70 ans de fête nationale !

Fête nationale Chine - petit

Pas encore un centenaire, mais un évènement loin d’être anodin !

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FD5

A combien de reprises peut-on entendre parler de « rayonnement culturel » ou « échanges interculturels » ?

Bien trop, et souvent dans des contextes flous, quand ce n’est pas totalement vide de sens, balancé à tord et à travers par « quelqu’un d’important », qui semble royalement ignorer de quoi il parle.

Alors que c’est pourtant très simple et qu’on peut même en faire sa passion, potentiellement en vivre.

 

Vous connaissez l’adage selon lequel la musique est un langage universel ? Si oui, vous pouvez continuer à lire cet article. Si non, hors d’ici, non mais !

Commençons donc pas l’anecdote : la semaine dernière, grâce à l’intelligente initiative de l’AF (Alliance Française) de Canton, j’ai été invité (aaahh, le luxe et les fastes de la vie de professeur étranger en Chine…) au concert du groupe FD5. Oui, je sais, le nom sonne comme les 2Be3 (vous ne connaissez pas ce -ahem, vieux- boy’s band ? Google est presque ton ami et non, cela ne me rajeunit pas, je fais avec).

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FD5 弗雷德乐队 (on copie, on colle, on tape «Entrer» c’est facile, vous verrez !)

Naturellement, ce nom est parfaitement inconnu au bataillon français et pourtant… il commence à gagner un grand succès en Chine.

Ce groupe de pop rock est un joyeux rassemblement de 5 –vous ne l’auriez jamais imaginé, hein ?- guedins français, russes et ukrainien. Et surtout, le chef du groupe, chanteur et guitariste est français. Oui ma bonne dame, il parle la langue de Molière. Cocorico.

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Admirez l’astuce, la charmante donzelle blonde (ukrainienne) est au premier plan, même si elle est bassiste et ne chante pas. Mais ainsi, on attire le chaland plus facilement ! Ha ha, bien joué !

Vous ne connaissez pas, hein ? Pourtant, il s’agit du groupe « français » le plus téléchargé en Chine (devant Daft Punk, eux-mêmes devant Justice) et classé 63ème dans la catégorie groupe étranger par Baidu Music.

Le groupe se classe aussi 120ème dans le classement de QQ Music China

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Pour info, Baidu, en Chine, c’est Google.  QQ égale Skype (et Twitter dans une moindre mesure).

Leur clip « A force de t’aimer » a été visionné 12 million de fois en Chine et ce tube s’est classé N°1 dans les top chinois (en section chanson étrangère). Tout de suite, ça place un peu le niveau, qui commence à devenir un phénomène.

Fondé en 2010, en Chine, le groupe se fait connaitre en participant à « Star Avenue » sur CCTV3 (comprendre la «Star Academy» sur France Télévision). Et ils ont continué sur cette lancé, passant à la télé, puis on sorti leur premier album en 2013, « Happy paradise », qui inclut leur tube «A force de t’aimer».

Oui et alors ? Et bien là où c’est diaboliquement malin, c’est qu’il s’agit d’une adaptation d’une fort célèbre chanson chinoise « Because of Love » («因为爱情»). Le compositeur chinois Xiao Ke (小柯) a d’ailleurs largement soutenue et promue par ce musicien. Donc, le public chinois peut non seulement découvrir une nouvelle langue, mais comprend tout naturellement qu’il reprend et traduit une chanson très bien connue, elle même très populaire. L’air est déjà connu, on l’entend partout, c’est donc emballé. Et donc, pour filer la métaphore, ça cartonne.

FD5 albums

Les deux albums en question

En 2016, le deuxième album « Straight ahead », commence également à introduire des chansons vraiment originales, qui connaissent leur propre succès. Avec le tube «Au bout de mes rêves», FD5 se classe 13ème dans la liste des groupes étrangers sur Baidu Music.

 

On a donc un petit malin à la tête de ce groupe qui passe de la chanson d’amour au bon vieux rock, chantant aussi bien en français qu’en chinois (très bon niveau de chinois, teeeellement meilleur que le mien) et surtout un gugusse originaire de Nîmes qui sait vraiment bien jouer avec son ambiance et son public pour dynamiser une soirée.

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Mettre le feu sur scène, allégorie

Mon expérience et découverte ressemblait vraiment à un concert privé, étant donné qu’avec la date (un jeudi soir), un emplacement qui ne favorisait pas une grande affluence des étudiants (proche du campus de Master d’une des universités de Guangzhou, mais pas du campus des Licences, bien plus populeux) et ne bénéficiant pas d’une grande portée médiatique (la pub était très réduite), le bar était très loin d’être plein à craquer.

Et malgré tout, en deux minutes à peine, tous les jeunes (je parle surtout des étudiants, moi, « vieux » prof, avec présentement ma cheville en vrac, je suis resté assis en sirotant une bonne bière –belge, gage de goût et de qualité, n’en déplaise à nos bons amis allemands-) en profitant du spectacle. Parce que spectacle, même en petit comité, il y a ! Les téléphones portables allumés qui remplacent les briquets agités dans les airs, le passage tout à fait fluide depuis des chansons assez douces à du bon vieux rock joue vraiment avec l’ambiance et les apostrophes en chinois marchent du tonnerre.

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Leçon 2 : mettre son public à genoux (juste avant de le faire sauter)

Je ne passe pas sur la spéciale dédicace « Ça (c’est vraiment toi) », avec la vision étonnante du directeur de l’Alliance Française dansant le rock comme un ado avec une spectatrice chinoise. J‘étais moi-même aux anges de réécouter dans ces conditions ce vieux tube qui date déjà du temps de mon propre paternel !

