Xi’an

Il est assez évident qu’un visiteur ou touriste se rendra à Xi’an en premier lieu pour les si fameuses statues de terre cuite.
Je recommande absolument cette idée ! Par contre, sachez que l’armée de terracotta ne se trouve pas à Xi’an même, mais à environ 1h de route. Pour s’y rendre, la solution la plus normale est le bus.
Attention, ne soyez pas naïfs : un immense nombre de touristes se déplace chaque jour pour admirer ce trésor  archéologique. En tout cas pendant la haute saison touristique (je ne peux pas me prononcer pour le hors saison sur ce point), c’est plus attractif que Disneyland. Vous connaissez les queues avant chaque attraction ? Multipliez par X et vous aurez une idée du temps d’attente.
Petite anecdote : quand j’ai voulu visiter les lieux, je suis arrivé à la place de la gare centrale (le lieu de départ conventionnel) le matin vers 9h. Si ma fiancée (oui, je n’étais pas encore marié à ma charmante épouse en ce temps là) n’avait pas menti et magouillé en se faisant passer pour ma guide personnelle, nous n’aurions pas pu zapper toute la queue, monter dans un bus juste avant son départ et ainsi profiter de cette journée.
En substance : soyez matinaux !
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Parlons-en de la gare centrale… Blindé de monde, bruyante, tout le tintouin habituel… Mais la place de la gare, surtout de nuit, c’est vraiment un bijou !

Par ailleurs, l’armée de terracotta n’est pas la seule merveille du site. Faire l’impasse sur le somptueux palais de Huaqing (situé tout proche) serait une hérésie.
palais Xian

Lié aux très anciennes sources, ce palais comporte d’innombrables bassins, mais j’y reviendrai à ce palais… oui je tease !

Pour l’armée, pourquoi s’est t-on fatigué à réaliser une telle flopée d’effigies, me direz-vous ?
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Allez-y, comptez, moi j’ai la flemme… Ah, et ceci n’est que le hall principal -et le plus important-, il y en a d’autres, hein, des fois que les additions soient votre fort !

Pour cela, un petit détour par des coutumes antiques répandues de par le monde et surtout pour les grands de ce monde à cette époque assez reculée de la nôtre…
Les funérailles étaient particulièrement importantes, car elles avaient tendance à déterminer ce que le défunt possédait dans le monde des morts. Les pharaons étaient ainsi momifiés (bon, comme ils étaient des incarnations divines sur Terre, il est normal de leur offrir le nec plus ultra de la préparation mortuaire), mais surtout, d’innombrables sculptures de soldats, paysans, serviteurs et animaux étaient enfermées dans des tombeaux qui se voulaient inviolables pour que le repos et possessions des morts ne soient jamais troublé ou dérobées.
Cet exemple ultra connu se retrouve un peu partout (celtes, incas, aztèques, vikings et j’en passe et des meilleures), y compris en Chine. Vous êtes grands, vérifiez donc mes dires par vous-mêmes !
A l’époque, ce grand conquérant qu’était Qin (oui, le fondateur de la dynastie Qin -IIIème sicèle avant J.C.-, bravo, vous êtes très forts !) Shi Huang (« huang » signifie jaune en chinois, le jaune étant la couleur symbolique de l’empereur), Qin Shi Huang, donc, voulait débarquer dans l’Outremonde avec toute son armée… donc il voulait que ses soldats le suivent avec lui dans l’après-vie. Sauf que… sacrifier des milliers d’hommes et la puissance militaire établie paraissait étrangement être  une idée quelque peu extrême à ses ministres et conseillers.
Bien sûr, à l’époque, impensable de désobéir à l’empereur. Ils ont donc rusé pour que le remplacement de soldats de chair et de sang en terre cuite soit acceptable et honorable.
Résultat 6-7 000 soldats grandeur nature (à l’époque tous peints) avec des visages tous différents réalisés, sans parler des chevaux et chariots.
statues terre

Quand on vous parle de site de fouille… ce n’est pas de la blague, énormément de niches sont d’ailleurs effondrées, donc beaucoup de statues sont en pièces détachées, les archéologues chinois jouent donc au puzzle. Sur l’image de droite (du côté où vous écrivez, en général, sinon tant pis), on distingue d’ailleurs les résidus de pigments de peinture.

