perles architecturales et historiques. Alors, grâce à un habile tour de passe-passe, je place une photo du temple bouddhiste de Yonghe (qui est absolument splendide et un vrai lieu de culte pour beaucoup de monde)… Ni vu ni connu !

Toutefois, je tiens à préciser une information que je n’avais pas eue lors de ma visite de ces trois sites : si on utilise comme je l’avais fait un guide, celui-ci vous mènera dans les boutiques de luxes, afin que le touriste dépense son argent dans des endroits comme des magasins de perle, de soie, de thé. Comme mes compagnons de voyage, j’ignorais que ces passages étaient « obligés » (les arrangements entre les organismes de voyage et ces commerces permettent en effet d’obtenir des tarifs fort attractifs), donc, même si vous n’achetez rien, votre guide fera des pieds et des mains pour vous retenir dans de tels lieux (et juste jeter un œil et quitter ces boutiques pose quelques problèmes). Voilà, vous êtes prévenus de ces petits programmes, qui n’apparaissent pas vraiment dans le programme !

Je profite de cette explication pour en venir aux boutiques attirant… les touristes. Je veux parler des magasins où on vous vendra de magnifiques costumes, des boutiques de marques de vêtements occidentaux et de thé, parfois regroupés en centre commerciaux possédant Burger King, Pizza Hut et autres bars à l’australienne. Fuyez (pauvres fous) ! Blague à part, il n’y a aucun intérêt. Les prix des articles comme des menus sont prohibitifs, sans compter que pour les fast foods, les quantités de nourriture réduites par rapport à l’Europe et puis… franchement… est-ce bien la peine de faire un si long voyage pour manger la même malbouffe (avec une qualité qui peut ne pas être aussi stricte que l’européenne) que celle dont on peut profiter à n’importe quel moment ?

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Franchement, elle vous manque tant que ça, votre malbouffe ? (j’avoue, à l’époque, en 2014 -oui ça remonte à trèèèès loin-, un seul Burger King avait ouvert en France, à Paris.Ça passe comme excuse, vous croyez ?!

Franchement, pour faire de bonnes affaires, il faut viser les magasins, grands magasins et centres commerciaux chinois. Dans le centre, on en trouve en grand nombre. Les fringues pourront être nettement plus originales, les prix potentiellement plus abordables et profitez-en pour jeter un œil aux fashion victimes chinoises ! Beaucoup de chinois sont dingues de vêtements. Par contre, sachez que les prix, même avec étiquettes, se négocient pratiquement toujours. A moins d’être dans une grande enseigne, ne payez pas plein pot ! L’idéal est de profiter d’un bon guide ou de parler le mandarin, afin de faire baisser le prix d’un quart, potentiellement même d’un tiers. Au niveau du commerce, j’ai souvent l’impression que les habitudes des chinois sont proches de celle de l’Afrique du Nord. Négocier fait partie du jeu, à moins de vouloir être une vache à lait…

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Après le démon du jeu et du sexe, celui de la mode. Admirez…

Par ailleurs, pour la nourriture, franchement, Pékin n’est pas l’idéal. Je nuancerai ces propos car j’y ai goûté de l’âne qui y était succulent et leur yaourt vaut le détour (il ne coûte rien et après un repas épicé, Dieu que ça fait du bien !). Ensuite, je ne m’étendrai pas trop sur le canard laqué ou même encore moins sur les lamelles d’estomac de vache. D’une, parce que je n’ai pas eu l’occasion de goûter un vrai bon canard laqué (juste goûter le plat est facile, on en trouve partout, trouver un bon restaurant l’est moins), de l’autre, parce que je n’ai vraiment pas pu terminer mon plat d’estomac. Rien que l’aspect dans l’assiette… Ça ne ravira pas tout le monde.

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Alors, comme je ne suis pas amateur de Food Porn (aaah, l’imagination et la poésie américaine, où s’arrêtera t-elle donc ?…), je propose pour distraire mon bon lecteur une magnifique entrée de restaurant (oui, il y a des lanternes rouges et un tapis rouge, mais rien à voir avec les « quartiers rouges » japonais ou d’Amserdam !) et surtout, un magnifique placement de produit d’une marque bien connue par chez nous, l’eau C’estbon. Oubliez Evian !

Malgré tout, je recommande de considérer Pékin de la même manière qu’une énorme cité ultra moderne, parfois encore plus vertigineuse que Manhattan. Pensez d’ailleurs à faire un tour près du « boxer », le siège de CCTV, LA chaîne chinoise par excellence. Et ne pas faire un tour du côté du parc olympique, judicieusement réutilisé comme espace public ou de spectacle, serait dommage !