 

Que tirer d‘une seule soirée ? Eh bien que ce passage de l’interculturel, simple et si malin, permet non seulement de rassembler les gens, d’ouvrir des barrières (hé, j’ai eu une étudiante qui s’est retrouvée en Licence de français parce que sa mère était fan d’Edith Piaf… pas une si bonne idée, mais l’exemple est marquant !) et de jouer sur les codes et les images –principalement de la France-, tout en étant ouvert de façon dynamique à la culture et la langue chinoise.

On peut me rétorquer que tout ça n’est que superficiel et commercial, je répondrai, oui, et alors ? Depuis quand le culturel est-il définitivement séparé de l’aspet mercantile ? Depuis quand le succès populaire est une barrière à l’apprentissage d’une langue étrangère et à la première découverte d’une autre culture ? Il faut bien commencer quelque part, voulez-vous ?! Combien de jeunes artistes peuvent se targuer de connaître un tel succès ? On sent les efforts d’acclimatation, d’acculturation et d’apprentissage d’une langue loin d’être facile pour un occidental. Mais c’est une preuve, que je qualifierai d’éclatante, que du travail sérieux et de la passion peuvent mener à de sacrés résultats. N’en déplaise à certains, voire beaucoup.

Et ça, c’est une leçon pour nos bons amis défenseurs de la seule « vraie culture », souvent élitiste. Parce que quand je peux amener mes étudiants à aimer le français en leur proposant de chanter les paroles d’un groupe connu et tendance, moi, le professeur universitaire de français, j’y gagne un regain d’intérêt, d’attention et de bonne humeur. Et croyez-moi, rien de mieux que des étudiants attentifs pour expliquer un article de presse du Monde, une pièce de Molière, ou un conte tiré de la Genèse !

 

Allez, tous ensemble… Ça… C’est vraiment la culture… Ça, ça…

Le lien de leur page Facebook

La fête de la lune

Bonjour chers lecteurs.

Je vous souhaite une excellente fête de la lune, plus communément appelé festival de la mi-automne. Comme je n’ai rien de bien nouveau à apporter, je vous renvoie à cet article.

Mais comme je ne veux pas passer pour un rat (pour la symbolique, je voudrais dire « lapin », mais le sens de l’expression tomberait alors à plat, fichtre !), voici une petite peinture numérique sur le modèle du « trop mignon », comme dirait mon épouse, qui adore cette expression :

Happy moon festival

Au cas où vous auriez un doute, les caractères chinois veulent bien souhaiter une bonne fête de la lune. Il n’y a pas de faute, c’est ma charmante épouse qui a tapé les bons caractères.

Cinoche

Je prends la plume numérique pour aborder un sujet qui me passionne : le cinéma.

Et vu le principe de ce blog, ce ne sera pour démonter, débiter en petits morceaux et défoncer des films chinois, je laisse ce soin à d’autres (comme le blog de l’Odieux Connard, pour ne pas le citer ; après tout, il est une de mes sources d’inspiration de ce blog, notamment pour sa prose acerbe au vitriol -rendons à César ce qui est à César-https://unodieuxconnard.com/). Non, ce qui m’intéresse, c’est bien plus la considération des cinémas (et je choisis d’en parler au pluriel), mais aussi d’aborder vite fait l’ambiance d’une salle de cinéma chinois et aussi l’influence et la présence du cinéma hollywoodien au pays qui se définit comme le pays du milieu. En fait, pour tout avouer, le sujet que je vais développer provient certes d’échanges entre amis, mais surtout d’une vidéo youtube qui se permettait de raconter un peu n’importe quoi.

Bien, plongeons donc dans le vif du sujet. J’avoue ne connaître que de façon limitée le cinéma chinois. Que voulez-vous, je ne suis pas un journaliste de Télérama ne jurant que par le cinéma d’auteur ou d’art et d’essai. Alors de quel droit ose-je aborder un sujet pareil ? Eh bien déjà pour préciser que le cinéma chinois tant célébré est en général celui de Hong-Kong. Le cinéma chinois standard ne vaut en général pas tellement la peine d’être visionné.

Mon Dieu, par tous les dieux, qu’ose-t-il écrire. Et surtout, pourquoi donc ?

Parce qu’en général c’est plutôt mal joué, le scénario est assez pauvre ou regrettablement simpliste et la plupart des effets spéciaux (pause : je dois tout de suite le préciser, si le cinéma me fascine autant, c’est avant tout pour ses effets spéciaux et ses trucages ; créatures imaginaires, vaisseaux spatiaux, dinosaures et autres sortilèges nourrissent et enflamment mon imaginaire) ont une dizaine d’années de retard derrière les standards d’hollywood -la crème de la crème, certes, mais comparons au canon, voulez-vous-.

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De quoi comparer un peu. Oui, je suis parfaitement au courant, Shrek et le premier volet de la trilogie du Seigneur des Anneaux sont, visuellement au moins (quoi qu’on puisse penser du reste), d’incroyables films. Ceci dit, cela fait quand même 17 ans qu’ils sont sortis, on pourrait penser que le reste des films serait au moins de ce niveau… Et bien pas toujours, malheureusement. Et merci, je sais que la société Weta Wrokshop est néozélandaise, pas américaine, mais leur travail est largement digne d’ILM, alors pas de chipotage !

Sans surprise, le but du film chinois grand public est de rapporter un maximum d’argent. La différence avec Hollywood, c’est que le cinéma semble en être à un état d’adolescence. Les acteurs sont choisis pour leur physique avantageux, le scénario est calibré au possible, les thèmes ou périodes sont un peu toujours les mêmes (histoires d’heroic fantasy en “costumes d’époque”, comédies surjouées à l’époque contemporaine, films d’action ou de guerre soit à notre époque ou lors de la Révolution Culturelle) et les effets spéciaux sont aussi nombreux que tape-à-l’œil (ne vous plaignez pas des effets 3D hollywoodiens qui abusent des éléments qui vous arrivent en pleine figure, les films chinois en usent deux fois plus, surtout quand il s’agit des armes).