Par ailleurs, le tombeau de l’empereur en personne n’a pas été encore découvert, ou en tout cas ouvert (selon certaines sources, l’emplacement de ce mausolée serait connu, mais l’Etat chinois souhaiterait attendre certains développements technologiques -je pense notamment à l’imagerie à travers les couches de matière- pour ne pas abîmer quoi que ce soit). Les recherches, de même que le travail de restauration des myriades de statues des guerriers est toujours en cours. Trouver (ou ouvrir, dans le cas avéré où la tombe est d’ores et déjà découverte) cette sépulture serait, avec la découverte de la cité d’El Dorado, deux découvertes archéologiques majeures du XXIème siècle.
Allez, continuons un peu à parler de cet empereur gentiment mégalo, parce que l’histoire est croustillante. Qin Shi Huang désirait bien sûr l’immortalité (quand on est empereur d’un Chine enfin unifiée et conquise, pourquoi se priver, hein. Oui, Cortex, la domination du monde, je sais, je sais -seuls les bénis de ma génération comprendront ce clin d’œil-). Il chargea donc le sorcier, érudit, explorateur (oui, un multi-classé, quoi) Xu Fu d’aller trouver de légendaires îles d’immortalité. Après un premier voyage infructueux, il repartit pour un tour et ne revint jamais (sûrement pour éviter la colère de l’empereur, un homme avisé, donc). Selon les légendes et sources il se serait établi et aurait plus ou moins fondé le Japon.
Qu’à cela ne tienne, l’empereur, toujours bel et bien décidé à rester immortel, et probablement de continuer à profiter de ses genre 48 concubines, testa d’autres traitements, notamment des perles rouges… donc composées de mercure. On peut facilement imaginer que ce liquide vaguement toxique pour le corps humain soit à l’origine de sa mort… Tant pis pour le « premier » empereur de la Chine ! (premier parce qu’historiquement, il ne serait pas vraiment le N°1, mais reste quand même le plus significatif).
(Re)Venons-en au palais de la dynastie des Tang (VIIème – Xème siècle),  puisqu’à cette époque, Xi’an était la capitale de la Chine (et à l’époque cette capitale se nommait Chang’an), et d’une Chine glorieuse, très ouverte (y compris d’esprit et de mœurs).
moeurs légères

Entre l’aspect délicieusement poétique de ce petit pavillon et le décolleté de cette robe, ne pensez-vous pas qu’on est loin de la représentation dictatoriale de la Chine ?

Ma femme, fort ronchonne sur ce point, n’arrête pas de me rabâcher que les japonais sont tous des voleurs, car les ambassadeurs japonais de l’époque ont ramené l’alphabet, le style vestimentaire et architectural (de l’époque) dans leur pays. Oui, oui, chérie, je ne contredirai pas que cette époque est considérée come un âge d’or pour la Chine, mais concernant le Japon… tu oublies un peu vite les siècles d’évolution qui ont suivi… ou ce qui a précédé…
Néanmoins, on peut tout à fait et facilement faire le parallèle entre la Renaissance italienne et l’influence politico-culturelle de la Chine à l’époque, pour simplifier.
Dans toute l’Asie, bien sûr, mais aussi vers l’Europe, notamment avec la route de la soie qui a été consolidée et protégée.
Part ailleurs, la place de la femme est actuellement vraiment très égalitaire sur le plan professionnel en Chine (une des conséquences évidente de la politique de l’enfant unique), moins sur le plan social, car elle a encore une position bien établie surtout à propos des tâches ménagères. Mais à cette époque, la femme était fort libérée et on peut revenir sur les canons esthétiques proches de ceux du XVIIème siècle en Europe.
Sinon, toujours dans cet endroit enchanteur, on peut apparemment profiter de feux d’artifices le soir, mais nous n’étions pas restés.
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Quelque chose du genre, je gage, mais là, il s’agit d’un spectacle son et lumières dans Xi’an elle-même. Et en été, oui, on se doute qu’en hiver, les foules se pressent moins dehors…

Ah, petite info fort utile pour les touristes : les souvenirs typiques (statuettes, magnets, etc.) de l’armée sont un peu moins chers sur place qu’en centre-ville. Oui, en plein centre touristique, on imaginerait spontanément le contraire…
Venons-en, au centre-ville. Pour peu qu’il fasse beau, vous n’avez aucune excuse pour ne pas profiter des murailles !  Entre leur excellente restauration, les spectacles en costumes (plus carnaval que d’époque, soit, mais l’intention reste bel et bien présente -pensez à prendre en compte les horaires, nous, on a loupé la représentation-), la possibilité de louer un vélo ou un tandem et de faire une ballade de 13,7 km -soyons précis, que diable !-, un beau point d’observation sur le reste de la ville, tout est réunit pour passer un vrai bon moment et essayer de retourner dans le passé.
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Pas de chance, il faisait bien venteux lors de nos pérégrinations, en plein soleil, ça doit valoir un autre coup d’œil !

De plus, l’accès aux murailles se fait aux alentours du vieux quartier touristique. Dommage de passer à côté de ces rues absolument traditionnelles, avec les boutiques proposant des bijoux et tampons de jade, du papier et des calligraphies, des souvenirs « basiques » (magnets, statuettes, figurines, etc.), des vêtements à l’ancienne…
souvenirs souvenirs

Souvenirs, souvenirs… tous en chœur !