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Le grand stade et la piscine olympique, de nuit, sont vraiment des bâtiments impressionnants, avec leurs éclairages respectifs. De son côté, le boxer attire vraiment l’attention, avec son choix de géométrie plutôt hors norme.

 

Par ailleurs, si je passe volontairement sur la place Tian’anmen (quel visiteur n’ira pas jeter un œil à cette si fameuse place ?), j’en profite pour glisser qu’aborder le sujet n’est plus un tabou en Chine. Ceci dit, la plupart des chinois n’ont pas tellement de connaissances concernant la manifestation, étant donné que –sans surprise- ce n’est pas un évènement vraiment abordé lors de la scolarité.

Par contre, je me permets quelques explications sur les hutong, étant donné que ces espaces traditionnels sont en « voie d’extinction ». Logique, et ce pour plusieurs raisons : La première, c’est malheureusement la relative insalubrité des lieux. Franchement, c’est triste. Et la seconde, évidemment, est qu’en plein centre de la capitale, ce sont des lieux absolument prisés par les promoteurs immobiliers, qui rêveraient de construire des immeubles à la place. On peut difficilement leur en vouloir, étant donné la demande du marché immobilier et les prix ahurissants des logements.

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Du coup, un certain nombre de hutong sont de grands rassemblements touristiques. Un conseil, n’achetez rien là-bas : les prix sont vraiment gonflés et tout ce qui est nourriture manque de goût (je ne parle même pas des macarons, pour les macarons, vous attendez de retourner en France -et si vous n’habitez pas en France, eh ben passez-y donc des vacances gastronomiques !-).

Mais venons-en un peu à l’explication de ces demeures traditionnelles, qu’on fait remonté jusqu’en 1267. Les hutong sont ces rues ou allées qui donnent sur les siheyuan, ces espaces de vie composés d’une cour intérieure et de trois habitations, le tout entouré par un mur. Ces habitations suivent d’ailleurs le modèle très géométrique des points cardinaux. En général, ces demeures étaient habitées par des familles plutôt aisées, mais servaient aussi beaucoup à rassembler les familles des mariés. Bref, le rêve de tout homme : vivre avec sa belle-mère au pas de sa porte et la joie pour l’épouse de supporter le regard inquisiteur de sa propre belle-mère !

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Oui, avec un schéma façon Powerpoint, pour faire sérieux et érudit. C’est important, de soigner son image d’intello, quand on est prof !

Par ailleurs, comme beaucoup de demeures ou bâtiments respectant toujours les us et coutumes et la superstition chinoise, les portes sont gardées par deux gardiens. Généralement des lions (les fameux « lions ou chiens de Fô », on peut trouver aussi pêle-mêle des taureaux, des éléphants, des tigres, des chameaux, des tortues, des créatures mythologiques (dont je n’ai, à mon grand regret, pas toujours pu obtenir les noms)… Mâle et femelle (le mâle posant sa patte sur une boule qui représente le monde, la femelle ayant la patte posée sur sa progéniture). Ces gardiens protègent en effet les demeures (mis aussi les entreprises –et les banques, jamais avares d’imposantes statues-) des mauvais esprits et de la mauvaise fortune. Des plus magnifiques au plus simples, en passant par les plus « baroques », c’est un vrai jeu que de distinguer les formes, les matériaux et les styles adoptés.

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Jeu : dans cette image se cache un souvenir au milieu des gardiens. Sauras-tu le retrouver ? (Aaaah, l’apprentissage ludique, y’a que ça de vrai !)

La pollution. Point malheureusement immanquable, malgré les efforts du gouvernement pour délocaliser énormément d’usines sur l’ensemble du territoire chinois, Pékin est vraiment très, très, polluée. Cette couche de grisaille risque de vous décevoir, surtout si vous arrivez en plein été (rassurez-vous, la pollution ne diminue en rien la chaleur étouffante d’un été pékinois !) et que vous comptiez sur de magnifiques photos ensoleillées…

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Oui, c’est bien une vue de la Cité Interdite… Encore mieux qu’à Grenoble ! Et pour l’anecdote qu’on peut essayer de placer en soirée mondaine, pour séduire cette magnifique jeune fille fascinée par l’exotisme oriental : sur l’image de droite (qui n’est pas une photo de la Cité Interdite, je me dois de le préciser), on distingue une allée centrale (qui est entièrement sculptée, celle où ces gosses font du toboggan, ils ne respectent rien, les petits vandales !), tandis qu’on trouvera aussi un passage à gauche et à droite. Ce passage était réservé à l’Empereur (quiconque violait se privilège s voyait décapité, hormis quelques rares exceptions). Le passage de l’Ouest (gauche) était réservé à la famille impériale et celui de l’Est (droite) ministres et fonctionnaires. Fascinant, n’est-ce-pas ?