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Rien que sur l’affiche, le jian (l’épée chinoise) cherche à se plonger dans votre oeil. Alors imaginez durant le cours du film. Par contre, niveau plastique de l’actrice, je n’ai rien à redire… Si seulement elle pouvait être aussi bonne que belle actrice…

Dois-je aussi encore préciser que nombre d’éléments à succès sont “recyclés” (pour ne pas dire “resucés jusqu’à leur substantifique moelle”), que ce soit la musique, les façon de filmer ou de monter un film, les idées scénaristiques oules archétypes de personnages. Ceci dit les Coréens (du Sud, fatalement), font la même chose, ne vous y trompez pas… Et je veux quand même aborder le côté très nationaliste de bon nombre de films. Les films d’action ou de guerre ne vont que très rarement ne pas mettre en exergue la fierté du drapeau. Les personnages peuvent être faillibles, mauvais ou corrompus, mais on ne plaisante pas avec la fierté nationale. Un exemple tout récent -et carton au box-office chinois- : Wolf Warriors II. Un long-métrage digne des gros films américains à la Rambo II, façon “God bless America” et où les américains vont sauver le monde (oui, Armageddon me fait quand même aussi de grands signes, pour ne pas parler des films de la saga Transformers -encore de Michael Bay, décidément-, sans parler de certains plans quelque peu outranciers de Spiderman).

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Ai-je vraiment besoin d’en dire plus ?

Evidemment, le cinéma hong-kongais se démarque très nettement (ai-je vraiment besoin de citer le très célèbre Wong Kar-wai ?) et des exceptions assez fantastiques peuvent se produire, mais parfois avec des résultats quelque peu dramatiques. Citons par exemple A Touch of Sin, de Jia Zhangke, qui dépeint les dérives ultracapitalistes, l’oppression d’un système parfois inhumain (toujours interdit? en Chine) ou le film Lust Caution, d’Ang Lee -il est taiwanais, oui je sais, mais je le range quand même dans cette catégorie, vue l’histoire fort conflictuelle mais entremêlée entre Taiwan et la Chine, parce qu’il me sert d’excellent exemple et que le film est excellent-, qui, entre son sujet sulfureux (la séduction risquée d’un homme d’influence marié lors de l’occupation japonaise) et ses scènes érotiques explicites à tendance sadomasochiste ont obligé l’actrice Tang Wei à abandonner sa nationalité chinoise. Deux films aux formidables capacités filmiques, de performances d’acteurs et de scénario très travaillé, mais qui se voient mis au banc filmique car trop sensibles… Donc le cinéma tout publique fait évidemment force de loi, mais il existe des exceptions.

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Bon, ce ne sont pas des films tout public, soyez prévenu. Malgré tout, je ne saurai que trop vous les conseiller, tant ils sont passionnants, entre les thèmes abordés, la mise en scène, et la présentation d’une Chine décidément bien différente de ce qu’on voit généralement.

Abordons donc la situation d’une salle de cinéma. J’y suis déjà allé un certain nombre de fois, en cherchant le plus de tranquillité lors des horaires de travail en semaine (prof, ce sont des horaires parfois particulières et avantageuses !). Et je parle de Lanzhou. Déjà, les films hollywoodiens sont en VO sous-titrés, ce qui me permet d’en profiter sans soucis (je jouis d’un très bon niveau d’anglais, suite à des années d’efforts et d’imprégnation -Internet, films en VO, lectures dans la langue de Shakespeare-, pas de mystère là-dessous), ce qui est un bon point. Maos les spectateurs chinois sont pour le moins égoïstes, pour ne pas dire irrespectueux. Téléphones allumés, discussions, le petit guide de bonne conduite du spectateur, par le Fossoyeur de films, traduit en chinois, ne serait pas de trop (https://www.youtube.com/watch?v=oR20uKKtkiA) ! Et je parle de salles en grande partie vides ! Le prix des places n’est pas donné, si l’on compare avec le niveau de vie moyen, on est à peu près dans les standards mondiaux.

Parlons par contre un peu du cinéma hollywoodien et de sa présence et influence en Chine. Une chose qui frappe, c’est que les références “que tout le monde connaît” ne sont clairement pas le cas en Chine. Toutes les répliques cultes, personnages célébrissimes, acteurs et réalisateurs superstars sont souvent de parfais inconnus. Mon épouse, pourtant forcément plus ouverte que la moyenne concernant la culture américaine et anglaise, du fait de ses études d’anglais, ne connaissait avant de me connaître ni Star Wars, ni le Seigneur des Anneaux, ni les Indiana Jones, ni Jurassic Park et je ne parle pas de réalisateurs comme Stanley Kubrik, Alfred Hitchcock, Brian de Palma ou Martin Scorcese, inconnus au bataillon. Oui, ça surprend quand même…

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Non que le titre « Ranger Solo » sonne mal. Bon, un peu trop « Power Rangers » et super sentaï (oui, j’écris avec un tréma, histoire de conserver la prononciation japonaise, j’assumer) à mon goût. Et non, même en tant que fan de Star Wars, le film ne m’intéresse pas vraiment, surtout après avoir lu et entendu des critiques si médiocres à son sujet. Mais là n’est pas la question, revenons à nos moutons !