Bon, impossible de ne pas préciser quelques points concernant le jade. On trouve des mines de jade à proximité, ce qui le rend abondant, mais comme les mines sont rares, ne rêvez pas, le jade n’est pas bon marché. Je devrais tout de suite corriger en précisant « le jade noble », car il existe differentes qualités du minéral. Je ne suis pas du tout géologue, donc je ne connais pas les techniques pour l’évaluer. Ensuite, il semble que le jade ne noircisse pas si il est léché par les flammes, donc vérifier si on n’est pas en train d’essayer de vous arnaquer via un briquet serait compréhensible, si ce n’est que je vois mal comment justifier ce genre d’action devant un marchand…
Ah, et un tips : il est tentant de vouloir acquérir un magnifique tampon de jade ou de pierre (à part la couleur -et encore-, je suis incapable de vous dire à quelle sorte de pierre j’ai eu affaire…), mais vérifiez que le vendeur puisse vous faire graver des caractères latins. Les plus petites boutiques n’ont souvent la technologie (par ordinateur) que pour graver en vitesse des caractères chinois. Trouver un graveur qui puisse accéder à une requête occidentale est par contre tout à fait possible, mais cela demande de poser quelques questions.
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Avouez que ça en jette ! Et autrement plus original qu’un éventail… D’accord, plus chez aussi !

Niveau historique, le musée de l’histoire du Shaanxi (le nom de la province) est franchement… pas mal. Alors, je précise tout de suite qu’une exposition permanente est payante, et en supplément je vous prie, mais qui propose de découvrir des fresques très  anciennes. A 100 ¥ (entre 10 et 15 €) par personne, je trouve cela un brin cher, donc j’ai fait l’impasse. Ayant vu le style des peintures en photo, je n’ai pas regretté ma décision, mais là, on entre dans le débat des goûts artistiques…
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Image qui n’est donc pas de moi, mais qui donne un aperçu…

Sinon, pourquoi dis-je que le musée (appartenant au top 10 des musées chinois) n’est que pas mal ?
Là, c’est l’ancien étudiant en muséologie qui parle ! La muséographie est vraiment vieillotte et pas toujours limpide. En gros, c’est vraiment le musée de grand-papa, les vitrines pourraient être nettoyées et les objets sont assez sortis de leur contexte (j’ai toujours du mal à vraiment me représenter une hache avec juste son soc/lame et pourtant je me targue de posséder une sacrée imagination). Les objets sont magnifiques, cela va sans dire, mais leur présentation est vraiment bateau, du coup un peu barbante (et je sais de quoi je parle !), ce qui est vraiment regrettable. Bon point toutefois, les légendes sont pratiquement toujours présentes en anglais, à quelques rares exceptions près (exceptions que je n’explique pas, ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais fichtre rien !).
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Non, Mesdames et Messieurs les rôlistes, ceci n’est PAS un d26 , mais bel et bien un tampon de haut dignitaire bien pratique, pour éviter de collectionner les babioles inutiles sur son bureau (et je sais de quoi je parle !).

Je n’ai pas beaucoup d’autres recommandations, car je n’ai pas eu l’occasion de visiter plusieurs des nombreux parcs et anciens bâtiments, qui parsèment la ville, mais qui sont souvent assez excentrés et demandent en moyenne une bonne heure de trajet aller (en métro ou bus, hein, pas à pied !).
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Pour y être aussi allé en hiver, je peux dire que s’il neige, c’est magique ! Par contre, je n’avais pas les vêtements ou godasses appropriés, donc gambader dans les jardins couverts de neige… non, tant pis. Zut, tout de même, ça doit être un régal pour les yeux !

Il y a aussi apparemment des bains, un peu à la romaine ou à la turque. Ayant visité Budapest, j’ai hâte de repartir vérifier !
Sinon, comme la ville est extrêmement développée, elle est assez polluée. On trouve par contre les immenses centres commerciaux propres au mégapoles, de façon évidente, je ne pense pas avoir besoin de développer ce point, surtout qu’aucun gratte-ciel n’est extraordinaire ou mémorable. Non, je ne suis pas blasé, certainement pas, même, mais on ne trouve pas de concombre comme à Londres, de porte de la défense comme à Paris, de Chrysler Building comme à New York, ou de boxer comme à Pékin/Beijing. Et ce n’est pas Dubai non plus.
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Mais tout de même, des coins comme la Tour de la cloche, le soir, ça ‘est vraiment pas courant, même en Chine !

Les spécialités culinaires sont par contre assez chouettes. Les plats de pâtes sont innombrables, mention spéciale pour les pâtes aux épinards que j’ai découvertes par hasard dans un boui-boui, alors que mon estomac criait famine !
miam xian

De formidables nouilles aux épinards, faites maison, et un « kebab chinois », dont vous pouvez lire le nom parce que je prends des photos pour vous instruire, ne me remerciez pas, c’est un plaisir !

Sinon, il y a ce que j’appelle le « kebab chinois », à savoir un petit pain rempli de viande façon rillettes. Oui, ça ne ressemble que très vaguement à un kebab (surtout qu’il n’y a pas de garniture), mais au moins, je me fais parfaitement comprendre. Ah, je recommande de toujours prendre la version sans gras, qui coûte juste 1 ¥ de plus, mais sinon, ce casse-croûte est vraiment indigeste pour nos petits estomacs fragiles. Ah (oui, le deuxième « ah », merci, je sais encore compter), normalement c’est un petit-déjeuner.
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