Toujours est-il que l’influence et la marque hollywoodienne reste en général fort légère. J’en prend pour exemple le dernier film de l’univers Star Wars, Solo (narrant la jeunesse du célèbre contrebandier de l’espace), dont le titre a ici été changé en « Ranger Solo ». Et, toujours dans cet univers de science-fiction, j’ai vu Le Dernier jedi en Chine, et lors de l’apparition des personnages, un mini bloc de texte -en anglais ET sous-titré- résumait le nom et le rôle des personnages principaux lors de leur première apparition.

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De mon point de vue, ces petits écritaux, ça faisait cet effet là. Et oui, ça casse assez le moment et l’attention est distraite.

Donc, à ceux qui veulent faire les malins à décortiquer le box-office chinois, renseignez-vous donc avant (petite vengeance mesquine, suite à une vidéo ignare, donc).

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Les deux imitations « taille réelle » sont bel et bien à l’air libre, à Lanzhou. Je sais, ça fait très, très bas de gamme. Mais les droits d’auteur, ici, sont bien malmenés. Parce que oui, il est évident qu’aucun respect ou royalties n’a été pris en compte.

Toutefois, un matraquage médiatique et une présence régulière et largement suivi par les produits de consommation peut rencontrer un succès phénoménal. Je vais prendre plusieurs exemples, qui démontrent que les films hollywoodiens peuvent connaître une célébrité incroyable, ici. Transformers. Cinq films, dont l’avant dernier proposant des personnages (joués par des acteurs chinoia), connaît la gloire et l’argent coule donc à flots. Certains Disney, en particulier Big Hero Six, et aon adorable personnage Baymax, est largement apprécié.

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Bon, vu le personnage adorable de Big Hero 6, difficile de ne pas en faire une mascotte. Et la figurine -non officielle, comme il se doit-, m’a été offerte… quand je me suis inscrit au club de kung-fu. Voilà pour la petite histoire.

Warcraft, le film tiré de célèbres jeux-vidéo (dont l’indétrônable MMO n°1 au monde, WOW -World of Warcraft-, est joué par un nombre monumental de gamers) a été sauvé d’un désastre commercial par le succès en Chine.

Warcraft

Si le terme MMO vous est inconnu en 2018, je ne peux pas grand chose pour vous. Google est votre ami… Et l’imprim’ écran me fait éclater de rire.

Et impossible de passer à côté du monstre Marvel. Avec ses dix ans d’existence, ses 19 films, le mastodonte qu’est cet univers de super héros est un géant ici aussi.

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Un exemple, parmi tant d’autres, vu le nombre de héros de cette saga de comics et de films.

Je ne compte plus les produits dérivés, jouets, tee-shirts, trousses et figurines (souvent de contrefaçon parfois grossière) qu’on trouve dans la rue et le moindre magasin. Nous ne sommes pas dans l’uaine du monde pour rien !

Toutefois, ces succès restent marginaux par rapport à des films hollywoodiens moins médiatiques. Le reste, bien que joués en règle générale pour les gros blockbusters, peut facilement passer à la trappe. L’année dernière, Blade Runner 2049 est resté une semaine à l’affiche (du coup, je l’ai loupé sur grand écran). Et Star Wars fait un peu flop sur flop en Chine. Question de méconnaissance, du peu d’intérêt pour cette franchise et malgré tout du marketing fort limité autour de ces films. Donc, inutile d’attendre des films français au cinéma (Valérian est une exception, mais il a fait un bide, alors que le marketing était vraiment présent -je me trouvais à Hong Kong à cette époque et les affiches étaient fort nombreuses !-, mais vu que le film de Luc Besson est -très- mauvais, il ne fallait pas s’attendre à un succès monumental).

Les films français sont inconnus. Si mes étudiants peuvent me citer les Choristes, ou le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, c’est qu’ils sont des étudiants en français, donc un minimum intéressés à la culture française. Je suis tombé sur un texte étudié dans un vieux livre sur le cinéman, parlant d’un film de Godard… Mais un Godard à l’écran, pas une rétrospective. Franchement, les années 60 dans un bouquin d’étude de français… ça paraît complètement déconnecté de la réalité.

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Personnellement, même dans ma jeunesse, je n’ai jamais eu ce genre d’expérience. Quand j’ai dû expliquer ce texte, ça a été coton !

En bref, le cinéma chinois est assez à part. Ouvert uniquement aux plus grosses productions grand public hollywoodiennes, qui ne sont même pas forcément synonymes de succès, alors que des films que je trouve souvent assez insipides connaissent un franc succès me laisse étonné. Mais comme je l’ai écrit, je pense que le cinéma chinois est encore dans une étape « adolescente » et j’ai hâte de le voir maturer, car on peut trouver des pépites et j’espère en trouver plus fréquemment !

Manger, oui, mais avec des baguettes !

Alors, une année vient de se terminer, et généralement les fêtes ont été célébrées avec moult bonne chère…
Bon, en Chine, nada; tout simplement parce que le Nouvel An chinois n’est pas encore arrivé, que Noël est à peine une occasion de faire quelques achats supplémentaires, dans un pays où tout est prétexte à consommer.
En gros, aussi vide de sens qu’Halloween en France. Vous voyez le coté « fête commerciale vaguement suivie par le bon peuple » ? Ben ici, c’est pareil.
Et Noël est logé à la même enseigne que le Nouvel An.
Mais du coup, qu’est ce qu’on mange en Chine et est-ce que les plats d’un restaurant chinois ont un rapport avec la nourriture du cru ?
Décortiquons donc cela…
Je séparerai tout d’abord 3 types de cuisine : celle d’un restaurant de qualité, celle d’un boui-boui et celle d’un repas à la maison (ce qui exclut les repas instantanés et les repas de fête, qui se rapprochent de ceux des bons restaurants).
Par ailleurs, je rappellerai ce fait qui me semble désormais évident : la Chine est grande comme une bonne partie de l’Europe. Le pays est divisé en 22 provinces. Une province, c’est un petit pays du Vieux Continent.
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Un rappel que j’aime particulièrement utiliser !

Si vous voyiez « Restaurant Européen « , avec un menu comportant en entrée une salade de pommes de terre allemande, en plat des spaghettis à la bolognaise italiennes, en fromage un choix de fromages néerlandais et en dessert un croissant ou pain au chocolat, vous trouveriez ça ridicule ? Probablement et à raison. Eh bien, un restaurant chinois en France, c’est aussi crédible et respectable que cette amusante hypothèse. Attention, les plats peuvent être goûtus et on peut avoir bien mangé, là n’est pas la question, mais pour la logique ou la cohérence, on repassera.
Bref, chaque région ou ville est souvent très fière de sa ou ses spécialités.
Je serai honnête, je ne fais clairement pas toujours la différence entre certaines spécialités. Pour refaire un parallèle, un étranger en France n’est que rarement capable de faire la différence entre des fromages ou des vins… Je pense que vous saisissez l’idée, chers lecteurs.
Par ailleurs, la Chine est séparée en deux concernant le riz et les pâtes.
Au Sud, étant donné le climat et le nombre de rizières, on mange du riz à presque chaque repas. Dans le Nord, les pâtes l’emportent.
Alors bien sûr, rien n’est figé dans le marbre, et le petit bol de riz reste un accompagnement classique un peu partout, mais dans les restaurants, le type de plat typique sera clair dans le menu.
Ce -long- préambule clarifiant un peu la situation culinaire chinoise, venons en donc au restaurant ayant un certain standing.
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Ici, repas avec les collègues, les profs étrangers enseignant leurs langues maternelles respectives.

Tout d’abord, les habitudes font que c’est souvent un lieu de groupe. Les dîners romantiques aux chandelles ne sont pas une grande habitude chinoise. Famille, groupe d’amis, plusieurs couples s’y rassemblant,  collègues, on y mange à partir de 4 ou 5. Et pour cause, la table -ronde- comporte généralement un plateau tournant permettant de piocher dans chaque plat pour se servir. Et quand je dis piocher, je ne plaisante pas : chacun, armé de ses baguettes, va picorer une mimi portion ou bouchée, tandis que le plat va faire plusieurs tours de table jusqu’à être terminé.
Vous l’aurez compris, c’est très  convivial et surtout, on va commander bon nombre de plats différents, exactement comme un buffet.
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Rien à voir avec LA table ronde, hein, n’est-ce pas, mais imaginez qu’un change la forme et ça devient une farce…

Si vous êtes seul, vous commanderez votre plat dans votre coin, mais je parle de généralité et de culture, pas de votre petite expérience de touriste !
Par ailleurs, en accompagnement, vous aurez typiquement droit à votre mini bol de riz, qui, suivant le soin du restaurant et du cuistot, vous préparera votre boule plus ou moins jolie et ronde (et le riz plus ou moins bon et parfumé).
Toutefois, les plats ont une tendance à être considérés différemment qu’en France. Les os et le gras ne sont pas retirés de la viande et de toute manière, vous ne trouverez pas de pièce de viande façon steak à commander. Bon, une raison déjà évidente, c’est qu’on ne coupe rien avec des baguettes. Donc les pièces sont déjà découpées. Par ailleurs, le poisson sera systématiquement présenté entier, peau et arrêtes comprises.
Egalement, à part une légère différence de température des plats, n’attendez pas une claire différenciation tel une salade et un plat chaud.
Par ailleurs, pas de dessert. Les boules de glace, les litchis et les beignets aux fruits exotiques sont des agréments européens.
Par ailleurs, les fameux biscuits chinois (fortune cookie) sont une création américaine. Inutile d’espérer en trouver en Chine, donc !
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Dans les verres à pied, du vin -oui, forcément dirait-on-, mais surtout du rouge (il y a assez peu de blanc en Chine, en comparaison de l’hexagone) et aussi de l’alcool blanc.

Pour la boisson, beaucoup de chinois vont boire simplement de l’eau chaude ou du thé. L’alcool a tendance à être réservé pour des occasions un peu marquées, car on trinquera. Du coup, plutôt du vin ou de l’alcool blanc, le baijiu. Bon, le vin est souvent excessivement cher pour une qualité qui tourne plutôt autour du vin de table à des bouteilles « pas mauvaises » (avec des prix outrageusement élèves, façon crus).
Sinon, je glisse dans cette catégorie la fondue chinoise (le hot pot). Pas de fourchettes particulières, on garde les baguettes. Plus ou moins épicée suivant les régions, la base est un bouillon dans lequel on plonge une variété d’aliments. Pas de mystère, la fraicheur et qualité de ces derniers va donner toute la saveur de la fondue.
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Ici, oui, je mange uniquement avec ma chère et tendre (je parle de mon épouse, pas de la viande !)

Je profite d’avoir abordé les sujets de la température et des épices pour effectuer 2 digressions (ceux qui se sont déjà tapés mes précédents articles doivent commencer à avoir l’habitude…)
Souvent, les chinois vont parler de froid et de chaud pour qualifier la « nature » des plats plutôt que la température  effective du plat. Suivant la « température » du corps (son état, qui considère la saison ou tout simplement un dérèglement, façon médecine traditionnelle chinoise), tel ou tel aliment va être considéré comme approprié ou pas. L' »essence » du gingembre est chaude, donc il doit être consommé si le corps est « froid », par exemple en cas de rhume ou de fièvre.
Par ailleurs, je me dispute depuis des années avec mon épouse en ce qui concerne le goût et ce que je considère comme plus ou moins épicé.
Pour elle, aucune différence. Pour moi, ça n’a rien à voir.
Imaginez un rosbif anglais bien fade. Imaginez maintenant une sauce ultra épicée. Votre rosbif sera toujours aussi fadasse, il sera toutefois extrêmement épicé. Ben pour un chinois, vous aurez généralement droit à un commentaire parlant du goût prononcé de ce plat. Et un français avec une moue de dépit.
Par ailleurs, la province de Sichuan est célèbre pour sa nourriture TRES épicée, ses fondues à faire pleurer un occidental, son poivre délicieux et ses pandas (non, on ne les mange pas, ceux-là…).
Et les chiens ? Parce qu’en Chine, ces sauvages mangent du chien. Oui, oui, calmez-vous, ma bonne dame. Quand vous promenez votre toutou et que vous croisez un asiatique, et un chinois en particulier, aucune chance que votre animal de compagnie le fasse saliver.
En fait, seule une région au Sud de la Chine mange du chien (au Guangxi). Et on parle  de chiens d’élevage, bien sûr, comme on mange du pigeon d’élevage et non ces rats volants qui fientent sur nos cathédrales, des grenouilles d’élevage et non des crapauds baveux, etc.
chien

Voilà, je vous ai bien choqué (je précise que je ne suis pas le photographe, je ne suis jamais allé dans cette région de Chine) ! Atténuons toutefois le sujet pour préciser que la cynophagie (le fait de manger du chien -vous vous coucherez plus érudit ce soir-) est une pratique répandue dans plusieurs pays d’Asie et qu’en Chine, cette habitude alimentaire a tendance à être de plus en plus réduite (car considérée comme de plus en plus dérangeante). Voilà, vous pouvez souffler…

Bien, revenons en à nos moutons (le mouton est au centre de bien des plats, probablement plus qu’en France -et je parle en terme de pourcentage de recettes, bien évidemment-).
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Une chose est sûre, à l’heure des repas, ces restos sont blindés de monde ! A droite, un assortiment, entre de la soupe sucrée au riz, des brochettes, des nouilles et des galettes. Dans la boîte ? Des desserts venant de boulangerie, vous ne trouverez pas de desserts dans ces lieux, ne rêvez pas !

Les petits restos font partie intégrante de la vie quotidienne chinoise. Vu le prix, entre 6 et 15 ¥ (1 ou 2 €), suivant le plat et l’endroit ou la ville, aller manger dans ce genre d’établissement est absolument courant. Ici, pas de repas partagé, hormis si on parle de brochettes grillées.
Par ailleurs, boire de la bière (les bières chinoises sont très à l’allemande, très légères et toujours blondes, bref, du Heineken ou de la 1664, beaucoup ont déjà dû essayer la fort connue Tsingtao -que je trouve sans intérêt, parlez moi d’une bonne bière belge, les enfants, façon trappiste-) est dans ces conditions assez classique.
Je me dois tout de même signaler que certains petits bars sont des brasseurs et peuvent étonner dans le meilleur sens du terme. Je me souviens d’une bière brune ou rousse, dans la ville de Baotou, en Mongolie intérieure, qui était une formidable surprise. De la vraie bonne bière dans un mini bar entouré  de ces petits restos qui payent rarement de mine.
Sinon, pêle-mêle, on a les plats de nouilles sautées ou dans leur bouillon, le riz avec sa sauce mêlée de légumes et viande, souvent frits au wok, les jiaozi (les raviolis ou dumplings, qu’ils soient cuits à la vapeur, frits ou bouillis dans l’huile), les baozi (petits pains chinois cuits à la vapeur et fourrés à la viande ou aux légumes) et j’en passe et des meilleurs.
Petite précision, la viande est chiche. Souvent trois minis bouts se courant après.
Tous les fast-food (que ce soient les américains, surtout KFC qu’on trouve un peu partout, clairement plus courant que McDo, mais surtout les variantes chinoise; d’ailleurs, on est presque toujours dans du poulet, même à McDo, le steak de bœuf n’est pas du tout courant !) entrent aussi dans cette catégorie, mais coûtent bien plus cher, au minimum le double du prix, même si on paye entre 30 et 50 ¥ (entre 4 et 8 €). Là, à ce tarif, ce n’est plus du remplacement de repas à la maison…
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Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, permettez-moi de vous présenter dicos, le McDonald’s chinois (je devrais dire le KFC, à cause du poulet qui est l’ingrédient de tous les menus, mais KFC reste bien moins connu et présent en France…). Et non, ça ne vaut pas le coup : très cher, très peu dans l’assiette, chiche en sauce comme en crudités.

Au-delà du budget étudiant standard, en tout cas ! Comme les étudiants n’ont pas de coin cuisine, ils vont généralement manger dans ces établissements très bas prix, ou alors utiliser les nouilles instantanées (de l’eau chaude et hop, le tour est joué !).
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Quand je vous dis « tous accros au portable », je ne blague pas !

Enfin, le repas familial (le quotidien). C’est à mi-chemin entre le repas convivial et le plat unique. Chacun va avoir son bol de nouilles ou de riz et va piocher dans un ou deux plats placés au centre de la table pour accompagner son bol.
Surtout que le riz va toujours être « blanc ». Pas de sauce, ni sel ou poivre.
Et comme boisson, pratiquement toujours de l’eau chaude, comme nous buvons notre eau fraîche ou à température ambiante.
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A défaut d’une photo de repas de famille, une préparation à la main de jiaozi (les raviolis ou dumplings). Le tour de passe-passe pour détourner l’attention se voit ou pas ?

Par ailleurs, les vieilleries concernant le fait de ne pas finir son plat qui exprimerait sa faim (et donc le fait d’être automatiquement resservi) ou de devoir laissé des plats à demi ou aux trois-quart entamés sont des vieilleries. Certes, beaucoup de chinois ne vont pas chercher à forcément finir leur « assiette », mais de plus en plus, les sacs à toutous (je viens de découvrir l’adorable traduction du terme bien plus utilisé doggy bag) sont disponibles un peu partout (surtout dans les restos un peu chics, on ne récupère pas les restes d’un plat à 6 ¥…).
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A gauche : celles à usage unique, dans des sachets ou à séparer, en bois de bambou /// Au centre : les réutilisables, en vrai bois ou en plastique « verni » /// A droite : celles de collection, souvent en porcelaine; on peut manger avec, mais je ne l’ai jamais observé (de même qu’on utilisera les couverts en argent pour les grandes occasions).

Egalement, les baguettes. Ces ustensiles font partie intégrante des façons de manger chinoise. Dans les restos un peu chic, vous aurez de belles baguettes, souvent un peu travaillées. Dans les boui-bouis, vous aurez au choix les baguettes « neuves » de bambou ou bois ultra basique et à usage unique ou celles en plastique, réutilisables, du resto.
Enfin, à la maison, ce seront les baguettes réutilisables en bois ou bambou.
Les baguettes de collection existent mais sont des objets décoratifs.
Dernière  petite chose, le savon et les serviettes. Si vous sortez, hormis les restaurants de bon standing auront du savon dans leurs toilettes. Les touts petits restos n’ont en général même pas de toilettes ou lavabos. Je préconise ces savons en spray ou gel n’ayant pas besoin d’eau, très pratiques et permettant un minimum d’hygiène. Enfin, les serviettes sont parfois payantes ou parfois simplement absentes, donc ayez toujours des serviettes ou mouchoirs avec vous.
Bon appétit dans tous les cas, avec les myriades de plats existants, impossible de ne pas tomber sur un qui ravira vos papilles !

Le festival de mi-automne

Pour ce premier article, autant surfer sur l’actualité. Le festival de mi-automne vient de s’achever et c’est un des quatre plus grands moments du calendrier chinois. Evidemment, qui dit calendrier chinois dit référence au calendrier lunaire, donc la date (comme celle du nouvel an chinois, un autre évènement festif majeur !) change chaque année.

Très grand évènement dans l’année, ce festival est marqué par le fait qu’une semaine de vacances est la norme. Ainsi, toute l’activité habituelle est ralentie, puisque de nombreux commerces vont être fermés, les administrations closes et la vie semble moins trépidante et bien plus tranquille, surtout dans les campus universitaires.

En effet, ce festival est centré sur la lune. Naturellement, qui dit lune dit références aux mythes et croyances liés à l’astre nocturne. Il serait dommage de ne pas parler des plus importants :

Tout d’abord, la plus amusante est celle de Houyi, un archer qui a tiré et éliminé 9 des 10 soleils qui s’étaient rassemblés ensembles dans le ciel (au lieu d’apparaître chacun à leur tour), provoquant une terrible sécheresse et incendies. En récompense de son exploit, le héros reçut un élixir d’immortalité.

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Houyi tirant sur les soleils. Un sacré archer et autant un exploit qu’un sacrilège… Le père des soleils a dû être ravi !

Mais Houyi refusa d’absorber cet élixir pour ne pas être séparé de son épouse, Chang’e. Le passage important concerne justement son épouse, qui consomma tout l’élixir d’immortalité, parfois à tort, parfois pour éviter qu’un individu mal intentionné ne l’ingère, ou tout simplement guidée par un irrésistible curiosité (telle Pandore). A noter que dans certains contes, Houyi n’apparaît même pas. Devenue plus que mortelle, Chang’e partit alors sur la lune et devint une déesse lunaire.

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Chang’e s’envolant au milieu des nuages… On se trouve dans la peinture chinoise classique à 200% !

Ensuite, la légende de Wugang (ou Wu Gang). Cet individu est un immortel « raté » (un humain qui a tenté de devenir immortel). Il fut exilé ou puni et envoyé ou emprisonné sur la lune, la raison principale concerne généralement sa paresse ou son manque de sérieux dans son apprentissage de l’immortalité. Il est condamné à y couper un arbre magique (un immense cannelier) qui repousse sans cesse. Ici, cette tâche impossible rappelle grandement les supplices des Enfers grecs (le Tartare), notamment celle de Sisyphe, condamné à faire rouler un rocher en haut d’une colline.

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Un brave crétin si vous voulez mon avis… On devrait remettre à jour de telles punitions dans l’Education Nationale pour relever le niveau !

 

Enfin, le lièvre ou lapin de jade, une entité attachée à la médecine ou l’herboristerie, se trouve également sur la lune. La raison originelle est tout bonnement astronomique. En effet, les taches de la lune laissent imaginer un lapin travaillant au mortier.

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Dans les mythes, ce lièvre concocte l’élixir d’immortalité à l’aide d’un pilon et mortier de jade.

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Soyons clair, quand je parle de lapins et de lune, je pense à l’image de gauche, pas vraiment celle de droite ! (merci Ubisoft de faire ainsi rayonner la culture et l’imaginaire à la française ^^)

La lune, et dans ce cadre la pleine lune, est évidemment ronde. Cette forme est à la fois l’origine des mooncakes et de l’idée de réunion, principalement de réunion familiale. Avant de parler de ces gâteaux, il convient d’indiquer un certain nombre d’éléments.

Contrairement à la France, la Chine base son système universitaire sur un modèle hiérarchique. Par conséquent, bon nombre d’étudiants peuvent se retrouver à l’autre bout du pays pour leurs études, surtout si leurs résultats scolaires leur permettent d’entrer dans les meilleures. C’est d’ailleurs souvent leur première grande séparation avec leur famille. D’où le fait que la plupart des étudiants profitent de cette période pour rejoindre leurs villes ou villages natals.

De même, pour diverses raisons (familiales, économiques, professionnelles), les familles peuvent être éclatées sur tout le territoire chinois. Le festival de mi-automne est l’occasion de se réunir pour une majorité de chinois.

Pour cette raison, il est vivement déconseillé de voyager durant les premiers et derniers jours, pour éviter l’immense afflux de voyageurs, les moyens de transport encore plus bondés que d’habitude.

Venons-en aux mooncakes. Ces petits gâteaux sont typiquement préparés, mangés et vendus durant cette période (de la même manière que les galettes des rois sont principalement disponibles durant l’épiphanie). Ce sont des gâteaux ronds (sur le modèle de la pleine lune, donc) et fourrés. Les plus basiques sont fourrés au jaune d’œuf cuit, d’autres le sont aux noix, haricots rouges (et sucrés) ou pâtes rappelant un peu la pâte d’amandes, d’autres encore sont fourrés à des gelées ou pâtes de fruit.

 

Est-ce que c’est bon ? Franchement ? Non.

Evidemment, la qualité industrielle va être la plus basique (de même que le pain ou croissanterie industrielle ou de supermarché), mais même ceux achetés en « boulangeries » ne sont franchement pas délicieux. Je ne parle pas du prix, puisque comme de bien entendu, comme il est question de festivités, les prix ont tendance à grimper de façon exagérée.

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Différents mooncakes, du plus industriel (mais avec de jolis emballages en général, faut bien vendre !) au plus « luxueux », en passant par « l’artisanal », franchement décevant…

Qu’en est-il des festivités annexes ? Si les chinois pourront parler de se promener sous la lune ou de réciter et évoquer toute la poésie classique évoquant la lune, dans la rue, on trouve de façon générale assez peu d’activité vraiment typique, de gens costumés à l’ancienne, ou de rites précis. Pas de grandes manifestations ou célébrations nationales. Je ne peux rien dire sur des petits villages ou des communautés plutôt traditionnelles, mais la période n’a rien à voir avec celle du nouvel an chinois. Touristiquement parlant, il n’y a pas grand-chose à tirer de ces vacances si on se trouve dans une métropole.

Il y aurait de nombreuses activités (lâcher de lanternes, plantation symbolique, etc.), mais de là à savoir où aller pour les observer… Il faut vraiment arriver à s’informer, ou suivre les conseils de guides de voyage. Autant pour le traditionnel !

Encore une fois, à moins d’être intégré à une (belle) famille chinoise, un étranger ne profitera pas outre-mesure de l’évènement.

Un spécialiste du chinois ou amateur de poésie pourrait par contre se régaler, étant donné la quantité de poèmes (souvent courts) dédiés à la lune,  à la réunion des êtres chers, aux âmes sœurs…

Quelques exemples de poésie classique et bien connue (je précise tout de suite, la poésie ce n’est pas ma tasse de thé, donc je n’y connais pratiquement rien et elle me laisse très indifférent) :

Pensée dans une nuit tranquille

Devant mon lit, la lune jette une clarté très vive ;

Je doute un moment si ce n’est point la gelée blanche qui brille sur le sol.

Je lève la tête, je contemple la lune brillante;

Je baisse la tête et je pense à mon pays.

Li Bai

 

La lune au-dessus Fuchou ce soir,

Ma femme doit la regarder seule dans notre chambre.

Malheureusement, je pense à mes enfants si loin,

Ils sont trop jeunes pour comprendre mon absence et se rappeler les moments à Chang’an.

Sa chevelure est humide dans la brume parfumée,

Et ses bras de jade blanc sont refroidis par ce clair de lune,

Quand allons-nous nous pencher ensemble à la fenêtre ouverte,

Alors que le clair de lune sèche nos larmes?

Du Fu

 

Les temps sont durs, une année de famine a vidé les champs,

Mes frères vivent à l’étranger, éparpillés d’Ouest en Est.

Maintenant, les champs et les jardins sont à peine visibles après le combat,

Les membres de la famille errent, dispersés sur la route.

Attachés aux ombres, comme des oies séparées par dix mille li,

Ou des racines soulevées dans l’air d’automne de septembre.

Nous regardons ensemble la lune, puis les larmes peuvent tomber,

Cette nuit, notre souhait de regagner la maison est le même pour tous.

Bai Juyi

 

 

Par ailleurs, cette année, ces festivités coïncidaient avec la fête nationale chinoise (le 1er octobre). Il faut d’ailleurs savoir que les défilés militaires ne sont pas systématiques. Cette année, par exemple, rien d’exceptionnel n’a été organisé de façon nationale.

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On est quand même très loin d’une dictature ultranationaliste…

Plutôt étrangement, malgré leur nationalisme plus accentué que pour les européens, il n’y a pas de grande manifestation. Dans la rue, on trouvait simplement bon nombre de drapeaux du pays, et pas mal de gens ont acheté des minis drapeaux (comme ceux qu’on trouve pour n’importe quel évènement sportif ou national, histoire d’agiter quelque chose…). En bref, la démesure chinoise qu’on peut régulièrement observer n’était pas au rendez-vous cette année ! Cela ne veut pas dire que les chinois ne font rien ! De mon côté, j’ai profité d’une sortie en montagne avec le club (universitaire) de kung-fu que j’ai intégré depuis la rentrée. Un peu de marche et surtout un piquenique convivial et bon enfant. C’est aussi cela, baigner dans la culture, profiter de moments en commun et ne pas toujours attendre d’extraordinaires festivités ou évènements…

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La culture chinoise à la cool !